Stop Fisha, un collectif pour traquer le cybersexisme et le revenge porn

C’est triste à dire, mais les femmes ne sont plus en sécurité sur les réseaux sociaux. Ces dernières années, le revenge porn et le cybersexisme ont pris beaucoup d’ampleur. Malheureusement, durant le confinement, la situation a empiré avec l’apparition de nombreux comptes « fisha » (affiche en verlan) sur les réseaux sociaux.

Le principe de ces comptes est simple : publier sur les réseaux sociaux des photos ou des vidéos de jeunes filles dénudées, sans leur consentement. Il arrive aussi que des hommes soient victimes de ces comptes fisha. Néanmoins, les femmes en sont les cibles principales. Le harcèlement engendré par la publication de ces photos est tel, que certaines victimes en arrivent au suicide. C’est notamment le cas d’Elyse, une adolescente de 16 ans qui a mis fin à ses jours en avril 2020 à cause du harcèlement en ligne qu’elle a subi.

Une femme se tenant le visage dans la pénombre

Photo de Juan Pablo Serrano Arenas provenant de Pexels

Les victimes de comptes fisha ne sont plus seules et peuvent compter sur le soutien de Stop Fisha, un collectif qui compte aujourd’hui 12 000 membres en France.

Un collectif qui traque les comptes fisha sur les réseaux sociaux

On peut trouver des comptes fisha sur des plateformes comme Snapchat, Instagram ou encore Telegram. Cela ne facilite pas la tâche des membres du collectif Stop Fisha qui se donnent pour objectif de dénoncer et de traquer ces comptes.

Depuis mars 2020, les membres de ce collectif traquent « sur les réseaux sociaux les comptes fisha qui ouvrent quasiment quotidiennement. » D’après Hajar, une étudiante et militante féministe de 20 ans qui a rejoint le collectif il y a quelques mois, les membres s’organisent pour dénoncer ces comptes et faire pression sur eux.

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Stop Fisha est venu à bout de 200 comptes

Comme l’explique Hajar, il est plus facile de faire supprimer des comptes sur Instagram et Snapchat lorsque 12 000 personnes s’y mettent en même temps. Toutefois, c’est plus compliqué sur Télégram.

En dépit de cela, les efforts du collectif Stop Fisha ont payé. Entre mars et avril 2020, ses membres ont réussi « à faire sauter comme ça plus de 200 comptes. » Ce collectif compte parmi ses membres une avocate, du nom de Rachel Flore-Pardo, qui aide les victimes à connaître leurs droits.

« C’est très important que les gens connaissent leurs droits, qu’ils déposent plainte et que pour stopper ces comptes, des dossiers complets avec des screenshots soient montés. »

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