Test des Pixel 4, des smartphones qui ne doivent pas être jugés à leur couverture

Google nous a confié ses Pixel 4 et Pixel 4 XL pendant quelques semaines. Après la prise en main de la dernière fois, le moment est donc venu de nous remonter les manches et d’attaquer leur test.

Un test qui ira comme à chaque fois assez loin. Après être revenus sur leur design et leur ergonomie, nous nous pencherons en effet sur leur écran, leur processeur et leur autonomie.

Les Pixel 4 font dans la sobriété

Les Pixel 4 font dans la sobriété

Ensuite, eh bien nous parlerons photo et vidéo, pour finir avec la plateforme embarquée. La routine, donc.

Comme vous le voyez, on ne va pas s’ennuyer.

 

Design & Ergonomie

Pour ouvrir le bal, on va donc démarrer avec le design et l’ergonomie des Pixel 4. Un sujet particulièrement délicat.

Si vous vous intéressez un peu à la mobilité, et il y a de fortes chances que ce soit le cas si vous regardez cette vidéo, alors vous savez que la tendance actuelle tend de plus en plus vers le borderless.

Les constructeurs semblent en effet s’être donné le mot pour réduire autant que possible les bordures autour des dalles de leurs appareils.

Mais Google, bien sûr, ne fait rien comme tout le monde.

Les Pixel 4 n’impressionnent pas franchement au premier coup d’oeil. Relativement classiques, ils héritent en effet d’un boîtier en verre noir avec un pourtour de la même couleur et un écran encadré par de solides bordures.

Enfin, ce n’est pas tout à fait exact. Les bordures latérales et inférieure sont assez fines, et le vrai problème vient finalement de la bordure supérieure. Elle est en effet très large. 

Eh oui, on est quand même sur une bordure d’un centimètre.

Maintenant, et comme je l’avais déjà dit durant ma prise en main, cette bordure n’est pas là pour décorer. En réalité, les Pixel 4 mettent l’accent sur la reconnaissance faciale et la caméra frontale est ainsi accompagnée d’un projecteur d’ensemble NIR et d’un projecteur de points NIR. Et bien sûr, ces éléments prennent énormément de place, ce qui explique pourquoi Google a été obligé de conserver ce bandeau.

Pour être franc, au début, je ne voyais que ça. Dès que je prenais l’un des Pixel 4 en main, mon regard était irrémédiablement attiré par ce large bandeau. 

Curieusement, au bout d’un moment, on finit par s’y faire. Et puis, disons-le franchement, les nombreuses qualités des Pixel 4 finissent aussi par nous faire oublier ses défauts. Mais ça, nous aurons l’occasion d’en reparler un peu plus tard.

Contrairement aux Pixel 3 et Pixel 3 XL, Google a opté pour une plaque arrière en verre brillant, une plaque faite d’un seul tenant. C’est évidemment dommage. La double finition de la plaque arrière des Pixel 3 et Pixel 3a leur donnait beaucoup de cachet et j’aurais bien entendu aimé retrouver une finition similaire sur les Pixel 4.

Autre point qui m’a également déçu, si le pourtour du téléphone est bien fait en métal, le constructeur l’a recouvert d’une texture anti-dérapante. Si cette dernière assure une bonne prise en main au téléphone, elle n’est pas très jolie. 

Bonne surprise en revanche, le module photo finit lui aussi par se faire oublier. Et cela n’a finalement rien d’étonnant puisqu’il est teint en noir, et donc de la même couleur que la plaque arrière. 

On retrouve également la petite touche de couleur qui va bien au niveau du bouton de mise sous tension, un bouton teint en blanc.

Ok, je sais bien que le blanc n’est pas une couleur, c’est une façon de parler.

Sans surprise, les Pixel 4 sont dépourvus de prise casque. Sans surprise, parce que la plupart des constructeurs font désormais l’impasse dessus. Il faudra donc se rabattre sur du sans fil, ou passer par un adaptateur USB Type-C puisque le terminal est équipé d’un port de ce type.

