Test du Meizu 16s

Meizu m’a fait parvenir cet été un exemplaire du Meizu 16s, son tout dernier flagship. Il ne sera fait attendre, mais le test est enfin là.

Meizu a connu des années difficiles. En février de l’année dernière, la marque a en effet pris la décision de quitter la France afin de réduire ses coûts. Beaucoup ont alors cru devoir tirer un trait sur les produits de la marque.

Le Meizu 16s est doté d’un design très sobre

Tout a cependant changé cet été lorsqu’un distributeur local s’est mis en tête de distribuer les appareils de la marque, à commencer avec le dernier flagship de cette dernière, le Meizu 16s.

Ce flagship, il me tardait de le tester et le moment est justement venu de nous pencher sur son cas.

Comme souvent, ce test ira assez loin. Après être revenu sur le design de l’appareil, on se focalisera sur sa fiche technique pour rebondir sur la partie photo, vidéo et son. On terminera enfin avec sa plateforme.

Design & Ergonomie

Le Meizu 16s reprend dans les grandes lignes le form factor de tous les appareils haut de gamme du marché. Il est donc doté d’un boîtier en verre avec une armature en métal. Les finitions sont soignées et l’appareil est très agréable en main.

Il l’est d’autant que son poids est finalement assez contenu. Avec ses 165 grammes sur la balance, il est en effet aux antipodes d’un iPhone 11 Pro Max, par exemple.

La plaque arrière est légèrement incurvé et elle est incrustée avec des motifs imitant le kevlar. L’effet est joli, mais il rappelle aussi beaucoup les Mi 9T et Mi 9T Pro. En outre, le verre est très salissant et il suffira de jouer pendant quelques minutes avec l’appareil pour voir apparaître une constellation de traces de doigts.

L’écran est borderless, mais il est aussi dépourvu d’encoche ou de trou. Meizu a préféré conserver deux bandeaux au-dessus et en dessous de la dalle. Ce n’est pas très original, c’est vrai, mais ces bandeaux ne sont pas dérangeants et on les oublie très vite une fois l’appareil en main. Et au moins, les images ne seront pas coupées.

Attention en revanche, car tout dépendra quand même du coloris. Sur la version blanche, les bordures seront en effet de la même couleur et elles attireront donc un peu plus les regards.Pas de problème en revanche sur la version noire.

L’ergonomie est elle aussi très conventionnelle. Meizu n’a pas cherché à faire dans l’originalité. Les trois boutons physiques sont donc placés sur la tranche droite. De haut en bas, on aura les deux boutons du volume et le bouton de mise sous tension.

Le connecteur USB Type-C se trouve pour sa part sur la tranche inférieur, encadré par la grille du haut parleur et la trappe des cartes. Trappe qui pourra uniquement accueillir deux cartes nano SIM… et il faudra donc faire l’impasse sur le micro SD.

Le module photo du Meizu 16s ressort de quelques millimètres.

Ecran, Processeur & Autonomie

Le look ne fait pas tout bien sûr, et le moment est justement venu d’enchaîner avec la partie un peu plus technique.

L’écran, pour commencer, atteint les 6,2 pouces de diagonale. Ce qui rend finalement l’appareil très maniable. Certes, le pouce ne pourra pas couvrir toute la zone d’affichage, mais il sera tout à fait envisageable d’utiliser le Meizu 16s d’une seule main.

Meizu a eu le bon sens d’opter pour une dalle Super AMOLED. Sans être la plus lumineuse du marché, elle s’en sort très bien. Les contrastes sont bien marqués et les couleurs sont bien entendu assez vives, mais il sera possible de prendre la main sur cette variable en se rendant dans les options de la plateforme. Quatre profils nous seront proposés : adaptif, standard, photo et dynamique.

Si vous optez pour le premier choix, alors la plateforme se chargera de régler la colorimétrie à votre place en fonction de votre usage. Elle ne se limitera d’ailleurs pas aux couleurs puisqu’elle prendra aussi la main sur la saturation et sur la netteté.

Super AMOLED oblige, le Meizu 16s excellera dans un usage multimédia. Regarder ds films ou des séries sur cette dalle est ainsi un véritable régal pour les yeux, d’autant que l’image n’est pas coupée, que ce soit par une encoche ou un trou. Et ça, finalement, ce n’est pas négligeable par les temps qui courent.

