Test du Sony Xperia Z5

Sony a eu un début d’année assez difficile et il était même question pendant un temps que le constructeur quitte définitivement le secteur de la téléphonie mobile. Cela n’a cependant pas été le cas et il a même profité du dernier IFA pour présenter trois nouveaux téléphones positionnés sur le haut de gamme : le Xperia Z5 Compact, le Xperia Z5 et le Xperia Z5 Premium.

Si vous passez régulièrement dans le coin, alors vous savez sans doute qu’il m’a fait parvenir un Z5 le mois dernier. J’avais même publié une prise en main qui s’accompagnait d’une vidéo de quelques minutes.

Test Xperia Z5 : image 1

Le Xperia Z5 vu de dos, avec sa magnifique vitre dépolie.

Cette fois, le moment est venu de passer aux choses sérieuses et d’enchainer ainsi sur le test du téléphone.

Caractéristiques Techniques

Comme à l’accoutumée, on va commencer en rappelant brièvement les caractéristiques techniques du terminal.

Le Xperia Z5 est équipé d’un écran LCD IPS de 5,2 pouces capable d’afficher du Full HD 1080p (1 920 x 1 080) avec toutes les technos habituelles et donc le Triluminos et le X Reality.

Côté processeur, on trouve un Snapdragon 810 cadencé à 2 GHz avec un GPU Adreno 430 et 3 Go de RAM. Il faut savoir que la puce a été spécialement optimisée pour limiter sa chauffe mais nous serons amenés à en reparler un peu plus loin dans l’article.

L’espace de stockage atteint les 32 Go et il sera possible de l’étendre par le biais d’une carte micro SD.

Côté photo, on a un magnifique capteur Exmor RS de 23 millions de pixels surmonté d’une optique 24 mm f/2.0. La mise au point se fera en 0,03 seconde et on pourra monter à 12 800 ISO. La 4K est évidemment au rendez vous mais l’objectif n’est malheureusement pas stabilisé.

La caméra frontale atteint une définition de 5 millions de pixels et elle a aussi droit à une optique grand angle.

Sinon, on a aussi du WiFi 802.11 ac, du Bluetooth 4.1, du NFC, un GPS et du MHL 3.0, avec un lecteur d’empreintes digitales, la Radio FM et une batterie de 2 900 mAh compatible avec le chargement rapide. Pas de chargement sans fil en revanche.

Le Z5 pourra aussi se connecter à des réseaux 4G de catégorie 6 et il est proposé à 699 € en quatre coloris : vert, or, blanc et noir.

Côté prix, il faudra débourser 699 € pour profiter de ses services, hors forfait et donc sans subvention opérateur.

Pour résumer :

  • Ecran IPS LCD de 5,2 pouces.
  • Définition de type Full HD 1080p (1 920 x 1 080).
  • Snapdragon 810.
  • GPU Adreno 430, 3 Go de RAM en LPDDR4.
  • 32 Go de stockage + microSD (200 Go max).
  • Capteur Exmor RS 1/2,3″ de 23 millions de pixels.
  • Optique 24mm f/2.0, autofocus hybride 0,03 seconde.
  • Caméra frontale de 5 millions de pixels.
  • WiFi 802.11 MIMO, Bluetooth 4.1, GPS, NFC, DLNA, MHL 3.0.
  • 4G de catégorie 6.
  • Batterie de 2 900 mAh.
  • Dimensions : 146 x 72 x 7,3 mm.
  • Poids : 154 grammes.
Test Xperia Z5 : image 2

Le Z5 et le Z3, l’un sur l’autre.

Test Xperia Z5 : image 3

Les boutons de volume sont assez bas sur la tranche mais c’est totalement voulu.

Design & Ergonomie

A présent, le moment est venu de nous pencher sur le téléphone en lui-même et plus précisément sur son design et son ergonomie.

Le Xperia Z5 hérite des matériaux des modèles précédents et il se compose ainsi de deux plaques en verre trempée fermement maintenues par un châssis métallique.

Il ressemble beaucoup aux modèles précédents mais ce n’est pas non plus une copie parfaite.

Ses lignes sont un peu plus anguleuses et Sony a opté pour un verre dépoli à l’arrière, pour un effet métal très sympa.

