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Test : Canon EOS 100D

Annoncé en mars dernier, en même temps que le 70D, le Canon EOS 100D a fait figure d’OVNI dans le petit milieu de la photographie numérique. Il faut dire aussi que les réflex ultra compacts ne courent pas particulièrement les rues. En réalité, pour le constructeur à la marque rouge, il s’agissait surtout de proposer une alternative solide aux hybrides et à leur extrême compacité. N’étant pas parvenu à imposer l’EOS M sur le marché en dépit de ses efforts, Canon a donc pris le problème à contrepied en produit un appareil taillé pour les bourlingueurs, un appareil généreusement prêté par Pixmania qui m’accompagne maintenant depuis presque un mois. Le moment est donc venu de vous livrer mes impressions à son sujet.

Il convient cependant de replacer les choses dans leur contexte. Votre humble serviteur si dévoué n’est pas un photographe. Si vous vous attendez à un test technique complet, il vaudra donc mieux aller fouiner chez DxOMark ou sur d’autres sites spécialisés. En outre, sachez que le 100D a été testé avec deux objectifs distincts : l’EF-S 18-55mm IS STM, fourni de base avec le boitier, et l’EF 50mm f/1.4, ma dernière acquisition. Ah, et puisqu’on y est, il faut également préciser que toutes les photos du boitier ont été prises avec le RX100 II de Sony (testé ici).

Canon EOS 100D : photo 1

Le Canon EOS 100D avec son (gros) objectif kit. A côté, mon 50mm f/1.4.

Maintenant que tout est clair, on peut passer au vif du sujet, et donc au test du Canon EOS 100D.

Spécifications Techniques & Réactivité

Ce n’est pas le moment le plus excitant, c’est certain, mais il faut bien démarrer quelque part et nous allons donc nous attarder sur les spécifications techniques du 100D :

  • Capteur APS-C CMOS AF Hybrid II de 18 millions de pixels avec filtre passe-bas.
  • Processeur DIGIC 5.
  • Sensibilité comprise entre 100 et 12.800 ISO, extensible à 25.600 ISO.
  • Obturateur compris entre 30s et 1/4000e.
  • 9 collimateurs AF, dont un de type croisé au centre.
  • Viseur de type pentamiroir avec couverture de 95% et grossissement en 0.87x.
  • Ecran tactile ClearView II de 3 pouces 1.040K points.
  • Formats JPEG, RAW pour les photos.
  • Format MOV pour les vidéos.
  • 1080p à 30, 25 ou 24 images par seconde.
  • 720p à 60 ou 50 images par seconde.
  • Sortie vidéo PAL/NTSC, sortie mini HDMI, prise micro.
  • Lecteur de cartes SD/SDHC/SDXC.
  • Autonomie : 380 prises, norme CIPA.
  • Dimensions : 116.9 x 90.7 x 69.4mm.
  • Points : 407 grammes avec batterie et carte mémoire.

Si le 100D ne se positionne pas sur le haut de gamme, il s’en sort cependant avec tous les honneurs. Les performances ne sont pas en reste et le boitier profite ainsi d’une réactivité à toute épreuve. Un démarrage instantané (une demie seconde), un autofocus à la fois rapide et précis (moins d’une seconde), il impressionne par sa vélocité. J’ai déjà eu l’occasion de prendre quelques boitiers Canon en main, et je n’ai pas constaté de différences notables en terme de réactivité entre le 100D et le 700D, par exemple.

Le seul défaut de ce boitier, finalement, c’est l’absence d’un GPS intégré et d’une puce WiFi. Mine de rien, pouvoir transférer rapidement ses photos sans avoir à brancher son réflex sur son ordinateur ou, pire, sans avoir à sortir la carte mémoire, c’est quand même très confortable. Il sera néanmoins possible de corriger le tir en investissant dans une carte connectée comme ce que l’on trouve du côté de Eye-Fi.

Pour le reste des spécifications techniques du boitier, vous pouvez vous rendre directement sur le site de Canon.

Canon EOS 100D : photo 2

Le Canon EOS 100D vu de côté. On appréciera la connectique complète, et l’entrée micro.

Canon EOS 100D : photo 3

Le Canon EOS 100D vu de dos, avec son viseur très confortable et son écran tactile particulièrement redoutable.

Canon EOS 100D : photo 4

Le Canon EOS 100D sans objectif, nettement plus compact.