Si le look des Pixel 4 déçoit un peu, il faut tout de même signaler l’excellente qualité de l’étui proposé par Google. Un étui entièrement recouvert de tissu, un étui qui donne beaucoup de charme à ces appareils.

Et je pense que ce point est vraiment important. Si les coques sont souvent vues comme de simples accessoires par les consommateurs, les étuis de Google sont presque une nécessité pour moi. 

Maintenant, attention, car elles ne sont pas non plus données et il faudra débourser 45 € pour mettre la main dessus.

Deux appareils au look très similaire

Deux appareils au look très similaire

Google a appliqué un revêtement anti-dérapant à la tranche des Pixel 4. Un choix aux résultats mitigés.

Google a appliqué un revêtement anti-dérapant à la tranche des Pixel 4. Un choix aux résultats mitigés.

Ecran, Processeur & Autonomie

Le moment est venu de passer aux choses sérieuses et donc de nous focaliser sur la partie un peu plus technique. Et donc de nous pencher sur l’écran, le processeur et l’autonomie des Pixel 4.

L’écran est le principal facteur distinctif entre les deux modèles. Le Pixel 4 de base ne dépasse effectivement pas les 5,7 pouces de diagonale, contre 6,3 pouces pour la version XL. Les deux appareils ne visent donc pas non plus les mêmes usages.

Très concrètement, si vous cherchez un terminal orienté multimédia ou jeu, alors il sera préférable de vous orienter vers le Pixel 4 XL qui se prête davantage à ces usages. En revanche, si vous cherchez un appareil facile à manipuler d’une seule main, le Pixel 4 est tout indiqué.

Dans les deux cas, on retrouve la même technologie et le même format. Google a donc opté pour des dalles 19:9 OLED capables d’afficher du Full HD+ ou du QHD+ pour une densité de pixels comprise entre 444 et 537 ppp. Bien sûr, ces dalles sont toutes les deux compatibles HDR et elles sont en plus recouvertes d’un verre traité au Gorilla Glass 5.

Et il faut bien le reconnaître, ces deux écrans ne sont pas mauvais du tout. Google a su écouter les critiques et ces deux dalles sont donc beaucoup plus lumineuses que celles des Pixel 3 et Pixel 3 XL. Il sera donc possible d’utiliser les Pixel 4 en plein soleil sans éprouver la moindre gêne.

Les contrastes sont bons, OLED oblige, et on a en plus une colorimétrie qui tape assez juste. Regarder des vidéos, des films ou des séries sur les Pixel 4 est donc tout à fait envisageable.

Les Pixel 4 ont une autre particularité, ils sont tous les deux équipés d’une dalle offrant un taux de rafraîchissement de 90 Hz. Les animations seront donc plus fluides, exactement à l’image de ce que proposent les excellents Oneplus 7T (testés ici et ).

Du moins si vous poussez un peu la luminosité de leurs dalles. Vous avez dû en entendre parler, mais ce taux passera en effet automatiquement à 60 Hz si la luminosité de l’écran tombe sous la barre des 75 %.

Forcément, ça a déclenché une véritable polémique en ligne. Google, de son côté, a en tout cas écouté sa communauté puisque ce problème a été corrigé dans la mise à jour de novembre.

Pour animer ses téléphones, Google a opté pour un Snapdragon 855. La puce est couplée à un Pixel Neural Core pour l’IA et à une puce Titan M pour la sécurisation des données, avec 6 Go de mémoire vive et seulement 64 Go de stockage. 

Un espace de stockage qu’il ne sera pas possible d’étendre puisque les Pixel 4 sont dépourvus de lecteurs de cartes micro SD.

Très clairement, la configuration de ces deux appareils est solide et elle leur permettra de faire tourner les titres les plus exigeants du Play Store, le tout avec tous les détails à fond et zéro lag. Ce qui n’a, au final, rien de surprenant. 