Tous les boutons physiques sont regroupés sur la tranche droite. On va retrouver le bouton de mise sous tension, les deux boutons du volume et le déclencheur physique.

Le bouton de mise sous tension est plat et arrondi. Il dissimule aussi un lecteur d’empreintes digitales. J’avais peur qu’il ne soit pas facile à utiliser mais il suffit de quelques minutes pour s’habituer. Je vous conseille par contre de définir plusieurs empreintes différentes.

Les boutons du volume sont placés un peu trop bas sur la tranche mais là encore c’est vraiment une question d’habitude.

En outre, s’ils sont situés à cet endroit, ce n’est pas complètement par hasard puisqu’ils pourront être utilisés pour zoomer ou dézoomer en mode photo.

Le déclencheur est un véritable régal à utiliser, surtout avec la mise au point à mi course. Si vous shootez beaucoup au réflex ou à l’hybride, vous vous sentirez comme chez vous.

On trouve une seule trappe. Elle est placée sur le flanc gauche et elle donne accès à la carte SIM et à la carte micro SD.

Sony a placé le connecteur sur la tranche inférieure. C’est du micro USB 2.0 et c’est un peu dommage parce que l’USB Type-C se développe de plus en plus.

Il faut savoir que le Z5 peut résister à l’eau et à la poussière mais Sony déconseille de le plonger dans l’eau.

Le constructeur a aussi signé son téléphone en gravant un magnifique “Xperia” sur le flanc gauche. J’aime beaucoup.

Test Xperia Z5 : image 4

Le bouton de mise sous tension abrite un lecteur d’empreintes.

Test Xperia Z5 : image 5

La prise casque est directement accessible, sans cache.

Ecran, Puissance & Autonomie

Sony ne construit pas uniquement des smartphones. Il est aussi très présent sur le marché des télévisions et il maitrise donc bien les technos associées aux écrans.

Pour le Z5, le constructeur a opté pour de l’IPS Triluminos. La dalle offre une meilleure restitution des couleurs tout en consommant moins d’énergie. La définition ne change pas, on est toujours en 1080p, pour une densité de pixels de 423 ppp.

Mais ça donne quoi dans les faits ?

Il s’en tire plutôt bien même si son contraste et sa luminosité laissent un peu à désirer. J’ai l’impression qu’il fait moins bien que le Z3 sur ce terrain là. Pas grand chose à dire au niveau des couleurs. Le rendu est fidèle et il correspond bien à la réalité même si la dalle est (parfois) un peu trop criarde à mon goût.

La couche tactile s’en sort à merveille elle aussi. Elle est extrêmement réactive. Un vrai bonheur à utiliser.

Le Z5 propose pas mal de réglages différents. On pourra activer ou désactiver le X-Reality et prendre la main sur la balance des blancs. On reste donc les seuls maîtres à bord.

Je ne fais pas beaucoup de jeux mais je consomme pas mal de vidéos, notamment sur Netflix. L’écran du Z5 convient bien à ce type d’usage.

Comme indiqué un peu plus haut, le Xperia Z5 est propulsé par un Snapdragon 810 mais Sony a fait de gros sacrifices pour réduire la chauffe de la puce et il a ainsi limité au maximum le fonctionnement des coeurs A57.

Cela veut aussi dire que le SoC ne fonctionnera jamais au maximum de ses capacités et il faut avouer que c’est un peu frustrant.

Le bon côté de la chose, c’est que la puce n’aura aucun mal à faire tourner la plateforme, ni même les films et les séries. Je n’ai pas non plus constaté de ralentissement flagrant au niveau des jeux mais je vous avoue que je ne suis pas vraiment joueur dans l’âme. Enfin pas sur mobile en tout cas. Pour ça, rien ne vaut une vraie console.

Si vous aimez les benchmarks, alors voici les résultats obtenus par le terminal sur AntuTu et Geekbench :

  • AnTuTu : 75 055 points.
  • Geekbench 3 : 1 374 en single-core, 4 202 en multi-core.

Mais qu’en est-il du dégagement de la chaleur ? Le téléphone a tendance à chauffer un peu sur les calculs les plus complexes mais ça reste tout de même très raisonnable et il chauffe nettement moins que mon HTC One M9.

