TEST du XIAOMI 11T PRO, la vitesse avant tout

Xiaomi a dévoilé à la rentrée un nouveau smartphone positionné sur le haut de gamme, le Xiaomi 11T Pro. Puissant, rapide, il a pour particularité d’être proposé sous la barre des 700 €. Mais que vaut-il réellement sur le terrain ?

Xiaomi est un des constructeurs les plus actifs du marché. Chaque année, il lance des dizaines de modèles différents, des modèles positionnés sur tout un tas de segments.

L'écran du Xiaomi 11T Pro
L’écran du Xiaomi 11T Pro

Et soyons honnêtes, au bout d’un moment, on finit par s’y perdre. Encore plus lorsqu’on n’est pas très au fait de l’actualité.

Le Xiaomi 11T Pro, comme son nom le laisse raisonnement supposer, vient se positionner sur un segment haut de gamme. Il se place donc au-dessus du panier. Avec une particularité intéressante : le prix.

Proposé à un tarif de 699 €, il est en effet beaucoup moins cher que bon nombre de flagships. Et la question que vous vous posez sans doute, c’est de savoir quelles sont les concessions qui ont été faites par le constructeur.

Un look un peu daté

Il faut être franc, le look du Xiaomi 11T Pro ne vous laissera pas un souvenir impérissable.

S’il n’est pas vilain à regarder, il reste finalement assez classique. Un écran aux bords contenus à l’avant, une plaque en plastique à l’arrière, on est très loin du design léché d’un Oppo Reno6, par exemple, ou même d’un OnePus Nord 2.

C’est vraiment dommage. J’aurais apprécié un peu plus de prise de risque de la part du constructeur. Cela étant, on imagine que cela fait partie des sacrifices à faire pour conserver le prix de vente le plus bas possible.

Trois couleurs sont d’ailleurs disponibles : blanc lunaire, bleu céleste et gris comète. Cette dernière version est assez salissante. A choisir, j’aurais préféré un des deux premiers modèles.

En main, le téléphone est imposant, mais la préhension reste agréable. 

Il sera bien entendu difficile d’atteindre le haut de l’écran d’une seule main, mais cette diagonale généreuse fait aussi partie des atouts de l’appareil. Un appareil qui, comme nous le verrons plus loin, se destine principalement au multimédia et aux jeux.

L'ergonomie est très intuitive, et le lecteur d'empreintes est directement caché dans le bouton d'alimentation
L’ergonomie est très intuitive, et le lecteur d’empreintes est directement caché dans le bouton d’alimentation

L’ergonomie n’est pas aussi classique qu’on pourrait le croire. Xiaomi a fait le choix de regrouper tous les boutons sur la tranche de droite. Les deux contrôles du volume sont donc suivis du bouton de mise sous tension. Le lecteur d’empreintes, de son côté, est directement intégré à ce dernier. Toutefois, cela n’a aucune incidence sur sa forme.

En règle générale, lorsque le lecteur d’empreintes est intégré au bouton de mise sous tension, ce dernier marque comme un léger renfoncement. Ce n’est cependant pas le cas ici. Le bouton a exactement la même forme que n’importe quel autre bouton.

Et je vous avoue que cela m’a finalement beaucoup surpris.

La trappe des cartes est placée sur la tranche inférieure. Et attention, car elle ne pourra accueillir que deux cartes SIM. Il ne sera pas possible d’y glisser une micro SD. Cela veut aussi dire que vous aurez tout intérêt à bien réfléchir au modèle à acheter. Le 11T Pro se décline en deux capacités de stockage, 128 ou 256 Go. Et si la première suffira amplement pour un usage standard, il sera préférable de vous tourner vers le second modèle si vous voulez stocker beaucoup de médias.

