Test du MacBook Pro M1

Apple a dévoilé lors de son dernier Keynote – le troisième depuis la rentrée – les trois premières machines à profiter de la puce M1, première née des laboratoires de la marque : le Mac Mini, le MacBook Air et le MacBook Pro.

Vous êtes sans doute nombreux et nombreuses à vous demander ce que ce premier processeur a dans le ventre.

Le MacBook Pro M1 n'est pas un simple modèle de plus. Il marque une rupture au sein de la gamme
Le MacBook Pro M1 n’est pas un simple modèle de plus. Il marque une rupture au sein de la gamme

Vous ne pouviez pas mieux tomber. Après plusieurs semaines passées en sa compagnie, voici le test du MacBook Pro M1.

Design & Ergonomie

Le MacBook Pro M1 est une machine surprenante à bien des titres, mais c’est finalement sa compacité et son poids qui m’ont le plus marqué au départ.

Avant lui, j’utilisais quotidiennement un MacBook Pro 15 pouces. Le tout dernier à avoir bénéficié de cette diagonale. Une machine lourde et encombrante, mais qui avait le mérite de m’offrir toute la puissance dont j’avais besoin.

Une puissance payée au prix fort. Ma configuration m’avait en effet coûté un peu plus de quatre mille euros à l’époque.

Le clavier à ciseau est très confortable, mais le changement surprend lorsqu'on vient d'un clavier papillon.
Le clavier à ciseau est très confortable, mais le changement surprend lorsqu’on vient d’un clavier papillon.

A côté, le MacBook Pro M1 fait clairement  figure de poids plume. Beaucoup plus compact que son grand frère, il ne dépasse en effet pas les 1,4 kg, contre 2 kg pour le modèle 15 pouces.

600 grammes de différence, donc.

Les finitions sont comme à chaque fois exemplaires. Le châssis en aluminium brossé est de toute beauté et il respire la robustesse. 

L’écran est imposant, mais il est aussi encadré par des bordures un peu trop présentes. Apple aurait clairement eu suffisamment de place pour caser une dalle de 14 pouces et c’est évidemment dommage qu’il ne l’ait pas fait.

Le clavier est une bonne surprise et on retrouve des sensations similaires à celle du Magic Keyboard des Mac avec une frappe précise et une course assez courte. Rien à dire pour le pavé tactile, qui est toujours un modèle du genre. Très réactif, il reconnait instantanément chaque caresse et chaque geste effectué à l’aide de nos doigts.

Oui, Apple aurait eu assez de place pour caser un écran de 14 pouces.
Oui, Apple aurait eu assez de place pour caser un écran de 14 pouces.

La Touch Bar est similaire à celle du MacBook Pro 16 pouces. Contrairement à mon modèle, donc, le MacBook Pro M1 est équipée d’une vraie touche Echap physique et d’un lecteur Touch ID placé à part. Un lecteur fonctionnant comme un bouton et qui vous permettra de fermer votre session avec un appui simple.

Pour la connectique, Apple a choisi de se limiter à deux ports Thunderbolt. En soi, ce n’est pas gênant, dans la mesure où ce standard permet de chaîner plusieurs appareils les uns à la suite des autres. Et en ce qui me concerne, lorsque je suis au bureau, mon Macbook Pro est de toute manière connecté à un dock Thunderbolt.

Ce qui est un peu plus embêtant, en revanche, c’est que ces deux ports sont placés du même côté, et donc sur la tranche de gauche. Perso, j’aurais préféré avoir un port de chaque côté. Surtout qu’il y avait largement de la place à droite, aux côtés de la prise micro/casque.

Le MacBook Pro M1 reprend le châssis du modèle Intel
Le MacBook Pro M1 reprend le châssis du modèle Intel

Ecran, Processeur & Autonomie

Apple a toujours mis l’accent sur l’écran et le MacBook Pro M1 ne fait évidemment pas exception à la règle.

