Stanford a entraîné un réseau neuronale pour créer des memes

La réduction de l’humour à une mécanique mathématique est un nouveau sujet qui intéresse les chercheurs. Dernièrement, deux étudiants de l’Université de Stanford ont essayé d’entrainer une intelligence artificielle à créer des memes. Abel Peirson et Meltem Tolunay ont intégré 400.000 plaisanteries provenant du site MemeGenerator au réseau neuronal. L’algorithme a traité plus de 400 catégories de blagues avec plusieurs légendes.

L’IA devait d’abord traiter uniquement les textes, puis seulement les images. Elle devait ensuite inventer ses propres blagues. Les chercheurs ont exposé les résultats à d’autres personnes afin d’évaluer le succès de l’algorithme. Dans 70 % des cas, les testeurs ont reconnu les memes générés par l’ordinateur.

Cerveau

Les résultats de la recherche ont récemment été publiés dans un article paru sur le serveur de préimpression arXiv.

Des résultats assez surprenants

Les chercheurs se sont uniquement intéressés aux memes de style « animal de conseil ». Il s’agit de ces images d’un personnage spécifique accompagné d’une légende de texte comique.

« Le mème moyen produit est difficile à différencier d’un mème réel et les deux variantes ont obtenu des scores proches de la même note d’hilarité que les memes réels », ont écrit les deux étudiants qui ne sont pas découragés de leurs résultats.

Certains résultats sont assez surprenants. L’IA a par exemple inventé une blague où il est écrit « mec, je n’ai pas de nez » sur une photo de Stoner Stanley qui a visiblement un nez. Dans d’autres cas, l’image supposée être une blague n’a rien d’hilarant. L’algorithme a, par exemple, associé l’image d’un jeune homme qui sourit à la phrase : « Voici comment je me sens quand j’ai des dents ». Les pires des cas n’ont pas été dévoilés par les chercheurs. Ils ont l’intention de les utiliser dans des recherches pour la modération.

Culturellement pertinentes ou simplement absurdes

Les résultats ont fait l’objet d’une polémique dans les forums. « Les memes sont drôles parce qu’ils font des références culturellement pertinentes ou simplement absurdes. Il est hautement improbable qu’un réseau de neurones profond puisse modéliser quelque chose comme ça », a réagi un internaute.

L’humour est effectivement un problème complexe. D’après Laurence Devilliers, chercheuse en intelligence artificielle, « pour que le robot soit capable de faire de l’humour au moment approprié, il doit être doté d’une théorie de l’esprit : c’est-à-dire de la capacité à comprendre, même sommairement, les intentions d’autrui ».

Par ailleurs, la référence culturelle peut être déterminante dans une blague et les chercheurs de Stanford en sont conscients : «Nous reconnaissons que l’un des plus grands défis de notre projet et d’autres tâches de modélisation linguistique est de capter l’humour, qui varie selon les personnes et les cultures. En fait, cela constitue un domaine de recherche en soi ».