Design & Ergonomie

L’atout principal du Canon EOS 100D, c’est son faible encombrement. Le boitier se paye le luxe d’être plus compact et plus léger que le Panasonic Lumix GH3 et ce alors même que ce dernier se positionne sur le secteur des hybrides ! Etonnant ? Pas tant que ça puisque le GH3 est tropicalisé, lui.

Le boitier du 100D est fait en alliage d’aluminium et en résine polycarbonate avec fibre de verre et de carbone. Il fait très “plastique”, en revanche, même si ses finitions n’en restent pas moins des plus soignées. Canon a opté pour un revêtement spécial sur la poignée du réflex, afin d’en améliorer la préhension et c’est plutôt une bonne chose puisqu’un boitier de petite taille a toujours tendance à nous glisser plus facilement entre les mains qu’un énorme mastodonte. Quoi qu’il en soit, le résultat est sympathique à l’oeil et on s’habitue rapidement à ces lignes soignées.

La prise en main de l’appareil se fait assez vite. Il ne suffira que de quelques heures pour s’habituer à ses dimensions, et pour trouver ses marques. Les photographes ayant déjà eu un réflex Canon entre les mains se sentiront comme chez eux. Les autres aussi, d’ailleurs.

Passons à l’ergonomie du 100D. Sur la tranche supérieure, nous trouverons de la gauche vers la droite le microphone et le haut-parleur embarqué, mais aussi une griffe dédiée aux accessoires et un déclencheur accompagné d’une molette, d’un bouton dévolu à la sensibilité et de la roue de sélection des modes. L’interrupteur, lui, est directement intégré à cette dernière sous la forme d’un levier pouvant prendre trois positions. C’est effectivement par son entremise que nous basculerons en mode vidéo.

A l’arrière, nous retrouverons pas moins de huit boutons et un joypad. Le menu, les infos, le mode LiveView, le collimateur autofocus, l’exposition et bien d’autres réglages seront donc accessibles d’une simple pression. Canon a également eu la bonne idée d’intégrer d’autres boutons à son écran tactile. Il ne sera donc pas nécessaire d’explorer les menus du micro-logiciel embarqué pour mettre la main sur les options usuelles. Le gain de temps n’est pas négligeable. Puisqu’on en parle, sachez que l’écran embarqué est de très bonne qualité avec un rendu des couleurs exceptionnel et une réactivité à toute épreuve.

Un véritable sans faute ? Non, tout n’est pas parfait et le seul reproche qu’on peut lui faire touche à l’emplacement du lecteur de cartes mémoires. Canon l’a effectivement placé sous le boitier, dans la trappe abritant la batterie du 100D. Il faudra donc le déloger de son trépied pour changer de carte. J’aurais également aimé que l’écran soit articulé, à l’image de ce que propose le 700D. Certains seront aussi déçu par la taille de l’objectif livré en kit. Rien ne les empêchera d’investir dans un cailloux de type pancake comme le très bon 40mm f/2.8 produit par Canon.

Canon EOS 100D : photo 5

Le Canon EOS 100D avec le 50mm f/1.4, qui semble tout simplement énorme en comparaison du boitier.

Canon EOS 100D : photo 7

Le Canon EOS 100D vu de dessus, toujours avec le 50mm f/1.4.

Canon EOS 100D : photo 8

Le Canon EOS 100D en main. Petit, non ?

Qualité des images

Si la qualité des clichés capturés avec un appareil photo dépend pour beaucoup de l’optique, le boitier a également son rôle à jouer. Le boitier, et plus précisément son capteur. Comme évoqué un peu plus haut, le Canon EOS 100D embarque un capteur APS-C CMOS AF Hybrid II. Hybride, car il intègre à la fois un système de détection de phase et un système de détection de contraste. Conséquence directe, la mise au point est très rapide, et plutôt précise. Sachez cependant que cette dernière repose sur “seulement” 9 collimateurs, dont un croisé au centre. Certains tiqueront sans doute à la lecture de ces lignes mais il faut rappeler que le très respecté 5D Mark II souffrait de la même “limitation”.

Après, bien sûr, il y a la question de l’objectif. Si le 18-55mm f/3.5-5.6 IS STM est assez massif et plutôt envahissant, il présente deux atouts notables : sa réactivité et sa discrétion. Sur ce point, et uniquement sur ce point, il fait mieux que mon 50mm f/1.4.