La dalle atteint donc les 13,3 pouces et elle fait bien entendu la part belle à la technologie IPS, avec une résolution en 2 560 x 1 600 pour une densité de pixels de 227 ppp.

En prime, l’écran atteint une luminance de 500 nits et il supporte l’intégralité de l’espace colorimétrique P3, ce qui ravira bien entendu les créatifs de tout horizon.

Mais la vraie nouveauté, c’est bien entendu la puce. 

Le M1 repose en effet sur une architecture de type ARM, une architecture similaire à celle des puces présentes à bord de l’iPhone et de l’iPad. Le SoC regroupe donc un CPU, un GPU, un Neural Engine et de la mémoire unifiée entre tous ces éléments. 

La Touch Bar peut s'avérer parfois utile
La Touch Bar peut s’avérer parfois utile

Le CPU atteint un total de 8 coeurs, répartis en deux clusters. Le premier cluster regroupe 4 coeurs haute performance pour les tâches les plus gourmandes et le second quatre coeurs à haute efficacité énergétique pour les tâches usuelles. Le GPU regroupe lui aussi 8 coeurs, contre 16 coeurs pour le Neural Engine.

Durant la présentation des Mac M1, Apple nous a inondé de superlatifs… et ces derniers sont totalement mérités. Je vais être très clair avec vous, je ne m’attendais pas à une telle puissance.

En usage courant, je n’ai ainsi vu aucune différence entre mon MacBook Pro M1 et mon MacBook Pro 15 pouces. Ce qui fait finalement assez mal. Pour le M1, mon choix s’est en effet porté sur le modèle de base, un modèle qui m’a couté 1449 €.

Soit 3 000 € de moins que mon MacBook Pro 15 pouces full option.

La charnière est toujours un modèle de solidité
La charnière est toujours un modèle de solidité

Mais qu’est ce que j’entends par “usage courant” ?

Hors vidéo, je travaille systématiquement avec deux fenêtres Chrome ouvertes, des fenêtres qui comptent entre trente et quarante onglets chacune. Le tout avec un Photoshop, un Safari, deux ou trois documents Pages, Spotify, Skype, Tweetdeck et deux ou trois bricoles comme Ulysses ou même FileZilla.

Donc avec tout ça, aucun lag et, surtout, aucun bruit. En deux semaines, les seuls moments où j’ai entendu le ventilateur du MacBook Pro M1, c’est en exportant des vidéos sur Premiere Pro et Final Cut. Pour le reste, il toujours resté silencieux. Toujours.

Je ne m’en suis bien évidemment pas tenu à ces usages. J’ai aussi monté deux vidéos sur Premiere Pro (celle-ci et celle-là), avec cette fois un bilan un peu plus mitigé. Ce qui est en fin de compte assez normal.

On en reparlera dans la dernière partie de ce test, mais le MacBook Pro M1 marque un changement d’architecture. Ce qui veut également dire que des applications développées pour les Mac Intel sont normalement incompatibles avec la puce M1. 

Le MacBook Pro M1 peut tout faire tourner
Le MacBook Pro M1 peut tout faire tourner

Pour contrebalancer cette limitation, Apple a donc mis sur pied Rosetta 2, une couche d’émulation qui fait office de traducteur et qui permet de lancer des applications développées pour Mac Intel sur les Mac M1.

Premiere Pro, justement, n’est pas encore optimisé pour les puces Apple Silicon et il fait donc appel à Rosetta 2. Tout comme Photoshop, d’ailleurs.

Chez moi, donc, et avec des plans filmés en 4K avec mon Sony A7 III, Première Pro a bien fonctionné, mais seulement jusqu’à un certain point. Aucun problème pour le dérush de mes facecams, ou même pour le montage à proprement parler. Les performances sont restées correctes.

La situation s’est en revanche dégradée lorsque j’ai commencé à ajouter les calques consacrés à la colo et aux effets, avec pas mal de drop frames et des ralentissements plus conséquents dans la timeline. Une tendance qui s’est aggravée ensuite avec l’intégration d’éléments graphiques.

