Test du Samsung Galaxy Z Fold 3

Samsung m’a confié pendant une grosse semaine le Galaxy Z Fold 3. L’occasion de sortir de ma zone de confort et de changer un peu mes habitudes de mobinaute.

Et de trois ! Samsung a présenté cet été la troisième génération du Galaxy Z Fold. 

Le Galaxy Z Fold 3 replié
Le Galaxy Z Fold 3 en position refermée – crédits Fred

Vous avez pu avoir un aperçu de cet appareil hors du commun dans ma prise en main, mais vous vous demandez sans doute s’il est vraiment fait pour vous.

Sauf qu’en réalité, il est possible que vous preniez le problème sous le mauvais angle. La question n’est en effet pas de savoir s’il est fait pour vous, mais plutôt si vous êtes fait pour lui. 

Parce qu’au final, ce n’est pas lui qui va devoir s’adapter à vos attentes. C’est plutôt vous qui allez devoir changer vos habitudes pour l’exploiter comme il le mérite. Et ça, fondamentalement, ça change absolument tout.

Un téléphone exigeant

La première idée qui s’impose à nous lorsqu’on sort le Galaxy Z Fold 3 de sa boîte, c’est qu’il ne ressemble à aucun autre appareil. Peu importe le téléphone que vous aviez avant lui, si ce n’était pas un Fold, alors il ne ressemblera pas à votre nouveau smartphone.

Mais cette différence n’a pas uniquement trait au look du téléphone, ou même à ses finitions. Le changement est en réalité bien plus profond et il va au-delà de toutes les innovations qui ont pu être imaginées ces dernières années.

Le Galaxy Z Fold 3 n’est pas en effet vraiment un smartphone. Et d’une certaine manière, ce n’est pas non plus une tablette. Il est les deux à la fois, ou peut-être quelque chose d’entièrement nouveau.

Une conclusion qui frappe dès que l’on saisit le téléphone en main et lorsque ce dernier est en position fermée. 

Le Galaxy Z Fold 3 est en effet beaucoup plus épais que tous les autres smartphones du marché. Il l’est même deux fois plus. Et si cet embonpoint était assez déstabilisant durant les premiers jours passés en sa compagnie, il s’est finalement avéré plus un atout qu’un défaut.

L'écran extérieur du Galaxy Z Fold 3
L’écran extérieur est de très bonne qualité – crédits Fred

Je le répète souvent, mais le design n’est pas qu’une affaire de look. Il doit avoir du sens. Parce qu’il n’en a pas, alors ce n’est rien de plus que de la décoration. 

Et là, en l’occurrence, ce bel embonpoint rend l’appareil beaucoup plus maniable en position fermée. 

La tranche vient ainsi prendre appui contre la paume de la main, fermement calée. Le pouce peut alors se déplacer plus facilement à la surface de l’écran externe, d’autant que ce dernier est beaucoup plus étroit que la normale. Si ce format surprend beaucoup au départ, il s’avère proprement redoutable puisque le pouce a du même coup accès à davantage d’éléments. Il n’est ainsi plus nécessaire de se contorsionner pour aller chercher des boutons ou des touches placées sur la droite.

Alors bien sûr, au début, la faible largeur de cet écran surprend. Elle rebute, même. Comment voulez-vous regarder une série sur un écran aussi allongé, après tout ?

Mais la réponse finit par s’imposer d’elle-même : il n’est pas là pour ça.

Si le Galaxy Z Fold 3 intègre deux écrans, ce n’est en effet pas par coquetterie ou pour l’exploit technique. Encore une fois, son format vient servir un usage. Il répond donc à des attentes spécifiques.

Durant cette semaine de test, il m’est donc très vite apparu que les deux écrans du téléphone n’étaient pas faits pour la même chose. J’ai ainsi pris l’habitude de consulter mes messages et mes mentions sur l’écran externe et de ne déplier le Galaxy Z Fold 3 que pour consommer davantage de contenu. Du multimédia, bien sûr, mais aussi des sites ou encore des mangas au format numérique.

Soyons clairs, au début, ce format déconcerte beaucoup. Il nécessite en effet de sortir de sa zone de confort et d’accepter du même coup de changer ses habitudes. Toutefois, ce qui m’apparaissait au début comme une contrainte a fini par s’imposer comme une philosophie totalement différente. 