Concernant le processeur, Meizu est parti sur un Snapdragon 855. La puce est épaulée par un Adreno 640 et combinée à 8 Go de mémoire vive. Et autant être clair, elle suffira à tous les usages et elle vous permettra même d’affronter sereinement l’avenir. Antutu lui a accordé 350000 points.

Le Snapdragon 855 offre en effet une puissance de calcul très confortable et il sera ainsi possible de jouer à tous les gros titres du Play Store avec tous les détails à fond. Ce qui n’est évidemment pas surprenant.

Du coup, si vous jouez pas mal sur mobile, le Meizu 16s saura vous faire honneur. D’autant que la chauffe est maîtrisée. J’ai pu faire quelques parties de PUBG Mobile sans le moindre souci et sans avoir trop chaud aux doigts.

Côté batterie, Meizu est partie sur une capacité de 3600 mAh. Et on ne va pas se mentir, ce n’est pas énorme.

Fort heureusement, le constructeur a bien optimisé sa plateforme et le 16s pourra tenir la journée sans la moindre difficulté. Il sera même possible de le pousser à une journée et demie en désactivant les services inutilisés.

Alors après, j’ai bien entendu fait tourner PC Mark sur le téléphone pour avoir une vision un peu plus précise de l’autonomie du terminal. Il a tenu très exactement 13 heures.

Et j’ai aussi fait appel à un benchmark pour évaluer les débits de son modem. Plus précisément à nPerf, à partir de mon abonnement Sosh. J’ai fait tourner l’application à plusieurs reprises de la région parisienne et à différents moments de la journée pour établir une moyenne.

Le Meizu 16s a atteint les 92 mbps en réception et les 44 mbps en émission, avec une latence de 31 ms. Les scores atteignent les 87 % en web et les 93 % en vidéo.

Une coque toute en rondeurs pour le Meizu 16s.

Photo, Vidéo & Son

Niveau design, le Meizu 16s ne manque pas de charme. Idem pour la partie plus technique. Mais qu’en est-il de tout ce qui a trait à la photo, à la vidéo et au son ? Le moment est venu de nous pencher sur cet épineux sujet.

À l’arrière, le Meizu 16s laisse apparaître un module double composé d’un capteur de 48 millions de pixels couronné d’un grand angle ouvrant à f/1.7 et d’un second capteur de 20 millions de pixels censé être accompagné d’une optique proposant un zoom 2x.

Pourquoi censé ? Tout simplement parce que ce n’est pas vraiment le cas dans les faits. Et nous aurons l’occasion d’en reparler un peu plus loin.

De jour, le Meizu 16s est plutôt efficace. Sans pour autant pouvoir rivaliser avec un iPhone 11 Pro ou un Pixel 3, il sera tout de même en mesure de prendre de belles photos, avec un piqué correct, un contraste assez marqué et une colorimétrie des plus convenables.

La mise au point est rapide et elle tombe juste dans la plupart des cas. Pas d’effet de pompage particulier à déplorer.

Lorsque la lumière baisse, le Meizu 16s voit ses performances s’écrouler. Les clichés sont moins nets et des artefacts ont malheureusement tendance à apparaître dans les ombres. Et bien sûr, plus la lumière baissera et plus la dégradation sera importante.

Et ce sera encore pire si vous avez le malheur de basculer sur le second capteur. La faible ouverture de l’optique ne permettra pas de compenser le manque de lumière.

Sur le papier, le Meizu 16s est censé proposer un zoom 2x. Il aurait été logique que ce dernier soit  un zoom optique, mais ce n’est pas le cas. En réalité, si l’on en croit les données EXIF associées aux photos, alors les deux optiques embarquées seraient des grands angles, avec une focale un peu plus serrée pour le second capteur. Le zoom proposé est donc un zoom hybride reposant à la fois sur un zoom optique et sur un zoom numérique. Ce qui explique la différence de piqué entre les deux capteurs.

