Taxes douanières : Le torchon brûle entre la France et les Etats-Unis

Récemment, le gouvernement américain a lancé une enquête en France sur les taxes imposées aux entreprises américaines et il a découvert l’existence d’une nouvelle taxe sur les services numériques qui sembleraient nuire aux entreprises technologiques américaines.

Suite à cette enquête, l’actuel président des États-Unis, Donald Trump, a décidé qu’il imposerait des droits de douane pouvant atteindre 100% de la valeur des importations telles que le champagne, les sacs à main ainsi que d’autres produits français d’une valeur de 2,4 milliards de dollars.

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Une décision loin de réjouir la France et l’Union Européenne qui affirment être prêtes à lancer les représailles si Donald Trump mettait à exécution ses dires.

Trump semble ne pas vouloir changer de position de sitôt

Il est à noter qu’il existe actuellement plusieurs points de différends entre l’Europe et les États-Unis, notamment, sur des sujets comme l’Iran, le changement climatique ou encore dans le secteur commercial. Ce sujet concernant les taxes douanières s’inscrit ainsi comme le dernier sujet pouvant attiser les différends entre les deux parties.

À l’occasion du dernier sommet de l’OTAN, Trump et Emmanuel Macron se sont échangé une poignée de main avant de déclarer tous deux qu’ils espéraient trouver un terrain d’entente concernant cette taxe sur les services numériques. Mais Trump a également déclaré :

Ce sont des entreprises américaines. Ce sont des entreprises de technologie. Ce ne sont pas mes personnes préférées, mais c’est OK. Ce n’est pas grave, ce sont des sociétés américaines. Et nous voulons taxer les entreprises américaines. Ce n’est pas à quelqu’un d’autre de les taxer. Donc, soit ça va marcher, soit nous allons mettre en place une taxe mutuellement bénéfique. Et la taxe sera substantielle. Je ne suis pas sûr que ça ira jusque là, mais ça se pourrait.

La taxe française servirait à combler les déficits budgétaires

Le bureau du représentant américain au commerce, qui avait effectué l’enquête, a déclaré que la taxe française ne respectait pas les principes en vigueur de la politique fiscale internationale. Plus encore, il a détaillé que cette taxe était « inhabituellement onéreuse » pour les sociétés américaines comme Google, Facebook, Alphabet, Apple et Amazon.

Le secrétaire américain au Commerce, Wilbur Ross, a même déclaré le mardi 3 décembre 2019 que la taxe française est une « notion très radicale, percevant une taxe sur les revenus par opposition à un impôt sur les bénéfices » et que cette taxe servait à augmenter les recettes françaises pour combler les déficits budgétaires.

À noter, toutefois, que la France n’est pas le seul pays à taxer les grandes entreprises américaines et que de plus en plus de pays établissent également des taxes en ce sens. À cela, Wilbur Ross déclare à Reuters que :

Les autres pays feraient mieux d’essayer de développer leur propre technologie au lieu d’essayer de pénaliser les entreprises américaines pour leurs succès.

Les actions des entreprises françaises de luxe baissent déjà

Du côté de la France, le ministre des Finances a qualifié la menace tarifaire des États-Unis d’inacceptable et a assuré que l’Union Européenne réagirait si les États-Unis venaient à mettre en exécution ces nouveaux tarifs.

Emmanuel Macron a déclaré pour sa part lors du sommet de l’OTAN :

Je suis déterminé à défendre les intérêts de mon pays et de l’Europe.

En attendant, les Etats-Unis ont déjà imposé des droits de douane de 25% sur le vin et le fromage et les actions des entreprises de luxe françaises ont chuté après l’annonce de la menace tarifaire sur le champagne, les sacs à main, les fromages et d’autres produits français. Les actions de la maison Hermès ont ainsi baissé de 2,8% environ ; celles du groupe LVMH, de 1,7% ; du Groupe Kering, de 2,8% et du fabricant de champagne Vranken Pommery, de 2,4%.

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