Le bas de l'écran du Galaxy Z Fold 3
La bordure inférieure de l’écran externe du Galaxy Z Fold 3 – crédits Fred

Deux écrans complémentaires

Ce qui nous amène finalement au coeur de ce test. Comment jongler au quotidien avec deux écrans ?

Chacun se fera sans doute son propre avis sur la question. En ce qui me concerne, je suis parti d’un constat, à savoir que l’utilité d’un écran est principalement conditionnée par sa taille.

L’écran externe s’est imposé de lui-même pour toutes les consultations ponctuelles, qu’il s’agisse de répondre à un message ou à une mention ou même de consulter rapidement mon Feedly pour me tenir au courant des dernières actualités du jour. Il s’est également avéré très utile en situation de mobilité, et pour toutes les raisons que je viens de vous évoquer.

Sa largeur réduite le rend en effet très agréable et très facile à manipuler, ce qui permet du même coup de conserver une totale autonomie de l’autre main.

L’écran intérieur, de son côté, s’est naturellement imposé pour la lecture de vidéos, de films, ou de séries, mais pas seulement. Je l’ai aussi trouvé redoutable pour de longues saisies, notamment en raison du fait que Samsung a eu l’intelligence de scinder le clavier virtuel en deux lorsqu’on bascule dessus. Nous aurons d’ailleurs l’occasion de reparler un peu plus tard de toutes les optimisations logicielles apportées par la marque.

Le Galaxy Z Fold 3 tient bien en main
Le Galaxy Fold 3 en main – crédits Fred

Mais la force du Galaxy Z Fold 3, c’est qu’il ne s’arrête pas seulement à ces deux états. Il peut aussi prendre des positions intermédiaires, des positions qui le rendent encore plus flexible.

Supposons par exemple que vous souhaitiez regarder une série pendant le déjeuner. Le premier réflexe sera d’ouvrir votre Fold et de le poser contre une bouteille d’eau, une batterie ou n’importe quel autre objet trainant dans les parages. Sauf que si vous le faites, alors il y aura toujours un risque que le téléphone tombe ou glisse.

Plutôt que de tenter le diable, il vous suffira de l’ouvrir à moitié. Vous pourrez alors utiliser la partie inférieure de sa structure comme un pied pour le faire tenir à la verticale. Et bien sûr, ça fonctionne dans les deux sens et cela marche avec toutes les applications. YouTube, Netflix, ADN et ainsi de suite. D’ailleurs, si vous avez peu de place, vous pourrez même le retourner complètement et le placer en mode tente.

Il y a en revanche une petite subtilité à connaître. Par défaut, lorsque vous lancez une application depuis l’écran extérieur et que vous ouvrez le téléphone, l’application bascule automatiquement en grand format sur l’écran intérieur. L’inverse n’est en revanche pas vrai.

Si vous lancez une application sur l’écran interne et que vous refermez le téléphone, il se verrouillera. Il suffit cependant de vous rendre dans les paramètres de la plateforme pour pouvoir autoriser certaines applications à basculer de l’écran interne vers l’écran externe. 

Cette adaptabilité, le Galaxy Z Fold 3 la doit à sa charnière. Une charnière robuste et qui permet maintenir immobiles les deux parties du terminal quel que soit l’angle choisi. Il faut d’ailleurs rappeler que le premier Fold n’offrait pas autant de flexibilité. Il a en effet fallu attendre le Fold 2 pour voir apparaître cette nouvelle charnière, une charnière qui reste d’ailleurs inchangée sur ce nouveau modèle.

En revanche, si la charnière est inchangée, ce n’est pas le cas des éléments qui protègent le terminal. Il n’y en effet plus aucun jeu et le Fold 3 se paye même le luxe d’être certifié IPX8. Il est donc résistant à l’eau, ce qui est une première pour un smartphone pliant.

Le Galaxy Z Fold 3 en main
Le Galaxy Z Fold 3 est assez lourd, mais il reste agréable à manipuler – crédits Fred

Le stylet n’est (peut-être) pas optionnel

L’écran intérieur du Galaxy Z Fold 3 a cependant une autre particularité : il prend en charge le S Pen.

Samsung a en effet réussi une prouesse que l’on peut qualifier d’incroyable. La marque a en effet rendu l’écran interne compatible avec les stylets. Le Galaxy Z Fold 3 sera ainsi accompagné de deux stylets vendus en option : le S Pen Fold Edition et le S Pen Pro.

Et là, je vais me permettre de marquer une pause. Il y a en effet un point important à prendre en compte. 