Côté vidéo, le Meizu 16s pourra filmer en 4K, mais il devra se limiter à une cadence de 30 images par seconde. Pas de 60 ips au programme, donc. Le piqué n’est pas mauvais pour sa part, de même pour la dynamique et la colorimétrie, mais la stabilisation est de son côté très perfectible et il sera donc impératif d’investir dans un gimbal.

Le bilan est donc assez mitigé sur le terrain de la photo et de la vidéo. L’application a au moins le mérite d’être fournie. Le mode portrait répond ainsi à l’appel, de même pour le mode nuit. Avec, une fois encore, des résultats assez mitigés et nettement moins bons que ce qu’il est possible d’obtenir avec un Pixel 3 ou 3a.

Concernant le son, il faut commencer par signaler que la prise casque n’est plus là. Il faudra donc se rabattre sur le sans-fil et là tout dépendra principalement de la qualité de votre casque ou de vos écouteurs.

Les haut-parleurs sont au nombre de deux. On en trouvera un entre le haut de l’écran et la bordure supérieure du téléphone. Le deuxième est placé sur la tranche inférieure.

Le Meizu 16s sera donc en mesure de produire un son en stéréo. C’est bien, mais les haut-parleurs sont malheureusement assez criards et ils manquent cruellement de profondeur.

Un écran sans trou ni encoche, plutôt rare par les temps qui courent.

Plateformes & Fonctions

Le Meizu 16s est le premier appareil de la marque que je teste. J’étais donc très intrigué à l’idée de tester Flyme OS, la surcouche de la marque. Une surcouche qui m’a pas mal séduit.

Esthétiquement et ergonomiquement parlant, on reste sur de l’Android. On a donc toujours une présentation sur plusieurs écrans d’accueil.

Le drawer passe en revanche à la trappe. Les applications installées viendront ainsi directement se placer sur les écrans d’accueil et il faut avouer que c’est dommage. Surtout pour celles et ceux qui ont tendance à installer des centaines d’applications sur leur téléphone.

Pas de gros changements au niveau du centre de notifications. Il fait bien cohabiter les réglages rapides et les alertes des applications. Le tout avec des visuels très dépouillés et très agréables.

De manière plus générale, Meizu a fait en sorte de nous pondre l’interface la plus épurée possible et le résultat est vraiment convaincant. On se sent tout de suite comme chez soi.

Et puis surtout, la marque nous laisse le choix. Cela vaut notamment pour le système de navigation puisqu’il sera possible, au choix, de conserver les boutons tactiles ou de partir sur un système de gestures.

Tout est donc assez clair et cela vaut notamment pour l’écran des options. Meizu les a très bien organisées et on trouvera rapidement ce que l’on cherche.

Rien à dire non plus du côté de la biométrie. La reconnaissance faciale fonctionne bien, sauf en pleine nuit. Le lecteur d’empreintes s’est révélé très réactif pour sa part.

Le vrai problème, finalement, vient de la profusion des applications préinstallées sur le terminal. En plus des outils de Google, on trouvera ainsi une dizaine d’outils maison dont on aura que faire. Des outils qu’il faudra donc prendre le temps de désinstaller. J’aurais vraiment préféré que la marque ait la main un peu plus légère de ce côté-là.

Meizu est parti sur une dalle AMOLED. Un très bon choix.

En Conclusion

Le Meizu 16s ne réalise clairement pas un sans-faute. Si le téléphone a du charme et s’il est doté d’une fiche technique des plus solides, ce sont finalement ses piètres performances en photo qui gâchent le plus la fête. Quel dommage aussi que la surcouche ne soit pas un peu plus épurée, notamment au niveau des applications !

Maintenant, si la photo n’est pas une priorité pour vous, alors le Meizu 16s est une alternative à considérer.

 

Le Meizu 16s est facile à manipuler d’une seule main.

Le Snapdragon 855 embarqué à bord du Meizu 16s viendra à bout de tous les titres du Play Store.

DESIGN & ERGONOMIE8
ECRAN8.5
PUISSANCE & AUTONOMIE9
PHOTO, VIDEO & SON7
PLATEFORME & FONCTIONS7.5
RAPPORT QUALITE/PRIX7.5
Le Meizu 16s est un bon téléphone, mais quel dommage qu'il n'aille pas plus loin sur le terrain de la photo.
7.9
Mots-clés meizumeizu 16s