Suisse : la pornographie responsable de la hausse des IST ?

En Suisse, l’Office fédéral qui se charge de la santé publique vient de publier un rapport portant sur la hausse des Infections Sexuellement Transmissibles (IST). Selon les chiffres actuels, le nombre des personnes contaminées a doublé en une décennie. Cette année, l’institution a pu identifier mille onze cas de syphilis. Cette augmentation remarquable aurait comme explication l’accès gratuit et instantané des jeunes à des vidéos pornographiques.

Jeudi dernier, Gernot Bonkat, un urologue bâlois, a affirmé qu’à l’époque actuelle, « la sexualité de certaines jeunes personnes est totalement débridée». En effet, à force de regarder fréquemment du porno, les jeunes seraient de plus en plus enclins à s’adonner aux rapports oraux et anaux. Parfois, ces dernières comportent un haut risque d’infection.

Contraception

Esther Élisabeth Schütz est thérapeute sexuelle chez Uster (ZH). Elle a fait appel au gouvernement suisse de prendre le problème au sérieux et de lancer les campagnes de sensibilisation adéquates.

Des pratiques à haut risque d’infection

Ainsi, la pornographie incite les jeunes à se détacher de l’acte sexuel standard, en faveur des nouvelles pratiques véhiculées. Cependant, les IST ne se transmettent pas uniquement via un rapport sexuel classique.

Comme l’a noté Gernot Bonkat, «le risque de contracter une maladie telle que la syphilis existe avec toutes les pratiques sexuelles au cours desquelles a lieu un échange de fluides corporels.» « Aujourd’hui, ces pratiques, tout comme les massages de la prostate et du périnée, sont devenues normales pour de nombreux jeunes », a-t-il ajouté.

Pour rappel, l’agent pathogène de la syphilis (une IST curable mais mortelle) peut être transmis lors d’un rapport anal ou oral (comme bon nombre d’IST). Par ailleurs, il suffit d’embrasser un individu contaminé pour attraper le virus de l’herpès, une IST incurable.

Le porno trompe le cerveau humain

«Comme on ne voit que très rarement des préservatifs dans les films pornos, les gens n’ont plus vraiment conscience du fait que certaines pratiques comportent un risque d’infection plus élevé », a souligné Klaus Heer, thérapeute de couple. En outre, plusieurs femmes cèderaient à des rituels sexuels qui les répugnent simplement pour le bien de leur couple.

Bien sûr, la pornographie en elle-même n’est pas dangereuse, mais cette augmentation des infections sexuellement transmissibles sur le territoire suisse prouve qu’il est indispensable de mieux former les adolescents aux risques encourus par certaines pratiques.

Ce n’est en effet que par la formation  et l’éducation qu’il sera possible d’inverser cette tendance et d’éviter la propagation de ces IST.

Quant aux moyens de contraception, il peut être utile de rappeler que la taille des préservatifs a son utilité dans le confort.