Test du Huawei P8

Huawei a enchainé les annonces à un rythme effréné depuis le début de l’année. En avril, il a même levé le voile sur le nouveau fleuron de sa gamme, et plus précisément sur l’insolent P8. Il m’accompagne depuis un peu plus d’une semaine maintenant et le moment est donc venu de dresser un bilan complet de l’opération.

Cet article fait suite à ma prise en main du 26 juillet dernier mais il ira un peu plus loin et il se penchera notamment sur l’écran du terminal, ses performances, son autonomie, son capteur photo ou même sa surcouche.

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La boite du P8 est plutôt jolie à regarder. Et oui, ça compte.

Attention cependant car il ne sera pas totalement exhaustif non plus et il fera sans doute l’impasse sur quelques bricoles. L’idée, ce n’est pas non plus de passer en revue chaque détail et chaque fonction, mais plutôt de vous proposer un tour d’horizon complet.

Et comme d’habitude, si vous avez des questions, ou même des critiques, les commentaires sont là pour ça.

Caractéristiques Techniques

Ce n’est pas forcément la partie la plus excitante mais le mieux, c’est sans doute de commencer par rappeler brièvement la fiche technique du téléphone.

Comme indiqué un peu plus haut, le Huawei P8 se positionne sur le haut de gamme et il est donc censé pouvoir rivaliser avec tous les autres flagships du marché.

Il embarque ainsi un écran IPS-NEO de 5,2 pouces capable d’afficher une définition de type Full HD 1080p (1920×1080), pour une densité de pixels tournant autour des 424 ppp. Pas de QHD, donc, mais cela ne devrait pas vraiment vous surprendre compte tenu de la politique du constructeur.

Huawei a aussi opté pour un processeur Kirin 930 composé de huit coeurs cadencés à 2 GHz, avec 3 Go de mémoire vive derrière.

L’espace de stockage ne va pas au delà des 16 Go mais il sera parfaitement possible de l’étendre par le biais d’une carte micro SD. Là, on pourra même atteindre les 128 Go.

Côté photo, le P8 peut compter sur un capteur RBGW de 13 millions de pixels fourni par Sony et sur une caméra frontale de 8 millions de pixels.

S’ajoutent à la liste le WiFi 802.11 b/g/n, le Bluetooth 4.1, le NFC et une batterie de 2 680 mAh. Pas de chargement sans fil et pas de chargement rapide non plus.

C’est dommage, bien sûr, mais il ne faut pas perdre de vue que le P8 est proposé à partir de 499 euros sans abonnement, et donc sans subvention opérateur. Il coûte donc entre 200 et 250 euros moins cher que la plupart des téléphones haut de gamme du marché.

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Ca, c’est du packaging.

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Les accessoires sont regroupés dans un compartiment spécial.

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Le P8 est un des téléphones les plus fins du marché.

Packaging, Design & Ergonomie

Huawei a apporté le plus grand soin au packaging et le P8 repose ainsi dans un écrin noir minimaliste. Pas de visuels, pas de mentions légales, pas de caractéristiques, il est extrêmement dépouillé et il a beaucoup de charme.

Après avoir enlevé le capot supérieure de la boite, on tombera face à un couvercle en plastique durci. Le terminal repose en dessous, placé de profil, entre deux compartiments abritant la documentation et les accessoires.

Le P8 est livré avec un câble de synchronisation, un bloc secteur et un kit mains libres rappelant grossièrement les EarPods. Il fonctionne bien mais il est loin d’égaler mes urBeats, notamment au niveau de la restitution des basses.

Passons maintenant au terminal.

Il impressionne tout d’abord par sa finesse. Sa coque ne dépasse pas les 6,4 mm et il s’en tire mieux que la plupart de ses concurrents sur ce terrain là. Huawei l’a aussi pourvu d’un châssis métallique et d’une coque en aluminium brossé. Elle est extrêmement douce au toucher.

Le constructeur a placé une languette en plastique en bas et une pièce en verre en haut pour laisser passer les différents signaux entrants et sortants. Elles se fondent dans le décor et elles se font rapidement oublier.

Le P8 est dépourvu de boutons en façade. Il sera cependant possible d’acheter un film protecteur spécial pour ajouter des boutons sensitifs invisibles en haut et en bas. Je n’ai pas eu l’occasion de le tester, malheureusement.

L’ergonomie est assez traditionnelle. Les boutons physiques sont tous situés sur la tranche droite. Même chose pour les trappes donnant accès à la carte Nano SIM et à la carte micro SD. Il n’y a rien sur la tranche gauche en revanche.

La prise casque est intégrée à la tranche supérieure. Le connecteur et les hauts-parleurs sont placés de l’autre côté.

Le terminal est plutôt compact (144,9 x 72,1 x 6,4 mm) et il ne dépasse pas les 144 grammes. Je l’ai trouvé bien équilibré. Il se fait rapidement oublier.

Rien à dire sur sa résistance aux chocs et aux déformations. Il a passé pas mal de temps au fond de ma poche et il a toujours la même allure.

