SWAN, la nouvelle comète qui disparaîtra bientôt

Le 25 mars dernier, Michael Mattiazzo, un astronome amateur australien, était en train d’analyser les images prises par l’engin spatial de la NASA, SOHO, ou Solar and Heliospheric Observatory, lorsqu’il a découvert une nouvelle comète. Celle-ci a été officiellement dénommée C/2020 F8 mais plus tard surnommée SWAN puisqu’elle a été détectée par l’instrument de SOHO du nom de SWAN, ou Solar Wind Anisotropies camera.

D’après ce qui a été observé par Mattiazzo, la comète SWAN semblait dégager de l’hydrogène. On pouvait en effet voir sur les images que de la glace d’eau était en train de s’évaporer à l’approche du Soleil. Ce dernier envoie des rayonnements ultraviolets qui décomposent l’eau, libérant les atomes d’hydrogène.

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Cette découverte a créé un certain enthousiasme auprès des amateurs d’astronomie. Certains parlent de la comète comme étant la plus brillante qu’ils auront l’occasion d’admirer. Toutefois, d’après la science qui régit ces corps célestes, les comètes qui dégagent du gaz comme SWAN brillent rarement pendant une longue période. SWAN ne va ainsi pas continuer à briller comme on l’espère, mais commencera à disparaître peu à peu.

La différence entre la poussière et le gaz

En général, les comètes se composent de gaz comme le méthane ou la vapeur d’eau sous forme de glace. Ces gaz sont chauffés à l’approche du Soleil et se mettent à briller. Mais le gaz n’est pas le seul composant des comètes puisqu’il y a aussi des particules de poussière qui jouent un rôle important dans le fait qu’une comète va briller de manière « satisfaisante » pour les observateurs. Plus il y a de particules, plus la tête de la comète, appelée coma, et sa queue seront brillantes, ce qui rendra l’objet spatial facile à observer.

Pour les comètes qui contiennent plus de gaz que de poussière, comme c’est le cas de SWAN,  il est difficile de les observer puisqu’elles sont moins brillantes. Lorsqu’on les regarde, même à l’aide de jumelles ou d’un petit télescope, on peut à peine voir la queue qui n’est formée que de gaz. Il sera ainsi très difficile d’observer SWAN même si elle apparaît de façon très brillante sur les images prises par SOHO.

Une autre raison de sa disparition

Les données montrent également que SWAN est une toute nouvelle comète provenant du Oort Cloud. Ce dernier est une zone se trouvant à la périphérie du système solaire, composée de corps glacés, et considérée comme étant le berceau des comètes. Les nouvelles comètes, lorsqu’elles s’approchent du Soleil pour la première fois, suivent une trajectoire parabolique puisqu’elles tombent littéralement en direction de l’astre. Après avoir survolé le Soleil, elles sont renvoyées dans l’espace, créant une orbite elliptique.

Les nouvelles comètes comme SWAN interagissent pour la première fois avec le Soleil. Elles sont ainsi encoure couvertes de substances très volatiles comme l’azote, le monoxyde de carbone, ou encore le dioxyde de carbone. Ces composants s’évaporent alors que la comète est encore très loin du Soleil, créant une impression de grande luminosité. Toutefois, lorsque ces substances volatiles sont épuisées, la luminosité va commencer à baisser de façon très significative.

D’après les données du COBS ou Comet Observation Database, la comète SWAN est effectivement en train de perdre en luminosité. Ainsi, les amateurs d’astronomie ne devraient pas trop s’attendre à voir un grand spectacle dans les semaines qui viennent. A la rigueur, il faut espérer que SWAN produira plus de poussière lorsqu’elle sera plus proche du Soleil.

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