Le Snapdragon 855 est en effet connu pour sa vélocité et les Pixel 4 sont totalement dépourvus de surcouche. Si l’on ajoute à cela les nombreuses optimisations dont Android 10 a fait l’objet, on obtient donc des appareils très réactifs.

Malheureusement, le bilan est loin d’être aussi bon pour l’autonomie. On peut même dire que cette dernière est le point noir de la gamme.

Le Pixel 4 XL est celui qui s’en sort le mieux. Sa batterie de 3700 mAh lui permettra de tenir la journée sans difficulté. Il n’en va malheureusement pas de même pour le Pixel 4. Et pour cause puisque ce dernier doit se contenter d’une batterie de 2800 mAh, une batterie qui aura souvent du mal à tenir plus d’une journée de travail.

Histoire d’avoir des chiffres un peu plus représentatifs, j’ai bien entendu fait tourner PC Mark sur les deux appareils. Le Pixel 4 a tenu 8h47 heures, contre 9h43 heures pour le Pixel 4 XL.

Et là, on est clairement en dessous de la moyenne. Ce qui est évidemment un problème, surtout pour les personnes qui bougent beaucoup. Partir en vadrouille sans savoir si notre smartphone tiendra jusqu’à notre retour, c’est franchement pénible.

Là, pour moi, c’est donc un véritable carton rouge. Le plus rageant, dans l’histoire, c’est que les Pixel 4 ont plein de qualités derrière, et ces problèmes d’autonomie viennent vraiment gâcher le plaisir.

Avant d’en terminer avec ce tour d’horizon technique des Pixel 4, le moment est venu d’évoquer la question du modem.

Comme à l’accoutumée, le modem des Pixel 4 a été testé avec nPerf, et plus précisément avec une SIM Sosh depuis la région parisienne. J’ai fait tourner le test à plusieurs reprises pour calculer une moyenne.

Et c’est vraiment pas mal. En moyenne, les Pixel 4 ont atteint les 180 Mbps en réception et les 15 Mbps en envoi avec une latence de 24 ms. Ce qui donne un score de 89 % en web et de 95 % en vidéo, pour une note globale de 121000 points.

S’ils ne sont pas les plus rapides du marché, ils s’en sortent donc avec tous les honneurs et c’est indubitablement une bonne chose à l’ère du streaming… mais aussi pour celles et ceux qui usent et abusent du partage de connexion.

Le bilan n’est pas mauvais. L’écran est de bonne qualité et le processeur est véloce. Suffisamment pour faire tourner de gros jeux.

Au final, on relève donc deux problèmes. Le premier a bien entendu trait à l’autonomie, qui est vraiment en dessous de ce que l’on est en droit d’attendre d’un flagship. Et le second, et bien il est relatif à la capacité de stockage. 64 Go, ce n’est pas énorme, et ce n’est même pas suffisant par les temps qui courent.

Le pire, c’est qu’à l’étranger, on peut trouver une version 128 Go. Google a cependant choisi de ne pas la commercialiser en France. Ce qui est on ne peut plus regrettable. Et pour ne rien arranger, la firme a également suspendu le stockage illimité dans le cloud pour les photos, du moins en pleine résolution.

Ce qui est d’ailleurs complètement incompréhensible de mon point de vue. La firme avait en effet une carte à jouer de ce côté-là. Une offre illimitée en très haute définition aurait permis aux Pixel 4 de sortir un peu du lot, et de faire passer plus facilement la pilule des 64 Go.

L'écran des Pixel 4 est superbe, et bien plus lumineux que celui des modèles précédents

L’écran des Pixel 4 est superbe, et bien plus lumineux que celui des modèles précédents

Le bandeau situé au dessus de la dalle se fait rapidement oublier.

Le bandeau situé au-dessus de la dalle se fait rapidement oublier.