Quoi qu’il en soit, les finitions du P8 sont exceptionnelles, et elles n’ont rien à envier aux autres terminaux haut de gamme du marché. On sent tout de suite qu’on est en présence d’un produit placé sur le haut du panier.

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La version « champagne » du P8 est de toute beauté.

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Le téléphone est bien équilibré.

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L’ergonomie est traditionnelle, mais efficace.

Ecran, Processeur & Autonomie

Le P8 est équipé d’une dalle IPS-NEO de 5,2 pouces et il est capable d’afficher une définition en Full HD et donc en 1080p. Il a aussi droit à une vitre traitée au Gorilla Glass 3.

La densité de pixels dépasse les 420 ppp et elle est amplement suffisante pour la plupart des usages. Huawei a fait le choix de ne pas passer au QHD. Le bon côté de la chose, c’est que cet écran sera moins gourmand en énergie.

Pas grand chose à dire sur la qualité de la dalle. Les angles de vision sont bons et elle restitue bien les couleurs. Je n’ai pas noté d’effet de rémanence non plus, pas même dans les jeux les plus rapides.

Elle pèche cependant par sa luminosité et il faudra la pousser au maximum pour qu’elle reste lisible en plein soleil. Enfin ça, c’est en supposant qu’il fasse beau, bien sûr.

Sous le capot, on trouve un Kirin 930 composé de quatre coeurs Cortex-A53 cadencés à 1,5 GHz et de quatre coeurs Cortex-A53e cadencés à 2 GHz. Ils sont couplés à un GPU MAli-T628 MP4 et à 3 Go de mémoire vive.

Il s’agit d’une configuration plutôt correcte. Sur AnTuTu, le terminal obtient en moyenne un score de 49 865 points. Il arrive donc loin derrière le Galaxy S6.

Dans les faits, il est capable de faire tourner la plupart des jeux disponibles sur le Play Store et il ne rencontre aucun souci particulier avec les vidéos, en local ou par l’intermédiaire de solutions dédiées comme Plex ou même Netflix.

La plateforme est plutôt réactive elle aussi. Les seules fois où le téléphone a eu un peu de mal, c’est avec le multitâche. Si vous ouvrez trop d’applications, alors il perdra pas mal en réactivité. Le bon côté de la chose, c’est qu’il suffira d’appuyer sur le bouton dédié pour fermer en un instant tous les programmes en cours d’exécution.

Huawei a intégré une batterie de 2 680 mAh à son terminal. Ce n’est pas énorme mais le P8 compense grâce à son écran et à son processeur. Alors c’est vrai, ce n’est pas le téléphone le plus autonome de sa catégorie, mais il pourra tenir une dizaine d’heures sans trop d’effort, et pour une utilisation mixte (vidéo, mails, réseaux sociaux, jeux).

En jouant avec les économiseurs d’énergie et en faisant attention, on peut atteindre encore une journée et une journée et demie avec une seule charge. C’est mon record personnel, en tout cas, mais il a fallu désactiver la 4G pour parvenir à ce résultat.

Le P8 n’est pas le téléphone le plus puissant ni le plus autonome du marché, c’est un fait, et son écran manque un peu de peps comparé à celui du S6 et du S6 Edge, mais il s’en sort quand même avec tous les honneurs. Il ne faut pas perdre de vue que nous parlons ici d’un téléphone qui est proposé, dans sa version de base, sous la barre symbolique des 500 euros.

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Et non, rassurez-vous, il ne se pliera pas lorsqu’il sera dans votre poche.

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Le terminal est très léger en main.

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Les finitions du P8 sont extrêmement soignées.

Photos & Vidéos

Huawei a équipé le P8 d’un capteur doté d’une définition de 13 millions de pixels, avec une optique stabilisée capable d’ouvrir à f/2.0.

C’est pas mal mais ce capteur a une autre particularité : il est de type RGBW. Qu’est ce que ça veut dire ? Tout simplement qu’il ne se contentera pas de capter du rouge, du vert et du bleu. En marge, on trouvera aussi des photosites blancs dépourvus de filtre coloré.

Cela n’a l’air de rien mais cela veut aussi dire que ces derniers seront sensibles à l’ensemble du spectre et ils offriront en outre une meilleure qualité d’image en basse lumière en réduisant le phénomène de bruit électronique.

Sur le papier, c’est évidemment très prometteur mais ça donne quoi en pratique ?

Le P8 est capable d’obtenir de très belles photos, c’est indéniable. L’autofocus est précis, la mise au point est rapide et il est évidemment très à l’aise en pleine lumière, avec une belle dynamique et une restitution des couleurs plus que correcte. Petit bémol sur le piqué en revanche, qui n’est pas assez marqué à mon goût.

Il s’en sort moins bien lorsque la lumière vient à manquer, en revanche. Le capteur RGBW est loin d’éliminer tout le bruit, malheureusement.