Si tous les S Pen sont bien compatibles avec le Fold 3, il sera impératif de ne pas utiliser vos anciens stylets avec l’appareil.

En effet, le S Pen Fold Edition et le S Pen Pro ont une particularité bien à eux : une mine qui se rétracte lorsque la pression devient trop forte. 

Si vous utilisez un stylet traditionnel, vous risquez donc de griffer l’écran de votre Fold 3.

Le Galaxy Z Fold 3 en mode prise de notes
Le S Pen Fold Edition en pleine action – crédits Fred

Pas de processus de connexion compliqué à mener en tout cas. Pour que le S Pen Fold Edition soit reconnu par le Fold 3, il suffit de l’approcher de son écran. Le téléphone reconnaîtra automatiquement l’accessoire et vous pourrez alors l’utiliser pour prendre des notes manuscrites ou même pour faire quelques croquis.

Et ça fonctionne bien. Le Fold 3 sera en effet capable de reconnaître la pression exercée sur la mine et l’apparence du tracé changera en conséquence. On appréciera également la faible latence du stylet : chaque mouvement est retranscrit instantanément sur l’écran. Les tracés sont donc extrêmement fluides et on se rapproche très clairement des sensations d’un vrai cahier et d’un vrai stylo.

Je craignais bien entendu que le pli central de l’écran interne ne vienne tout gâcher, mais ce n’est pas le cas. 

En dépit du léger creux de la zone, on conserve en effet un tracé assuré et je n’ai pas constaté la moindre déviation, du moins rien qui soit visible à l’oeil nu.

Mais en terme d’usage, est-ce que le support du S Pen change réellement la donne ?

Clairement, vous êtes le ou la seule à pouvoir répondre à cette question. Mais si vous avez l’habitude de prendre des notes en réunion ou de coucher vos idées sur le papier, alors je pense sincèrement que le S Pen Fold Edition va très vite devenir incontournable. Même chose si vous avez l’habitude de faire des schémas pour mieux structurer votre pensée.

Le Galaxy Z Fold 3 en mode retouche de photos
Le S Pen Fold Edition est aussi redoutable sur Lightroom – crédits Fred

Mais attention, car le S Pen ne sera pas uniquement utile dans la prise de notes. Il peut également s’avérer redoutable sur certaines applications, comme Lightroom par exemple. Sa mine sera en effet beaucoup plus précise que vos doigts et l’accessoire vous permettra du même coup de procéder à des retouches plus précises.

Côté rangement, en revanche, il faudra vous assoir sur le compartiment. Le Fold 3 en est effectivement dépourvu. La seule solution sera donc d’investir dans une housse spéciale, une housse qui intègre un emplacement pour le stylet, mais qui ne m’a pas été envoyée.

Le stylet, de son côté, s’accompagne tout de même d’une petite housse pour le protéger. Si vous voulez le fond de ma pensée, j’aurais vraiment aimé un système d’attache magnétique pour pouvoir coller le S Pen sur la charnière du téléphone par exemple.

Une photo du Galaxy Z fold 3 vu sur le côté
La charnière du Galaxy Z Fold 3 – crédits Fred

Une fiche technique à l’épreuve du temps

Le Galaxy Z Fold 3 vient se positionner sur un segment haut de gamme et cela s’en ressent bien entendu sur la fiche technique de l’appareil.

Samsung n’a effectivement fait aucun compromis, et cela vaut notamment pour les écrans. A l’extérieur, on retrouve donc une dalle Dynamic AMOLED 2X de 6,2 pouces qui peut atteindre une résolution en 832 x 2268 et qui a le mérite d’atteinte un taux de rafraichissement de 120 Hz. C’est d’ailleurs aussi le cas de l’écran intérieur. Un écran qui atteint cette fois une diagonale de 7,6 pouces avec une résolution en 2 208 x 1 768.

Mais au-delà de cette débauche de chiffres, que valent réellement ces deux écrans ? La réponse est simple : ils témoignent une fois encore de l’expertise de Samsung Display.

Dans les deux cas, nous nous retrouvons en effet face à des dalles de très bonne qualité, des dalles très lumineuses et capables d’afficher de beaux contrastes, avec une colorimétrie extrêmement riche et qui sert à merveille tous les usages axés sur le multimédia.

Il y a cependant une différence notable entre les deux écrans présents à bord du Fold 3 : la caméra frontale.

