Sur Facebook, il existe des groupes consacrés aux gens qui boivent leur urine

Facebook est à la tête du plus gros réseau social au monde, un réseau social comprenant plus de deux milliards de membres. Des membres échangeant et discutant autour de multiples thématiques toutes plus variées les unes que les autres.

Et certains d’entre eux prônent ce que l’on appelle la thérapie par l’urine.

Urine

Crédits Pixabay

Si l’on en croit l’enquête menée par le Guardian, alors il existerait sur Facebook des groupes entièrement consacrés à la thérapie urinaire.

Facebook et la thérapie urinaire

Réunissant en leur sein plusieurs milliers de membres, ces derniers recèlent de nombreux témoignages enthousiastes de personnes utilisant leur propre urine pour les guérir de divers maux.

Et il semblerait d’ailleurs que les traitements potentiels ne manquent pas. Les membres de ses groupes vont assez loin et si certains se contentent de plonger leurs pieds dans des bassines remplies d’urine, d’autres la boivent ou l’utilisent comme gouttes ophtalmiques.

En soi, l’existence de ces groupes n’est guère surprenante. L’urine a toujours occupé une place de choix dans les remèdes de grand-mère et dans le quotidien des survivalistes. Logique, puisqu’elle se compose à 95 % d’eau et qu’elle peut s’avérer particulièrement utile lorsqu’on est perdu en plein désert ou dans une région dépourvue de sources d’eau douce.

Evo Morales, le président bolivien, avait d’ailleurs tenu à rappeler ses nombreuses vertus en 2014 en déclarant tout simplement que son urine était… sa médecine.

L’urinothérapie, une pratique très ancienne

Mais cet intérêt soudain pour l’urine n’est pas réellement lié à Facebook. Comme le rappelle Europe 1 dans cet excellent dossier, Ambroise Paré, un chirurgien et anatomiste français du 16e siècle, accordait le plus grand intérêt à l’urine en raison de ses nombreux bienfaits.

Cette dernière a en effet deux avantages notables : elle est stérile et elle permet de détruire les bactéries, sources potentielles de nombreux maux.

Au fil des années, de plus en plus de personnes ont commencé à s’intéresser aux vertus du précieux liquide et de nombreux ouvrages entièrement dédiés à la chose ont été publiés dans les années 90, replaçant ainsi l’urinothérapie – ou l’amaroli pour les puristes – sous les feux des projecteurs.

Car la discipline est en réalité bien plus ancienne. En étudiant un texte sanskrit daté de cinq mille ans, le Damar Tantra, des chercheurs ont ainsi trouvé plusieurs passages faisant allusion à une pratique médicale basée sur la réutilisation d’urine.

À Dongyang, en Chine, des mets comme les “œufs de garçon vierge” sont même cuits dans l’urine. D’après la croyance populaire, cette technique permettrait de rétablir le yin, de faire baisser la température corporelle et d’améliorer la circulation sanguine.

Se soigner avec de l’urine, une pratique sans danger ?

Même notre médecine moderne semble avoir succombé à ses charmes. L’urée, qui est l’un de ses principaux constituants, est en effet très utilisée en dermatologie, notamment pour traiter les mycoses.

Il convient cependant de rester prudent. Si l’urine est totalement stérile lorsqu’elle se trouve dans la vessie, elle peut être exposée à divers germes lors de son expulsion. Notamment en cas de maladies sexuellement transmissibles comme la gonorrhée ou encore la chlamydiase. Le risque de contamination augmente bien entendu lorsqu’elle est stockée dans un environnement non stérile.

Dans un article publié par le Spiegel, Christoph Bickel, le chef adjoint du département de médecine interne à l’hôpital central de la Bundeswehr à Coblence, va même plus loin.

Pour lui, boire de l’urine n’a tout simplement aucun sens puisque cette dernière se compose de toutes les substances rejetées par le corps, des substances qui ne lui servent pas ou qui peuvent le mettre en danger.

Si les avis divergent, l’Assemblée Nationale, elle, semble beaucoup se méfier de l’urinothérapie. Aussi étrange que cela puisse paraître, cette dernière est citée par notre gouvernement comme… faisant partie des méthodes utilisées par les sectes pour influencer leurs membres.

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