Huawei a fait de gros efforts sur l’application mobile. L’appareil photo du P8 est à la fois complet et accessible. Il suffit de quelques balayages bien sentis pour changer de mode et on trouve pas mal d’outils pensés pour le « light painting ».

Par contre, au niveau des réglages, le constructeur aurait pu aller plus loin. En dehors de la sensibilité et de la balances des blancs, on ne pourra malheureusement pas régler grand chose. Le LG G4 va beaucoup plus loin sur ce terrain.

Côté vidéo, il faut savoir que le P8 n’a pas droit à la 4K. Il se contente ainsi du 1080p mais c’est largement suffisant dans la plupart des cas et son stabilisateur est d’ailleurs très efficace. Il se débrouille aussi bien que celui du S6 Edge.

On trouve aussi un mode spécial pour capturer une scène à partir de plusieurs téléphones connectés les uns aux autres mais je n’ai pas eu l’occasion de le tester alors je ne peux pas vous en dire beaucoup plus sur le sujet. Désolé !

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L’écran de verrouillage affiche les informations habituelles.

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Il est possible de faire apparaître des raccourcis grâce à sa balayage vertical du bas vers le haut.

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Emotion UI ne plaira peut-être pas aux puristes, mais il n’en reste pas moins facile d’accès.

Surcouche & Fonctions

Le Huawei P8 est propulsé par Lollipop 5.0 et par Emotion UI, en version 3.1. Elle vient se placer dans la droite lignée des précédentes moutures, avec une interface qui rappelle beaucoup… iOS.

L’écran de verrouillage, pour commencer, affichera les informations habituelles et il suffira d’effectuer un balayage du bas vers le haut pour faire apparaître des raccourcis pointant vers des outils ou vers les contrôles du lecteur multimédia.

Pas de double tape pour sortir le téléphone de veille en revanche et ça manque cruellement.

Les écrans d’accueil sont toujours là et ils pourront accepter des raccourcis ou des widgets, au choix. Huawei a fait le choix de supprimer le drawer et toutes les applications installées seront automatiquement ajoutées au dernier écran d’accueil, à la suite les unes des autres.

Là encore, il est très difficile de ne pas penser à la plateforme mobile d’Apple.

Le centre de notifications est à la fois clair et lisible. Il se structure autour de deux onglets distincts. Celui de gauche liste les alertes générées par les applications, celui de droite affiche pour sa part les réglages rapides.

Les visuels sont épurés et soignés, avec de nombreux effets de transparence. J’aime beaucoup.

Tout comme sur iOS, il suffit de tirer l’écran vers le bas (à partir du milieu) pour afficher le moteur de recherche interne. En dessous, on trouvera aussi la liste des dernières applications lancées.

Le multitâche se contente d’afficher des vignettes sur une grille. Comme indiqué un peu plus haut, il n’est pas forcément des plus réactifs et c’est vraiment dommage.

Du côté des fonctions pratiques, on trouve plusieurs économiseurs d’énergie et un outil de capture bien pensé. Il suffit de cogner deux fois sur la vitre du téléphone avec l’articulation du doigt pour capturer ce qui est affiché à l’écran. Pour aller plus vite, on peut aussi entourer les éléments qui nous intéresse, toujours avec l’articulation.

Emotion UI supporte aussi les thèmes. Il y en a pour tous les goûts et vous aurez l’embarras du choix puisqu’ils se comptent par dizaines.

Alors bien sûr, cette surcouche ne plaira sans doute pas aux puristes, mais elle est tout de même bien pensée et on trouve rapidement ses marques.

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Le centre de notifications est épuré et lisible.

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Les raccourcis rapides sont tous regroupés dans cet onglet.

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La recherche s’accompagne des dernières applications lancées.

Conclusion

Le P8 est une très bonne surprise et j’ai passé de très bons moments en sa compagnie.

Il est beau, il tourne bien et son capteur s’en sort avec tous les honneurs. Rien à dire non plus du côté des fonctions. Emotion UI n’est peut-être pas parfait mais il a au moins le mérite d’être accessible et facile à utiliser.

Attention tout de même car le terminal n’est pas parfait pour autant. Son écran n’est pas très lumineux et son autonomie laisse un peu à désirer. Quitte à choisir, j’aurais préféré un téléphone un peu plus épais, et avec une plus grosse batterie.

Maintenant, il ne faut pas perdre de vue que le P8 est proposé à partir de 499 euros. Et ça, mine de rien, c’est un sacré atout.

Est-ce que je le recommande ? Oui, sans hésiter. C’est même une très belle alternative aux principaux flagships du marché.

Design9.5
Ergonomie8.5
Puissance7.5
Multimédia8.5
Fonctions9
Prix9
Fin et racé, le Huawei P8 ne laisse pas indifférent. Il a même beaucoup de charme et ses finitions n'ont rien à envier à celles des autres terminaux haut de gamme du marché. J'aurais cependant aimé que son écran soit plus lumineux. Même chose pour la capacité de la batterie qui laisse un peu à désirer. Après, le P8 coûte aussi moins cher que la plupart de ses concurrents...
8.7