Je ne suis pas un fan de 4K (manque d’équipement) mais je me suis quand même amusé à tourner quelques vidéos sur le Z5. Le téléphone chauffe un peu mais ça reste raisonnable et j’ai l’impression que le phénomène est moins marqué que sur mon Z3.

Le Z5 est équipé d’une batterie de 2 900 mAh. La capacité est moindre que celle du Z3+ et du Z3 mais le téléphone est censé pouvoir tenir deux jours avec une seule charge. C’est possible, bien sûr, mais il faudra renoncer à la 4G et à pas mal de bricoles pour atteindre ce stade.

Sinon, l’autonomie moyenne constatée pour une utilisation normale se situe plutôt autour d’un jour et demi de mon côté.

Bon point en revanche, la charge rapide fonctionne vraiment bien et c’est super confortable de pouvoir recharger son téléphone en une heure. Le truc c’est que Sony ne livre pas le téléphone avec un chargeur et il faut donc le commander à part. Je trouve ça vraiment dommage, d’autant que le Galaxy S6 Edge+ (pris en main ici) est livré avec un chargeur de ce type, lui.

Test Xperia Z5 : image 6

Le téléphone est signé.

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Le Z5 est un des meilleurs photophones du marché.

Photo, Vidéo & Son

DxOMark a placé le Xperia Z5 sur la première place du podium consacré aux smartphones. Il vole ainsi la vedette au Galaxy S6 et au Galaxy S6 Edge.

Mérite-t-il son titre ? C’est ce qu’on va voir tout de suite.

Le Z5 est équipé d’un tout nouveau capteur Exmor RS doté d’une définition de 23 millions de pixels. La stabilisation optique manque à l’appel mais son objectif est tout de même capable d’ouvrir à f/2.0 et on a toujours le SteadyShot derrière.

Selon Sony, le téléphone est aussi censé faire la mise au point en 0,03 seconde. Ce n’est pas simple à mesurer mais il est effectivement rapide et c’est évidemment très appréciable lorsqu’on veut prendre en photo un sujet en mouvement comme un animal sauvage ou ma fille, ce qui revient un peu à la même chose quand elle n’a pas son goûter à l’heure.

Il y a tout de même un détail étrange. Lorsque le téléphone capture la photo, cette dernière semble floue pendant une ou deux secondes mais tout rentre dans l’ordre ensuite.

En pratique, le capteur du Z5 est réellement exceptionnel et il est capable de délivrer des clichés de très bonne qualité avec un piqué remarquable et une belle dynamique dans les hautes et dans les basses lumières.

Le terminal est à l’aise avec toutes les photos et cela vaut pour les portraits, bien sûr, mais également pour la photo de paysage ou même pour les photos en macro. Attention cependant car il faudra veiller à ne pas trop approcher le téléphone de son sujet, sous peine de perdre la mise au point.

J’avais un peu peur que l’ouverture de l’objectif montre rapidement ses limites en basse luminosité mais ce n’est pas du tout le cas et je n’ai vu aucune différence flagrante avec le Samsung Galaxy S6 Edge ou même le LG G4.

Pour la vidéo, le stabilisateur manque un peu, c’est vrai, mais le Xperia Z5 se débrouille très bien quand même. Le piqué est au rendez-vous et il en va de même pour la dynamique.

En revanche, les couleurs sont parfois un peu trop saturées mais c’est typiquement le genre de choses qui se corrige assez facilement en post production.

L’application fournie par Sony est à la fois simple et accessible. On retrouve le côté modulaire et il sera parfaitement possible de lui ajouter des modes de prise de vue à la volée.

Par défaut, on aura le choix entre le mode automatique+, la vidéo et le mode manuel. Ce dernier nous permettra de prendre la main sur pas mal de réglages différents mais il ne va pas aussi loin que l’application proposée par LG et le RAW manque cruellement à l’appel.

Bon point en revanche, elle propose pas mal de formats différents. Il sera d’ailleurs préférable de shooter systématiquement en 23 millions de pixels pour conserver le maximum de piqué possible. Si vous basculez en 8 millions de pixels, alors vous risquez de perdre pas mal de détails.

