Sur Facebook, un préfet part en guerre contre les propos haineux

De nombreux xénophobes ont été publiés sur la page Facebook « Notre belle ville de Moissac » il y a quelques jours. En dessous d’un post sur les cambriolages survenus dans la cité uvale, des utilisateurs laissent des commentaires presque dénués d’humanité. Indigné, le préfet du Tarn-et-Garonne, Pierre Besnard, a fait savoir lors d’une conférence de presse qu’il ne tolèrera aucun commentaire du genre. Il a également précisé qu’il songeait à saisir le procureur de la République de Montauban.

Les commentaires en question ont eu un effet buzz et pas que sur Facebook. Le contexte dans lequel ils sont apparus était déjà critique. Les habitants de Moissac et Castelsarrasin avaient déjà subi des incendies criminels successifs. Les auteurs seront amenés à s’expliquer devant la cour.

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Pierre Besnard n’a pas été le seul à s’insurger contre cette vague déferlante de propos haineux. D’autres personnalités locales ont également réagi.

Les réactions fusent de partout

« Il n’y a qu’à affréter un wagon et ramener tous ces gens-là dans leur pays car me semble-t-il, il n’y a pas de guerre ! mais bon ici en France, ils ont un toit, les soins gratuits et en plus un salaire sans travailler + alloc ! que demande le peuple » : a-t-on pu lire dans un des commentaires faisant aujourd’hui couler tant d’encre.

Le maire Jean-Michel Henryot a qualifié ces propos d’inacceptables. Le « terme de « wagons » renvoie aux heures les plus sombres de notre Histoire et je le déplore » a-t-il souligné. Lui aussi avait évoqué l’éventualité d’une plainte.

Un autre commentaire incendiaire : « Tous ces Arabes marocains roumains bulgares qui se shootent à tous les coins de rue et qui crachent devant toi stop ». L’adjointe du maire à l’action sociale et la démocratie participative, Maryse Baulu, s’est également exprimée sur le sujet. Gagnée par l’émotion, elle a déclaré : « J’ai envie de pleurer et le poil hérissé ».

Le point sur les mesures de sécurité

Jean-Michel Henryot accorde que certaines communautés sont plus sujettes aux problèmes de délinquance que d’autres. Cependant, il faut prendre en compte de nombreux paramètres. Les travailleurs bulgares, par exemple, sont tenus par des réseaux mafieux. Les autorités font actuellement leur possible pour remédier à la situation.

Par ailleurs, afin de lutter contre les incendies et cambriolages, les missions de patrouille de police municipale ont été réorganisées de façon à protéger tous les résidents.

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