Côté export, ça a été compliqué aussi. Pour une vidéo de 15 minutes, le MacBook Pro M1 a eu besoin de deux heures pour faire son export, contre seulement une grosse demie heure pour le MacBook Pro 15 pouces.

Et puis ensuite, j’ai lancé Final Cut Pro, qui est optimisé pour Mac M1.

Et là, on va être très clair, je me suis pris une formidable claque en travers du visage. Avec un projet identique, le MacBook Pro M1 s’est révélé aussi réactif et aussi fluide que mon MacBook Pro 15 pouces. Je n’ai constaté aucune différence, que ce soit au niveau du dérushage, du montage, de la mise en place d’effets ou même de la colo.

A chaque fois, le MacBook Pro M1 est resté impassible et il ne m’a pas montré le moindre signe de faiblesse. 

Mais surtout, ce qui m’a le plus surpris, c’est son silence. Sur mon MacBook Pro 15 pouces, les ventilateurs se sont emballés à plusieurs reprises, notamment lorsque je modifiais les couleurs et l’exposition de mes plans. Sur le MacBook Pro M1, je n’ai rien entendu.

Que ce soit en retouche photo ou en montage vidéo, la puce M1 ne faiblit jamais.
Que ce soit en retouche photo ou en montage vidéo, la puce M1 ne faiblit jamais.

En marge, j’ai également tenté un export sur les deux machines, toujours avec le même projet, toujours depuis le même SSD externe. La vidéo durait 13 minutes et elle était assez chargée en effets, avec en prime quelques accélérations ponctuelles. 

Le MacBook Pro 15 pouces a eu besoin de 9 minutes pour finaliser l’export. Contre 7min10 minutes pour le MacBook Pro M1.

On est donc sur des résultats assez similaires, ce qui donne une bonne idée des possibilités offertes par la puce.

Mais la puissance du MacBook Pro M1 n’est pas son seul atout. Il faut également parler de son autonomie, avec une fois encore de très belles surprises à la clé.

Je vais être très honnête avec vous, je ne m’attendais pas à tenir aussi longtemps avec le MacBook Pro M1.

Sur son site, Apple annonce 17 heures en consultation web et 20 heures en lecture de vidéo sur Apple TV+.

Et bien pour une fois, c’est bien le cas. Le MacBook M1 est d’une endurance à toute épreuve. Avec mes usages standards, il tient plus d’une journée sans la moindre difficulté.

Oui, on peut parfaitement monter sur Premiere Pro avec un MacBook Pro M1
Oui, on peut parfaitement monter sur Premiere Pro avec un MacBook Pro M1

Plateforme & (In)compatibilités

Le MacBook Pro M1 a donc un look sympa, il est aussi extrêmement puissant et endurant, et on a en plus droit à une très belle dalle.

Il était cependant impossible de vous présenter ce test sans évoquer le changement d’architecture et ses possibles répercussions.

Pour comprendre ce changement, le mieux c’est sans doute de partir sur une analogie. Passer d’une puce Intel à une puce M1 revient à changer de langue. Les applications compatibles avec les puces Intel ont en effet été développées dans un langage compréhensible par ces dernières.

Changer d’architecture peut naturellement provoquer des incompréhensions. Ou, si vous préférez, des incompatibilités.

Apple, de son côté, encourage les développeurs à proposer des binaires universels de leurs applications, et donc des applications regroupant à la fois une version Intel et une version Apple Silicon.

L’avantage de ces applications, c’est qu’elles peuvent tourner sur l’une ou l’autre de ces architectures. Côté utilisateur, tout se fait évidemment de manière transparente.

Aucun souci pour sortir de la 4K sur un écran de 34 pouces.
Aucun souci pour sortir de la 4K sur un écran de 34 pouces.