Mais qu’en est-il du son ? La prise casque manque un peu de puissance malheureusement et il en va de même pour les hauts-parleurs frontaux. Ils sont loin d’égaler ceux du M9.

Après, ça reste tout de même raisonnable et on peut regarder le dernier épisode de sa série préférée au fond du lit sans problème.

Test Xperia Z5 : image 11

L’appareil photo est doté d’une interface minimaliste.

Test Xperia Z5 : image 12

On peut installer de nouveaux modes de prise de vue à la volée.

Surcouche & Fonctions

Maintenant que nous avons passé en revue l’aspect technique du terminal, le moment est venu de nous pencher sur sa plateforme et sur ses fonctions.

Contrairement à la plupart de ses concurrents, Sony a fait le choix de se rapprocher au maximum de la ROM Stock d’Android et la plateforme embarquée sur le Z5 rappelle ainsi beaucoup ce que proposent les terminaux de la gamme Nexus.

C’est un choix intéressant et cela veut aussi dire que les habitués de la plateforme n’auront besoin que de quelques minutes pour se sentir comme chez eux.

Sony a fait le choix de livrer son terminal avec des dizaines d’applications différentes. On retrouve tous les incontournables de Google, bien sûr, mais également quelques applications maisons comme Album, Musique, Vidéo ou encore PlayStation.

Et ça, c’est sans compter sur les applications des partenaires de la marque.

Elle n’y a pas été avec le dos de la cuillère, donc, mais ces outils sont tout de même bien conçus. Je pense notamment à Album et à son éditeur qui font des miracles, mais Vidéo s’en sort très bien aussi.

Etant utilisateur de Spotify, je n’ai pas eu l’occasion d’utiliser Musique donc je ne peux pas vous en dire beaucoup plus de ce côté là.

La surcouche est réactive et bien pensée. Les mini applications sont toujours présentes mais je vous avoue que je ne les ai pas trop utilisées sur le Z5. Elles sont plus intéressantes sur le Z5 Premium puisque ce dernier est équipé d’une dalle un peu plus grande.

Je sais que tout le monde n’est pas fan de la surcouche de Sony et que beaucoup de gens ne jurent que par Touchwiz ou Sense, mais elle me plaît bien, à moi.

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Le centre de notifications va droit à l’essentiel.

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On trouve pas mal de formats différents pour les photos.

Conclusion

Le moment est venu de vous livrer mon verdict et on va finalement commencer avec le seul point noir du terminal : sa puce.

N’en déplaise à Qualcomm, le Snapdragon 810 n’est clairement pas une réussite et ses problèmes de chauffe ne sont pas du fait des constructeurs. Tous les téléphones équipés de ce SoC présentent les mêmes soucis.

Sony n’a pas souhaité répéter les mêmes erreurs et il a fait le choix de brider la puce au maximum pour éviter les problèmes rencontrés sur le Z3+.

Dans les faits, le terminal tourne très bien, c’est vrai, mais c’est quand même rageant d’acheter un téléphone haut de gamme en sachant qu’il ne fonctionne pas au maximum de ses capacités.

Après, le Z5 n’en reste pas moins un bel objet et il est surtout redoutable sur le terrain de la photo. De tous les téléphones qui me sont passés entre les mains dernièrement, c’est vraiment lui qui s’en sort le mieux.

Son autonomie est très confortable elle aussi, même si elle n’égale pas celle du Z3. Là, au moins, vous pourrez partir au boulot le coeur léger en sachant qu’il vous restera encore un peu de jus en rentrant le soir à la maison. Pas besoin d’acheter une coque-batterie toute vilaine.

Il manque tout de même le chargement sans fil. Je ne comprends pas pourquoi Sony ne l’a pas mis en place sur le Z5 mais il faut avouer que c’est dommage d’avoir fait l’impasse là dessus.

Design9.2
Ergonomie9
Puissance7
Multimédia9
Fonctions8
Prix8.5
Le Sony Xperia Z5 est un très bel objet et sa paroi en verre dépoli offre un rendu proche de celui du métal. Le terminal est aussi un peu plus anguleux que son prédécesseur et il ne présente aucun problème de surchauffe. Logique, puisque Sony a fait le choix de brider son Snapdragon 810 et c'est d'ailleurs la seule chose qu'on peut véritablement lui reprocher.
8.5