Tesla devrait 162 millions de dollars à la banque JPMorgan

En octobre, nous vous rapportions que Tesla avait enregistré un troisième trimestre rentable avec 1.6 milliard de dollars de bénéfice. Cependant, même si la santé financière du constructeur automobile semble se porter à merveille, une banque lui fait la moue. Il s’agit de la banque JPMorgan Chase.

En effet, Reuters a rapporté le lundi 15 novembre que la banque vient de déposer une plainte contre le constructeur automobile dans le district sud de New York. La raison en est que la banque affirme que Tesla lui doit 162 millions de dollars liés à un accord conclu sur des bons de souscription d’actions datant de 2014.

JPMorgan
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Apparemment, le litige découle des ajustements apportés par les deux parties à l’accord à la suite d’un tweet d’Elon Musk, le PDG de Tesla, sur des financements garantis qui ont eu des retombées problématiques.

Que prévoyait l’accord entre Tesla et JPMorgan ?

En 2014, Tesla cherchait des financements pour la construction de sa première Gigafactory. JPMorgan a alors acheté plusieurs bons de souscription à Tesla la même année. Ces bons de souscription d’actions donnaient à la banque le droit d’acheter des actions Tesla à un prix déterminé durant un certain laps de temps. Plus précisément, ces bons achetés en 2014 expiraient en juin-juillet 2021.

Initialement, le « prix d’exercice » convenu par les deux parties était de 560.63 dollars. Si les bons de souscription arrivaient à expiration et que le cours de l’action de Tesla était inférieur à ce prix d’exercice, alors les deux parties ne devaient rien l’un à l’autre. Toutefois, si le cours des actions de Tesla augmentait à l’expiration des bons de souscription, alors Tesla est censé remettre des actions égales à la différence des prix.

Un tweet d’Elon Musk a changé la donne et créé la controverse

Toutefois, le 7 août 2018, Elon Musk a tweeté qu’il voulait faire privatiser Tesla à 420 dollars l’action. Le PDG de Tesla a fait savoir qu’il avait le soutien des investisseurs et qu’il y avait déjà une offre ferme. Mais ce n’était pas le cas. La Securities and Exchange Commission est d’ailleurs tombée sur Elon Musk et la société à propos du tweet.

Une fois la vérité révélée, JPMorgan a constaté que le cours des actions de Tesla était volatile et a décidé de modifier le prix d’exercice des bons de souscription à 424.66 dollars et en a informé Tesla. Le même jour, Elon Musk et Tesla ont annoncé qu’ils abandonnaient l’idée de privatiser l’entreprise. JPMorgan a alors voulu réajuster une nouvelle fois le prix d’exercice des bons de souscription pour 484.35 dollars.

Les relations de Tesla avec JPMorgan se sont détériorées au fil des années

Mais Tesla a protesté contre cet ajustement, arguant qu’il avait rapidement abandonné le projet de privatisation. Après cela, Tesla n’aurait plus parlé à la banque pendant six mois. Une fois ce délai passé, les avocats de Tesla auraient envoyé une lettre à JPMorgan en février 2019 affirmant que les ajustements de la banque étaient « déraisonnablement rapides et représentaient une tentative opportuniste de tirer parti des changements de volatilité des actions de Tesla ».

La banque a réfuté ces allégations et les deux parties ont cessé toutes les communications pendant 2 ans. En août 2020, JPMorgan relança Tesla avec un ajustement à 96.87 dollars mais Tesla ne lui a pas répondu. En juin-juillet 2021, lorsque les bons de souscription d’actions sont arrivés à échéance, les actions de Tesla avaient fortement augmenté et la banque a contacté Tesla pour l’encaissement mais l’entreprise a renouvelé ses objections pour les ajustements.

Apparemment, Tesla a réglé certaines actions avec la banque mais ne les a pas réglées intégralement, ce qui aurait fait appliquer la clause de résiliation anticipée. Dans la plainte, la banque affirme que Tesla lui doit encore 228 775 actions, soit 162 216 628,81 dollars sur la base du cours de l’action de l’époque.  

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