Photo & Vidéo

Google n’est pas un simple constructeur de plus sur le marché des smartphones. La firme dispose d’un savoir-faire rarement égalé et elle compte dans ses rangs certains des meilleurs ingénieurs au monde.

Ce savoir-faire, on le retrouve bien entendu dans les différents services de la firme, Google Search, Gmail et Google Docs en sont de très bons exemples, mais également dans la capacité des Pixel 4 à générer de belles photos.

Pendant longtemps, Google s’est cantonné à un seul capteur photo dorsal, ce qui n’a bien entendu pas empêché les Pixel 3 et le Pixel 2 de faire des miracles grâce à l’excellente de leur traitement logiciel. 

Les Pixel 4 marquent de leur côté une rupture dans la gamme puisqu’ils sont les tout premiers téléphones de Google à embarquer… un module double à l’arrière.

Et ces capteurs sont assez différents l’un de l’entre. Le principal atteint une définition de 12,2 millions de pixels, avec un grand angle ouvrant à 1.7 et un champ de vision de 77°. À noter la présence d’un double système de stabilisation optique et électronique, ainsi qu’une mise au point avec détection de phase double pixel.

Le second capteur monte à 16 millions de pixels et il s’accompagne cette fois d’un téléobjectif ouvrant à 2.4 avec un champ de vision de 52° et, encore une fois, une double stabilisation optique et électronique. L’autofocus est pour sa part à détection de phase.

L’offre paraît plutôt solide et, spoiler alert, les résultats sont vraiment impressionnants.

En pleine journée et avec une belle lumière, les Pixel 4 sont capables d’accomplir des miracles et de produire des clichés avec un piqué omniprésent et une dynamique assez folle. La colorimétrie tape plutôt juste pour sa part, mais ce n’est pas le plus impressionnant.

Ce qui m’a le plus surpris, c’est en effet la profondeur de champ. Elle est présente partout, et même sur les clichés pris en mode auto. Exactement à la manière d’un réflex ou d’un hybride plein format, ce qui est plutôt fou puisque l’on parle ici de capteurs beaucoup,  mais alors vraiment beaucoup plus petits.

Et puis, surtout, ce fameux flou n’est pas forcé. Il est très doux, presque crémeux, et je n’ai pas constaté de problème de détourage particulier, même sur des clichés très complexes.

Toujours au rayon des choses qui m’ont surprise, on a aussi la gestion des contrastes. Les Pixel 4 sont à l’aise dans toutes les conditions, même en contrejour. Et ce alors même que la plupart des smartphones sont incapables de gérer de fortes variations lumineuses.

Quant à la mise au point, elle est rapide… et efficace. Je n’ai pas noté la moindre erreur durant toutes ces semaines de test.

Les Pixel ont toujours été réputés pour leur mode nuit. Et ce ne sont bien entendu pas les Pixel 4 qui les feront rougir.

Que ce soit en intérieur, à la soirée ou même à la nuit tombée, les Pixel 4 et Pixel 4 XL conserveront la même aisance que leurs prédécesseurs. Alors bien sûr, certains diront que les clichés générés par leur entremise ne sont pas réalistes et ont tendance à un peu trop « illuminer » nos nuits, mais on ne peut que saluer la prouesse technique.

D’autant que les Pixel 4 ne se contentent pas de s’aligner sur les Pixel 3. Google a voulu aller un peu plus loin en les dotant d’un mode de prise de vue adapté à l’astrophotographie.

Ce mode, entièrement piloté par une IA, s’activera de lui même lorsque les conditions lumineuses l’exigeront – entendez par là lorsque vous serez en pleine nuit, le téléphone orienté vers le ciel. Lorsque ce sera le cas, alors les Pixel 4 basculeront automatiquement en pose longue, des poses qui pourront atteindre plusieurs minutes sur les scènes les moins éclairées.

