Stanford a une idée pour régler le problème de l’urgence climatique

Avec les conséquences du réchauffement climatique qui commencent actuellement à se manifester un peu partout dans le monde, des chercheurs de Stanford ont avancé un plan pour pouvoir protéger notre planète et l’humanité. À partir des données disponibles, ils ont ainsi décrit comment 143 pays dans le monde pourraient passer à une utilisation à 100 % de l’énergie propre d’ici l’année 2050.

Selon les chercheurs, ce plan pourra à la fois stabiliser la température au niveau global qui ne cesse d’augmenter et réduire le nombre de morts causées par la pollution qui atteint les 7 millions chaque année. Des millions d’emplois à long terme seront aussi créés.

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Les chercheurs indiquent que leur plan nécessiterait un investissement de 73 trillions de dollars. Toutefois, d’après leurs calculs, les emplois et les épargnes créés pourront rembourser cette somme en sept ans minimum. D’après Mark Jacobson, qui est ingénieur en environnement et auteur principal, les calculs qu’ils ont effectués ont montré que le plan en question pourrait éviter un réchauffement global de 1,5° C.

Il a aussi ajouté qu’un passage à l’utilisation à 100 % de l’énergie propre d’ici 2030 était techniquement et économiquement possible, cependant, pour des raisons sociales et politiques, 2050 paraît plus réaliste.

Les étapes à suivre

Le plan concocté par les chercheurs de Stanford implique une transition vers les énergies renouvelables au niveau de tous les secteurs de l’énergie incluant l’électricité, le transport, l’industrie, l’agriculture, la pêche, ou encore le secteur militaire. D’après les explications de Jacobson, en électrifiant tous les secteurs à l’aide de sources d’énergie renouvelables, on peut réduire la demande en énergie de 57 %. Ses collègues et lui déclarent ainsi qu’il est possible de satisfaire les demandes et  maintenir une stabilité au niveau des réseaux électriques en utilisant uniquement le vent, l’eau, le soleil et des batteries de stockage, et ce dans 143 pays.

Les scientifiques expliquent dans leur article que ces technologies sont déjà disponibles et fiables et peuvent répondre beaucoup plus rapidement aux besoins que le gaz naturel. D’après eux, le nucléaire n’est pas non plus nécessaire, car il faut 10 à 19 ans entre la planification et l’exploitation. L’utilisation des biocarburants ne causera également que plus de pollution de l’air.

Plus d’avantages que d’inconvénients

L’équipe derrière cette étude a conclu que l’électrification de tous les secteurs de l’énergie rend la demande en énergie plus flexible et que la combinaison de différentes sources renouvelables et de systèmes de stockage est plus apte à atteindre cette flexibilité que le système utilisé actuellement. Le rapport indique également que ce plan va créer 28,6 millions d’emplois à plein temps de plus sur le long terme que les affaires en général.

La construction des infrastructures nécessaires pour cette transition va évidemment générer des émissions de CO2. Cependant, les chercheurs ont calculé que la production de l’acier et du béton pour la construction nécessiterait environ 0,914 % des émissions de carbone actuelles. En utilisant de l’énergie renouvelable pour produire le béton, il est encore possible de réduire ce chiffre.

Selon Jacobson, on ne peut pas prédire exactement ce qu’il va se passer, mais il y a plusieurs solutions et plusieurs scénarios qui peuvent fonctionner.

Au moins 11 groupes de recherche indépendants sont d’accord que ce type de transition est possible. Ces groupes incluent les chercheurs en énergie Mark Diesendorf et Ben Elliston de l’University of New South Wales en Australie. Ils ont passé en revue les principales critiques à l’encontre du plan de passage à 100 % et ont conclu que les principales barrières à sa réalisation ne sont ni technologiques ni économiques mais sont principalement politiques, institutionnelles et culturelles.