Technologie de reconnaissance faciale: Un tribunal de Moscou ne trouve aucun problème à la présence des caméras dans la ville

Alors que l’instauration par le gouvernement de caméras de surveillance à reconnaissance faciale est fortement décriée dans plusieurs pays, il y en a un qui n’est pas du tout de cet avis : La Russie, et plus particulièrement, la ville de Moscou qui est, en même temps, la capitale du pays.

En effet, Reuters nous rapporte le mardi 3 mars 2020 qu’un tribunal de Moscou a récemment débouté une affaire allant à l’encontre du système de caméras de surveillance à reconnaissance faciale déployée dans la ville tout au long de 2019.

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Si cette affaire a été la dernière en date, elle n’est pas la première de ce genre. En effet, en novembre dernier, l’un des plaignants avait déjà intenté une action en justice pour les mêmes motifs, l’interdiction de cette technologie pour violation de la vie privée, mais à l’époque, le tribunal avait également rejeté la plainte.

Ce système de vidéosurveillance servirait à assurer la sécurité

La plainte découle de l’avocate et militante Alena Popova et du politicien de l’opposition Vladimir Milov du parti Solidarnost. Ces plaignants ont effectivement porté plainte contre le Département de la technologie de Moscou (DIT) qui gère le programme de vidéosurveillance de la capitale.

À noter que Moscou a dépensé au moins 3,3 milliards de roubles, soit 50 millions de dollars, en matériel pour faire installer un système de caméras doté de la technologie de reconnaissance faciale, à travers la ville. Ce système compte plus de 105.000 caméras et le DIT déclare sur son site Web que cette vidéosurveillance vise à « assurer la sécurité » dans les zones surpeuplées et que les séquences vidéo sont supprimées dans les cinq jours, sauf en cas de demande émanant du public ou des forces de l’ordre.

Pour ce tribunal, ces caméras ne portent nullement atteinte à la vie privée des citoyens

Toutefois, dans les faits, il semblerait que ce système de caméras ait pour objectif, non seulement de s’assurer que les personnes mises en quarantaine chez eux ou à leur hôtel y restent, mais aussi d’identifier les personnes participant à des événements de masse et de manifestations.

Les plaignants ont argué devant le tribunal que l’utilisation de ce système de surveillance était une invasion à la vie privée des habitants et portait préjudice à leur confidentialité. Ils ont ainsi demandé à ce que cette technologie soit retirée.

Néanmoins, non seulement le système était resté en place et actif durant toute la procédure judiciaire, mais en plus, le tribunal de Moscou a statué que « l’utilisation de la reconnaissance faciale par la ville ne violait pas la vie privée des citoyens », relate Engadget. Pour l’avocat de Popova, Kirill Koroteev, « cette décision montre qu’il n’existe aucune défense légale pour les plaintes de reconnaissance faciale ». Du moins, pour l’instant et à Moscou.