L'écran interne du Fold 3
L’écran interne du Galaxy Z Fold 3 – crédits Fred

Pour l’écran intérieur, Samsung a en effet choisi de placer la caméra sous la dalle de l’écran afin de la faire disparaître totalement. Sauf que dans les faits, elle reste tout de même très visible.

Le problème vient en effet de la densité des pixels présents dans la zone. Pour laisser la lumière passer et atteindre le capteur, le constructeur a été obligé de la diminuer et il est du coup possible de voir à l’oeil nu les pixels composant la zone. Surtout lorsque le fond est clair.

Je vais être honnête, au début, cette caméra frontale m’a beaucoup déçu. Et puis, j’ai commencé à regarder beaucoup de séries et beaucoup d’animes sur le Fold 3. Jusqu’au moment où j’ai fini par oublier complètement cette caméra frontale.

Et si je l’ai oublié, c’est finalement pour une raison assez logique. Lorsqu’on regarde un film, ou lorsqu’on joue à un jeu, notre attention se porte sur le centre de l’écran. Là où l’action se passe. Par extension, tout ce qui se trouve en périphérie finit par devenir un peu flou. 

C’est la raison pour laquelle la caméra frontale du Fold 3 finit réellement par devenir invisible. Maintenant, j’espère tout de même que la prochaine génération ira plus loin. D’autant que cette caméra frontale est loin d’être parfaite, comme on en reparlera un peu plus tard.

Et le pli, alors ? C’est la question qui est le plus revenue dans la petite enquête que j’ai lancée sur Instagram. Vous avez en effet été très nombreux à me demander si ce dernier n’était pas gênant en jeu ou dans les films.

Le dos du Fold 3 lorsqu'il est déplié
Le Galaxy Z Fold 3 déplié – crédits Fred

En réalité, tout va dépendre de l’angle de vision et de ce qui est affiché à l’écran. Avec des couleurs sombres et lorsque le Fold 3 est placé complètement face à soi, le pli disparaît. En revanche, il est beaucoup plus présent sur des fonds très clairs ou lorsqu’on regarde le téléphone par au-dessous ou en dessous.

Maintenant, l’un dans l’autre, on finit vraiment par s’y habituer.

Pas de mauvaise surprise au niveau de la puissance. Samsung a en effet opté pour un Snapdragon 888 couplé à 12 Go de mémoire vive, et avec 256 ou 512 Go de stockage non extensibles. 

Et autant être clair, le Fold 3 n’a pas bronché ne serait-ce qu’une seule fois durant cette grosse semaine passée en sa compagnie. Je n’ai pas constaté la moindre latence, même en pleine partie et avec de gros jeux. Le contraire aurait de toute manière été surprenant compte tenu de la puissance de calcul de la puce de Qualcomm.

J’avais un peu plus de doutes sur l’autonomie. En soi, la batterie de 4 400 mAh est plutôt généreuse, mais on parle tout de même d’un téléphone qui a deux écrans, dont un qui flirte avec les 8 pouces de diagonales. Je m’attendais donc au pire, mais j’ai été agréablement surpris.

Concrètement, j’ai fini tous les jours avec de 20 à 25 % de batterie restante, et ce alors même que je n’ai utilisé que le Fold 3 durant cette semaine de test. J’ai en effet délaissé tous les autres téléphones, mais aussi mon iPad Pro pour m’immerger complètement dans l’expérience.

L'écran intérieur du Galaxy Z Fold 3
Un écran proprement saisissant – crédits Fred

La photo sous tous les angles, mais avec des limitations

Il n’y a pas grand changement sur la photo. La proposition du Galaxy Z Fold 3 est en effet similaire à celle du modèle précédent.

A l’arrière, on va donc trouver un module composé de trois capteurs.

Le premier atteint une définition de 12 millions de pixels et il est associé à un grand angle ouvrant à f/1.8.

Pour l’accompagner, on aura un second capteur de 12 millions de pixels lui aussi, cette fois avec un ultra grand angle ouvrant à f/2.2.

Le troisième capteur propose lui aussi la même définition, mais avec un téléobjectif doté d’un zoom optique 2x.

On a donc un total de trois longueurs focales. Et si le Galaxy Z Fold 3 est capable de prendre de belles photos, il reste tout de même un peu en dessous de ce que l’on attend généralement d’un smartphone positionné sur ce segment tarifaire.

De jour, le Galaxy Z Fold 3 se défend assez bien. Il est en effet capable d’obtenir des images très piquées et de générer de beaux flous pour mettre en valeur les sujets, même sans avoir à basculer sur le mode portrait.