Accessoirement, cela veut aussi dire qu’il faudra les placer sur un trépied afin de garantir l’immobilité la plus totale.

Et là, autant vous prévenir de suite, les résultats seront bluffants. Les Pixel 4 seront en effet suffisamment sensibles pour capter la lumière des étoiles.

Une fois de plus, on ne peut qu’être impressionné par la performance. Les étoiles ne sont pas des objets fixes, elles bougent en permanence. Et la principale difficulté lorsqu’on fait de l’astrophotographie consiste justement à compenser leurs mouvements pour obtenir des clichés nets et piqués.

Il existe plusieurs solutions. Certaines sont logicielles, d’autres matérielles. Il existe en effet sur le marché des trépieds motorisés capables de se déplacer en fonction du temps de pose du boîtier.

Mais là, tout est géré au niveau du software et cela donne une bonne idée de la puissance des algorithmes de traitement développés par Google.

Ce qui m’a le plus déçu, finalement, ce sont les focales. On en trouve seulement deux : le grand angle et le téléobjectif. Il manque donc l’ultra grand angle. Et c’est évidemment dommage pour les amateurs de photos de paysage.

Le grand angle présent sur le capteur principal est en effet un peu trop serré pour cet usage et j’aurais aimé retrouver une focale un peu plus généreuse, encore plus pour les photos de nuit et d’astrophotographie. Là, on a parfois un peu tendance à se sentir à l’étroit.

Surtout que le téléobjectif, au final, ne sert pas à grand chose en dehors des portraits. Si vous ne faites que ça, c’est évidemment bon pour vous, mais on aurait tout de même aimé un peu plus de flexibilité. Ce sera visiblement pour les Pixel 5.

Comme environ 99,99 € des smartphones à l’heure actuelle, les Pixel 4 proposent un mode portrait. Et autant être clair, ce dernier est l’un des meilleurs du marché.

Encore une fois, Google a su procéder avec parcimonie et les flous générés par le biais de ce mode sont à la fois doux, crémeux et chaleureux. Ils permettent donc de bien isoler le sujet, sans le couper non plus complètement de son environnement.

Alors bien sûr, les Pixel 4 n’égalent pas non plus ces bons vieux réflex, ils ont parfois du mal à détourer les cheveux, mais ils restent très impressionnants compte tenu de leur taille.

En vidéo, les Pixel 4 sont aussi capables d’obtenir de bons résultats. Les séquences capturées sont piquées, avec une belle dynamique et une colorimétrie très naturelle. La stabilisation n’est pas mauvaise non plus.

Ce n’est peut-être qu’un avis subjectif, mais je trouve néanmoins que les iPhone 11 Pro (testé ici) sont un peu plus à l’aise dans cet exercice, notamment grâce à leur focale supplémentaire. Ils sont de ce fait un peu plus flexibles.

Comme chaque année, les Pixel 4 sont passés sur le grill de DxOMark, avec des résultats finalement très mitigés. Les appareils de Google ont obtenu seulement 112 points et ils arrivent donc loin derrière le Huawei Mate 30 Pro, le Xiaomi Mi Note 10 ou même les Galaxy Note 10 et les Galaxy S10.

Et je vais être franc, je les ai trouvé assez dur dans leur test. Notamment sur la partie du bokeh puisque les Pixel 4 n’ont obtenu que 60 points.

Je respecte bien entendu leur travail, mais j’avoue ne pas comprendre cette note, pas plus que celle consacrée au mode nuit.

En matière de son, les Pixel 4 réservent une fois encore de bonnes surprises. S’ils font l’impasse sur la prise casque, ils ont au moins le bon goût d’embarquer deux hauts parleurs. En revanche, ils ne sont pas situés en façade comme du temps des Pixel 3. Du moins pas tous les deux. 

Le premier se trouve en effet dans le bandeau placé au-dessus de l’écran et le second sur la tranche inférieure.