Mais qu’en est-il de la qualité des clichés délivrés ? Après tout, c’est vraiment ça qui compte, non ? Certes et en la matière, le 100D m’a franchement étonné. Pour être parfaitement franc avec vous, je m’attendais à un boitier plutôt bas de gamme, sacrifiant les performances sur l’autel de la compacité. Il ne m’aura fallu qu’une dizaine de minutes pour comprendre mon erreur. Facile à prendre en main, tous les réglages nous tombent directement sous les doigts. Le viseur est à la fois confortable et lumineux. Et l’écran, c’est tout simplement un régal à utiliser, notamment en vidéo. On cadre sa scène, on appuie sur la zone de mise au point voulue et c’est terminé, il ne reste plus qu’à lancer l’enregistrement. Alors bien sûr, les vrais professionnels s’en ficheront comme une guigne, sans oublier de grogner que rien ne vaut la mise au point manuelle, mais le néophyte, lui, ne manquera pas d’applaudir des deux mains.

La sensibilité, pour sa part, laisse un peu à désirer et il vaudra mieux éviter de monter au dessus des 3200 ISO sous peine de se retrouver avec une image fortement bruitée. Ceci étant, pour le reste, le petit boitier s’en sort avec tous les honneurs, y compris avec l’objectif livré en kit. Le 100D est effectivement capable de rivaliser avec la plupart des réflex de type amateur, et même avec certains de nos amis les hybrides.

Une image valant mieux que mille discours, voici quelques clichés pris avec le 18-55mm et avec le 50mm. Sans prétention, cela va de soi. Les photos sont disponibles ici en grand format.

Test Canon EOS 100D : photo 1

Test Canon EOS 100D : photo 2

Test Canon EOS 100D : photo 3

Qualité des vidéos

Popularisée grâce au 5D Mark II, la vidéo sur DSLR s’est considérablement développée au fil des années avec de meilleures performances pour nos boitiers, et un grand nombre d’accessoires spécialisés. De nombreux professionnels du métier ont d’ailleurs franchi le pas et le 100D s’inscrit plutôt bien dans cette tendance. S’il ne fera évidemment pas aussi bien qu’un D800 ou même qu’un 6D, il sera ainsi capable de délivrer des séquences de bonne qualité, y compris avec l’objectif fourni en kit.

Au niveau des modes, ce n’est pas le choix qui manque puisqu’il sera possible d’opter pour un format d’enregistrement en 1080p à 30, 25 et 24 images par seconde, ou en 720p à 60 et 50 images par seconde. Si vous avez un bon logiciel de montage derrière, vous pourrez donc réaliser de magnifiques ralentis qui ne manqueront pas d’améliorer votre popularité sur Vimeo.

Tout n’est cependant pas parfait pour autant et le principal défaut du 100D, de mon point de vue, c’est le microphone embarqué (mono). Au calme, il s’en sort correctement mais il montre très rapidement ses limites dans des conditions moins faciles. Bon point en revanche, Canon a eu la très bonne idée d’intégrer au boitier une entrée micro. Rien ne vous empêchera d’investir dans un microphone externe, donc.

Pour vous donner une idée des possibilités offertes par le 100D en matière d’enregistrement vidéo, je vous ai préparé une petite séquence créée à partir de plusieurs rush, une séquence tournée tour à tour avec mes deux objectifs. Sachez en outre que les vidéos de mon test du Galaxy Note 3 ont toutes été tournées avec le petit Canon, vous pouvez donc vous rendre ici pour voir de quoi il en retourne.

En conclusion

Le moment du verdict est arrivé. Le 100D, de mon point de vue, est une véritable surprise. S’il est petit par la taille, ses performances n’ont rien à envier aux autres réflex de type amateur et il contentera aussi bien le néophyte désireux de s’initier à la photographie numérique que le professionnel à la recherche d’un second boitier compact et discret.

Certains lui reprocheront sans doute la taille de son objectif, ou même les piètres performances de son microphone intégré, mais il suffira d’investir dans des objectifs supplémentaires et dans un micro externe pour corriger le tir. En bref, vous l’aurez compris, le Canon EOS 100D est vraiment une très bonne surprise.

Et je ne peux plus m’en passer.

Le prix ? 455€ nu, ou 569€ avec le 18-55mm !