Il faudra cependant du temps pour que chaque éditeur prenne le pli. En attendant, Apple a donc intégré à macOS Big Sur Rosetta 2, un outil fonctionnant comme une couche de virtualisation. Ou un traducteur.

Rosetta 2 permet donc aux Mac équipés de la puce M1 de lancer des applications conçues pour l’architecture Intel.

Et ça fonctionne vraiment très bien. Le passage de mon MacBook Pro 15 pouces à mon MacBook Pro M1 s’est fait sans douleur et j’ai donc pu retrouver toutes les applications que j’utilise au quotidien. Photoshop, Lightroom, Premiere Pro, Ulysses, Antidote, Skype, Tweetdeck, VLC, Spotify, Filezilla ou même Dashlane, pour ne citer que ces outils.

Final Cut Pro se montre aussi réactif que sur mon MacBook Pro 15 pouces full option
Final Cut Pro se montre aussi réactif que sur mon MacBook Pro 15 pouces full option

La seule application qui n’a pas voulu se lancer, finalement, c’est Airfoil, un petit utilitaire qui permet de steamer sa musique de son Mac vers des enceintes connectées. Les devs ont cependant été très réactifs et ils ont mis en ligne une version bêta compatible M1 quelques jours après l’arrivée de mon MacBook Pro M1.

Je vais être très franc avec vous. Lorsque j’ai commandé le MacBook Pro M1, je m’attendais vraiment à essuyer les plâtres de ce changement d’architecture et je m’attendais donc à des bugs à répétition et des incompatibilités insurmontables.

Mais ce n’est pas le cas. Dans l’ensemble, tout fonctionne très bien et on n’a pas l’impression d’avoir changé de puce. C’est une bonne chose, et cela prouve surtout qu’Apple a bien anticipé cette nouvelle révolution.

Le MacBook Pro M1 a su s'imposer comme ma machine principale
Le MacBook Pro M1 a su s’imposer comme ma machine principale

En Conclusion

Le moment est venu de dresser le bilan de ces deux semaines passées en compagnie du MacBook Pro M1.

Vous le savez sans doute, mais il y a souvent une grosse différence entre ce que vous ressentez au moment d’une conférence de presse, où les constructeurs ont souvent tendance à en rajouter, et ce que vous éprouvez au moment où vous avez le produit entre les mains.

Eh bien là, cela n’a pas été le cas. Pour moi, le MacBook Pro M1 respecte bien toutes les promesses faites par Apple. On est en présence d’un ordinateur d’exception.

Et pour une fois, cela n’a rien à voir avec le design. Alors certes, les finitions sont exemplaires, mais c’est un châssis que l’on connait depuis un moment. La surprise ne vient donc pas du look de la machine, mais plutôt de ses performances.

Parce qu’au final, pour 1449 €, on a une puissance de calcul équivalente à celle d’un MacBook Pro Intel de plus de 4000 €. Mieux encore, on a aussi un ordinateur équipé d’un écran magnifique, capable de tenir plus d’une journée avec une seule charge et qui ne fait quasiment aucun bruit.

Et sur ces points très précis, il arrive donc à surpasse mon MacBook Pro 15 pouces.

Le tout avec des dimensions compactes, un poids léger et un boîtier qui reste froid en permanence.

Alors c’est vrai, toutes les applications ne sont pas encore optimisées et Premiere Pro a tendance à patiner dès qu’on le pousse un peu trop, mais ce changement d’architecture parvient à s’opérer en douceur et il laisse même augurer de très belles choses pour l’avenir.

Parce qu’Apple ne va évidemment pas en rester là. La marque travaille actuellement sur une puce encore plus puissante, une puce que l’on devrait normalement retrouver à bord du prochain MacBook Pro 16 pouces, mais aussi sur les iMac. Et quand on voit ce dont est capable ce petit MacBook Pro M1, on ne peut qu’être enthousiaste à l’idée de ce qui nous attend l’année prochaine.

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