En dépit de cette très légère déception, le son restitué par les hauts parleurs reste de très bonne qualité, avec un équilibre assez fin même si les aigus ont parfois tendance à monter un peu trop haut.

Le module photo arrière des Pixel 4 repose sur deux focales. Il manque l'ultra grand angle

Le module photo arrière des Pixel 4 repose sur deux focales. Il manque l’ultra grand angle

Ne vous fiez pas à son apparence, ce module photo a beau être très conventionnel, il n'en reste pas moins redoutable

Ne vous fiez pas à son apparence, ce module photo a beau être très conventionnel, il n’en reste pas moins redoutable

Plateforme & Fonctions

Le moment est venu de nous éloigner de la partie matérielle pour nous focaliser sur le logiciel embarqué à bord des Pixel 4. Et donc sur Android 10.

Cela ne surprendra effectivement personnes, mais le Pixel 4 et le Pixel 4 XL ont tous les deux droit à la dixième et dernière version de la plateforme mobile de Google.

Cette version, j’ai eu l’occasion de la tester pendant de longs mois sur le Pixel 3 et elle m’a franchement séduit.

Sans pour autant bousculer nos habitudes, elle apporte tout de même de précieuses améliorations à la plateforme. Et la principale a trait à la navigation. Très fluide, elle repose sur une mécanisme de gestes assez proches de ceux d’iOS. Et tout comme la plateforme concurrence, ces derniers s’avèrent très naturels. Suffisamment en tout cas pour ne nécessiter aucun temps d’adaptation particulier.

Autre nouveauté bienvenue, l’intégration d’un mode sombre. Bienvenu, car il permettra à la plateforme de consommer un peu moins d’énergie sur les Pixel 4 grâce à leur écran OLED. 

Ce qui ne sera évidemment pas du luxe vu leur autonomie décevante.

Alors je ne vais pas vous faire la liste de toutes les nouveautés de la plateforme. Il y en aurait pour des heures, et on a déjà été amené à parler de certaines d’entre elles dans des tests précédents.

Du coup, le mieux est sans doute de nous focaliser sur les fonctions propres aux Pixel 4.

Active Edge, par exemple, répond toujours présent et il sera donc possible de lancer l’assistant en pressant les appareils pendant quelques secondes. Lorsque nous le ferons, une barre multicolore apparaîtra en bas de l’écran pour nous informer de l’activation de la fonction et nous n’aurons alors plus qu’à attendre que Google Assistant se manifeste.

Si la fonction est assez originale, elle n’est pas non plus des plus innovantes. HTC la proposait aussi en son temps sur le HTC 12. Et pour être tout à fait franc, elle ne m’a pas semblé incontournable. J’ai dû l’utiliser deux ou trois fois tout au plus.

Google a également mis l’accent sur la reconnaissance faciale. Et là, en revanche, on peut dire que le résultat ne manque pas d’intérêt. Elle est en effet aussi efficace et rapide que Face ID. Mieux, elle fonctionne même en pleine nuit et il est en plus possible de la configurer pour qu’elle s’active d’elle-même dès que nous prenons en main le téléphone. Il n’est alors plus nécessaire d’effectuer un balayage pour s’identifier, ce qui fait gagner pas mal de temps au quotidien.

Et bien sûr, si vous préférez, vous pouvez aussi configurer le Pixel 4 pour qu’elle ne se déclenche pas toute seule. Ce qui vous permettra alors de consulter vos notifications depuis l’écran de verrouillage sans craindre de déverrouiller votre téléphone.

Il m’est bien entendu impossible de ne pas revenir sur la polémique qui a accompagné le lancement des Pixel 4. Celle des yeux fermés.

En effet, contrairement à Face ID, la reconnaissance faciale des Pixel 4 fonctionne même lorsque le propriétaire du téléphone a les yeux fermés. Il est donc possible de déverrouiller un téléphone en le passant devant le visage d’une personne endormie ou décédée, ce qui pose bien entend du des problèmes en termes de sécurité et de confidentialité.

