Sur Internet, des prédateurs sexuels peuvent se cacher derrière certains coachs

De plus en plus de prédateurs sexuels utilisent les réseaux sociaux comme terrains de chasse. De récentes recherches ont révélé que nombre d’entre eux exploitent la tendance à l’anorexie pour créer progressivement leur emprise chez les plus jeunes.

Il existe, en effet, des coachs de l’anorexie, c’est-à-dire des personnes souvent autoproclamées qui aident leurs clients à maigrir ou à maintenir la ligne. Cette profession a même un nom : l’anacoaching.

Une jeune fille en train de pleurer
Image par Hans Kretzmann de Pixabay

D’après un article de Suku Sukunesan, maître de conférences en systèmes d’information, de l’Université de technologie de Swinburne, il s’agit d’un réel problème. Il soutient que des prédateurs sexuels se cachent derrière certains anacoachs et chassent sur de nombreux canaux, notamment ceux utilisés par les plus jeunes. Instagram, Pinterest, Twitter, TikTok, Tumblr et Kik en feraient partie.

Suku Sukunesan a exhorté les gouvernements et les différents réseaux sociaux à prendre les mesures nécessaires pour gérer la situation. Elle a souligné que certains cas peuvent facilement virer à la pédophilie, à la prostitution forcée, et même à la traite des êtres humains.

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Des hashtags populaires liés à l’anacoaching

Les prédateurs sexuels se déguisant en coachs profiteraient des failles des algorithmes des réseaux sociaux. Ils flairent facilement leurs proies via des hashtags couramment utilisés comme #proana (pro-anorexie), #bonespo (inspiration osseuse), #edtw (avertissement sur les troubles alimentaires), #promia (pro-boulimie), #bulimia, #thighgap, #uw (poids ultime), #cw (poids actuel), #gw (poids cible) et #tw (avertissement sur les troubles alimentaires).

Par ailleurs, les adolescents seraient les plus vulnérables, cédant plus facilement aux offres de « coaching » en ligne pour l’anorexie. Ceux qui souffrent déjà de troubles alimentaires seraient particulièrement en danger. En effet, ils sont plus susceptibles de développer des troubles de la santé mentale et de manquer de discernement.

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300 demandes uniques d’anacoachs dans le monde chaque jour

D’après les recherches effectuées par Suku Sukunesan, l’enjeu touche actuellement de plus en plus d’adolescents. Rien que sur le réseau social à l’oiseau bleu, elle a repéré 300 demandes uniques d’anacoachs dans le monde chaque jour. Cette forte demande serait accentuée par les idéaux de minceur promus sur les réseaux sociaux.

Le suivi en ligne inclut parfois le fait de partager des photos et des vidéos nus (ou en sous-vêtements). La recherche a montré que des enfants âgés de 13 ans sont ciblés et exposés à des contenus préjudiciables seulement 24 heures après la création d’un compte. Il peut s’agir de messages non sollicités d’adultes proposant de la pornographie, des recommandations de contenus sur les troubles alimentaires, des régimes extrêmes, l’automutilation, le suicide et des images corporelles sexualisées ou déformées.