La dynamique reste en revanche perfectible, notamment sur les ombres. Le traitement a en effet tendance à forcer un peu le contraste. Les couleurs, pour leur part, restent assez naturelles pour peu que l’on désactive les fonctions liées à l’IA.

Plus globalement, j’ai apprécié le rendu des textures. Le Fold 3 est capable de récupérer pas mal de détails sur les murs, par exemple, ou même les feuilles et la peau.

En intérieur ou sous une lumière artificielle, le Fold 3 reste efficace et il est une fois encore capable de restituer des images piquées avec de beaux effets de flou. La dynamique est toujours perfectible dans les ombres en revanche et elles auront souvent tendance à être très bouchées.

J’ai aussi remarqué que le téléphone avait souvent tendance à être ébloui sur des scènes très contrastées, ce qui dénote une fois encore d’un manque de dynamique au niveau des capteurs.

De nuit, il sera préférable de basculer sur un temps de pose plus long en activant le mode dédié. Le Galaxy Z Fold 3 aura d’ailleurs pour avantage de pouvoir tenir facilement à la verticale grâce à son format. Et il faut bien le reconnaître, cela lui confère un plus non négligeable.

En revanche, si vous shootez à main levée, vous perdrez inévitablement en détails. Les photos seront un peu plus floues et elles deviendront vite inexploitables.

La montée en sensibilité m’a aussi laissé sur ma faim. Les photos restent assez granuleuses dès que la lumière vient fortement à manquer.

On a trois vraies focales sur le Galaxy Z Fold 3. Le grand angle se montre plutôt efficace, avec une belle flexibilité. 

L’ultra grand angle, en revanche, m’a plus déçu. Il est très sujet à l’éblouissement et le piqué est nettement moins convaincant que sur le grand angle. On obtient de ce fait des photos plus lissées et avec moins de détails. Quant à la déformation, elle reste prononcée.

Le zoom optique est plutôt efficace, mais il se limite à un grossissement en 2x. Et autant vous prévenir, il sera déconseillé de monter plus haut, sous peine de se retrouver avec des photos très floues.

Un portrait pris avec le Fold 3

Les portraits sont plutôt convaincants. Encore une fois, le Fold 3 a tendance à produire des images très contrastées, mais elles sont finalement assez flatteuses. Le flou est aussi bien géré, avec un détourage qui reste cependant très perfectible, notamment au niveau des cheveux.

Pour les selfies, le Fold 3 tire clairement son épingle du jeu. Et ce pour une raison finalement assez évidente, il propose trois façons différentes de se prendre en photo.

La première sera de laisser le téléphone replié et de capturer un selfie avec la caméra frontale logée dans son poinçon. Les résultats sont plutôt corrects et le capteur de 10 millions de pixels s’en sort bien dans la plupart des situations.

La seconde solution est sans doute la moins bonne d’entre toutes. Elle consiste en effet à se prendre en photo avec la caméra frontale placée sous l’écran interne. Une caméra qui se limite malheureusement à une définition en 4 millions de pixels et donc l’efficacité laisse très clairement à désirer. Les photos sont en effet très bruitées et elles manquent cruellement de détails. La dynamique laisse elle aussi à désirer. Et en fin de compte, ce capteur sera surtout utile pour de la visio conférence.

Ce qui nous amène à la troisième solution : se tirer le portrait avec la caméra arrière. En appuyant sur un bouton dans l’application, vous pourrez en effet basculer sur ce module et afficher sur l’écran extérieur un retour pour vous aider à vous cadrer. Cerise sur le gâteau, pour déclencher, vous n’aurez même pas besoin de poser le doigt sur le téléphone et il suffira d’un simple geste de la main.

Les vidéos ne m’ont pas laissé un souvenir impérissable. On peut filmer en 4K à 30 ou 60 images par seconde, mais la fonction de stabilisation nous contraindra à basculer en 1080p, ce qui gâche un peu la fête.

La qualité déçoit aussi, avec des images qui manquent de piqué et des artefacts qui apparaissent très vite dans les zones les moins éclairées.

Le Fold 3 en mode tablette
Une tablette dans un smartphone – crédits Fred

Une plateforme qui se plie en deux pour vous (il fallait un jeu de mots)

Concernant la plateforme, Le Galaxy Z Fold 3 tourne bien entendu sur la dernière version de One UI, une version que nous avons déjà évoquée au travers de précédentes vidéos.