De son côté, Google a fait savoir qu’il travaillait sur un correctif qui sera déployé dans quelques semaines.

Mais la reconnaissance faciale n’est pas la seule à faire appel aux multiples capteurs présents au-dessus de l’écran des Pixel 4. En prime, Google a en effet équipé ses téléphones d’un système de reconnaissance gestuelle basé sur la fameuse puce Soli.

Très concrètement, cela veut dire que les Pixel 4 sont capables de lire et de reconnaître nos gestes. Il est par exemple possible de passer de piste en piste en effectuant un balayage dans les airs devant les téléphones.

De même, on trouve sur les Pixel 4 un fond d’écran spécial qui nous permet d’interagir avec des Pokémon, un fond d’écran exploitant bien entendu les mêmes capteurs. Et ça fonctionne vraiment très bien.

Ça fonctionne bien, mais je ne suis pas complètement conquis non plus. Pour l’instant, il y a en effet très peu d’applications compatibles avec ce système. 

Perso, j’aurais beaucoup aimé pouvoir faire défiler le contenu de ma timeline Twitter à distance et avec des gestes, par exemple, mais ce n’est pas possible.

Du coup, au final, cette fonction donne un peu comme un goût d’inachevé. Du moins à l’heure actuelle. 

Les Pixel 4 peuvent se piloter - en partie du moins - par gestes

Les Pixel 4 peuvent se piloter – en partie du moins – par gestes

Les Pixel 4 mettent l'accent sur la reconnaissance faciale.

Les Pixel 4 mettent l’accent sur la reconnaissance faciale.

En Conclusion

Les Pixel 4 ont été âprement critiqués depuis leur sortie. Les moqueries sur leur design ont été nombreuses, de même pour celles visant leur autonomie.

Alors c’est vrai, leur look date un peu et leur autonomie est vraiment perfectible, mais est-ce que ce sont de mauvais téléphones pour autant.

Je ne le pense pas. Le design, on finit par s’y habituer. Certes, le bandeau présent au-dessus de l’écran est un peu trop épais, mais au moins son existence est justifiée par l’excellent système de reconnaissance faciale embarqué à bord des Pixel 4. Un système comparable à Face ID.

Et puis, il y a la photo. Là, vraiment, Google a fait fort et même si le module placé à l’arrière n’est pas le plus flexible du marché, il est tout de même capable d’obtenir de très belles photos. Des photos qui finissent d’ailleurs par nous faire oublier tous les défauts de ces appareils.

Je n’en ai pas beaucoup parlé dans ce test, mais il y a aussi la question du gabarit.

Lorsque Google m’a fait parvenir le Pixel 4 et le Pixel 4 XL, mon choix s’est tout d’abord porté sur le deuxième modèle. Je consomme beaucoup de vidéos et il me semblait donc plus adapté à mes usages. Mais au final, c’est surtout le petit modèle que j’ai utilisé. Très compact, il n’a aucun mal à se faire oublier et il a aussi pour principal mérite d’être très facile à stabiliser une fois blotti dans le creux de la main. Ce qui est évidemment un atout de taille en matière de photo.

Bref, pour moi, s’ils ne sont pas parfaits, les Pixel 4 ont suffisamment de qualité pour nous faire oublier leurs défauts et c’est finalement tout ce qu’on leur demande.

 

DESIGN & ERGONOMIE7.5
ECRAN9
PUISSANCE & AUTONOMIE8.5
PHOTO & VIDEO9.5
FONCTIONS & PLATEFORME9.5
RAPPORT QUALITE/PRIX8.5
Âprement critiqués pour leur design, les Pixel 4 ont tout de même de solides arguments à opposer à leurs concurrents, à commencer par un module photo extrêmement performant. Tout comme les livres, il sera donc préférable de ne pas les juger à leur couverture.
8.8