Sur WhatsApp, le racisme ne paie pas

WhatsApp n’est pas une zone de non droit et c’est précisément ce que nous rappelle cette affaire. Cinq policiers soupçonnés d’avoir tenu des propos racistes sur la messagerie vont en effet comparaître le 3 septembre prochain devant le tribunal de police d’Evreux.

L’affaire trouve son origine en décembre 2019, date à laquelle un policier noir affecté à Rouen et membre de l’Unité d’assistance administrative et judiciaire a déposé plainte pour “provocation non publique à la discrimination”, “diffamation non publique” et “injure non publique en raison de l’origine, l’ethnie, la nation, la race ou la religion”.

Crédits Alfredo Rivera – Pixabay

En cause, un groupe de discussion créé sur WhatsApp et dans lequel des policiers tenaient des propos racistes à l’égard de ce collègue.

Un groupe de discussion créé sur WhatsApp à l’origine de l’affaire

Révélée par Paris Normandie en janvier 2020, l’affaire a fait grand bruit et elle a été saisie par l’Inspection générale de la police nationale suite à une demande émanant du parquet de Rouen et faisant suite à la plainte déposée par le policier ciblé par ces attaques racistes.

D’après son témoignage, il n’avait pas conscience de l’existence de ce groupe avant d’apercevoir le contenu d’une conversation sur le téléphone portable d’un collègue. Une conversation entre une douzaine de policiers de son unité.

Extrêmement haineux, les propos tenus contenaient des remarques racistes, mais aussi homophobes et xénophobes. Les policiers ciblaient toutes les personnes dont ils avaient la charge ainsi que certains de leurs collègues de travail. Une source judiciaire de Paris Normandie avait à l’époque déclaré avoir été choquée par les propos tenus dans ce groupe, des propos qui donnaient “la nausée tellement ils étaient répugnants”.

Des propos “répugnants”

Toujours selon d’autres sources proches de l’affaire, les policiers fréquentant ce groupe se permettaient également bon nombre de remarques malveillantes sur des magistrates. Ce qui explique pourquoi le dossier a été transmis au tribunal d’Evreux, et non de Rouen.

Suite à cette affaire, trois gardiens de la paix de Rouen ont été révoqués le 11 septembre, et un autre a été exclu alors qu’il était en cours de formation. Un adjoint de sécurité a également été remercié.

Le dossier ne s’est cependant toujours pas refermé et cinq autres policiers comparaîtront le 3 septembre 2021 devant le tribunal d’Evreux afin de s’expliquer sur leurs agissements. Ils encourent une contravention de cinquième classe selon nos confrères.

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