Pour ce test, j’ai donc choisi de me focaliser sur les particularités propres au terminal, et donc sur deux fonctions bien précises : le multitâche et le mode Flex.

Le multitâche fonctionne à première vue comme sur tous les appareils de la marque. On lance une application, on fait apparaître la barre latérale, on prend l’icône d’une autre application et on la glisse sur une moitié de l’écran.

Bien sûr, il est aussi possible de passer par le multitâche et d’appuyer longuement sur l’icône d’une fenêtre pour voir apparaître un menu permettant de basculer sur l’affichage fractionné. Auquel cas, il faudra simplement sélectionner l’outil à ouvrir dans l’autre moitié de la fenêtre.

Un Galaxy Z Fold 3 en mode tablette
Le Galaxy Z Fold 3 est clairement tourné vers le multimédia – crédits Fred

Toutefois, le Fold 3 va un peu plus loin et le terminal permet aussi d’ouvrir une troisième application dans la partie basse de la colonne de gauche ou de droite. Il est donc possible de garder à l’écran trois applications différentes. Un combo que vous pourrez même enregistrer et stocker sous la forme d’une icône intégrée à la barre latérale, pour l’ouvrir plus vite ensuite. A noter que ce dernier sera aussi accessible depuis le multitâche.

Ce système de combo est bien pensé, et il facilite surtout les opérations en multitâche puisqu’il est parfaitement possible d’en enregistrer plusieurs. Mais surtout, la diagonale généreuse de l’écran interne rend le multitâche beaucoup plus confortable.

Cela vaut d’ailleurs aussi pour l’affichage contextuel qui permet d’ouvrir une application dans une fenêtre volante sur l’écran. Une fois encore, le Galaxy Z Fold 3, par la surface d’affichage de son écran interne, se prête très bien à cet usage.

Le mode Flex, de son côté, est propre à la famille des Fold et il permet finalement de tirer pleinement parti de leur forme grâce à des fonctions intuitives et bien pensées. Des fonctions comme le système qui permet de se prendre en selfie avec le module photo arrière par exemple.

Mais en prime, on a aussi droit à deux ou trois petits trucs en plus.

Le Galaxy Z Fold 3 debout
Le Galaxy Z Fold 3 en mode tente – crédits Fred

Et le plus important de tous, finalement, ce sont les fonctions associées à l’écran interne, lorsque ce dernier est à moitié replié.

Si vous lancez YouTube et que vous refermez à moitié le téléphone, par exemple, alors la vidéo apparaîtra sur la partie supérieure tandis que les contrôles seront automatiquement déportés sur la partie inférieure.

Même chose, si vous ouvrez la galerie et que vous refermez à moitié le téléphone, alors la photo ouverte apparaîtra en haut et vus trouverez en bas un pavé tactile pour naviguer plus facilement et effectuer par exemple des zooms.

Et ça fonctionne aussi avec l’appareil photo. D’ailleurs, ici, le mode Flex peut même s’avérer très redoutable puisqu’il facilite le cadrage en déportant le retour sur la partie haute de l’écran et les contrôles sur la partie basse.

Je pourrais continuer comme ça pendant longtemps. Samsung a en effet procédé à de nombreuses optimisations et il sera même possible d’afficher une Visio sur la partie supérieure de l’écran et de prendre des notes au stylet sur la partie inférieure.

D’ailleurs, d’une certaine manière, c’est peut-être ce qui m’a le plus marqué lors de cette grosse semaine passée en compagnie du téléphone. Samsung ne s’est pas uniquement focalisé sur la partie technique et on sent que la firme a aussi beaucoup réfléchi aux usages permis par le format unique du Galaxy Z Fold 3.

Un choix qui me semble très judicieux.

Le poinçon de l'écran externe du Fold 3
Le sommet de l’écran externe du Fold 3 – crédits Fred

Le téléphone de vos rêves ?

Je parle, je parle, et je me rends compte que cette vidéo devient extrêmement longue. Je m’en excuse, mais j’avais beaucoup à dire au sujet de ce téléphone pas tout à fait comme les autres.

Maintenant, le moment est sans doute venu d’apposer le point final à ce test et de répondre à la question posée dans son titre : êtes-vous réellement fait pour le Fold 3 ?

La réponse sera simple. Si vous êtes prêt à sortir de votre zone de confort et à changer vos habitudes pour vous tourner vers un appareil plus flexible et davantage tourné vers la productivité, alors le Fold 3 est une très bonne option.