Le son est en revanche une très bonne surprise. Le Xiaomi 11T Pro embarque deux haut-parleurs, qui sont situés sur ses tranches et élaborés en partenariat avec Harman Cardon. Le son manque un peu de basse, mais il reste puissant et il ne sature pas trop. Grâce à ça, le téléphone sera en mesure de restituer un son englobant et ce sera indéniablement un plus pour les personnes qui consomment beaucoup de films et de séries. Ou même pour les joueurs.

La dalle s'étire sur une bonne partie de l'appareil
La dalle s’étire sur une bonne partie de l’appareil

Une fiche technique inattaquable

Xiaomi, comme on vient de le voir, a dû faire quelques compromis sur le plan esthétique. Et fort heureusement, la partie technique est pour sa part tout bonnement inattaquable.

L’écran, comme je le disais tout à l’heure, est imposant. La dalle atteint les 6,67 pouces de diagonale. Xiaomi est resté sur de l’AMOLED, avec un format en 20:9 et une résolution en 2 400 x 1 080. Sans surprise, les contrastes sont infinis et la luminosité atteint les 800 ou 1000 nits. Le HDR10+ répond bien entendu présent et la dalle a été notée A+ chez DisplayMate.

Et il faut bien le reconnaître, dans les faits, elle s’en sort bien. Pour peu que l’on désactive la luminosité automatique qui a tendance, pour une raison que j’ignore, à se montrer un peu trop efficace. Une fois que c’est fait, on prend plaisir à regarder des séries ou des films sur l’écran du terminal.

Dans les réglages, et une fois la luminosité automatique désactivée, il sera même possible d’activer un mode spécial baptisé « mode lumière du soleil ». Une fois que ce sera fait, la luminosité augmentera en cas de forte lumière ambiante. A noter que vous trouverez aussi dans ce menu plusieurs profils de couleurs, ainsi que la possibilité de basculer vers des couleurs adaptatives qui varieront en fonction de la lumière ambiante.

Mais cet écran a une autre particularité. Deux autres particularités, même. Il peut atteindre un taux de rafraichissement de 120 Hz, avec un taux d’échantillonnage tactile de 480 Hz. Et lorsqu’on les combine au Snapdragon 888 et à ses 8 Go de RAM, on obtient un smartphone résolument tourné vers les jeux.

Le Xiaomi 11T Pro excelle donc dans cet usage. Peu importe le titre que vous lancerez, il tournera à plein régime sans le moindre ralentissement. Et cela vaut bien entendu pour les plus gros jeux également.

Là, le terminal vous fera même gagner en réactivité grâce à son taux d’échantillonnage accru. La moindre caresse à la surface de son écran sera immédiatement détectée et prise en compte. La 5G répond également présente.

Mais là où le Xiaomi 11T Pro surprend le plus, finalement, c’est au niveau de l’autonomie… et de la charge.

Avec sa batterie de 5 000 mAh, le terminal n’aura aucun mal à tenir une journée et demie avec une seule charge et une utilisation normale. Des performances honnêtes, mais qui n’ont finalement que peu d’importance.

Le module photo du 11T Pro surprend
Le module photo du 11T Pro surprend

Elles n’ont que peu d’importance, car derrière, on a aussi droit au 120 W. L’HyperCharge de Xiaomi, une technologie qui permettra au téléphone de se recharger complètement en 17 minutes. Et ça, c’est complètement bluffant.

Attention en revanche, car le chargeur qui est livré avec le téléphone ne passe pas franchement inaperçu. Il est assez massif. Il l’est en tout cas plus qu’un chargeur conventionnel.

Et pour l’usure, alors ? C’est une question qui mérite d’être posée. Les batteries sont des composants sensibles, fragiles. 

Xiaomi, de son côté, a opté pour un système de charge double intelligent. La batterie est donc séparée en deux cellules et le 11T Pro est capable d’ajuster la tension et l’intensité pour augmenter la puissance de charge sans pour autant abimer les cellules.

Les batteries reposent également sur une technologie lithium ion à base de graphène afin d’offrir une conductivité accrue et on trouve en prime une technologie permettant de dissiper plus efficacement la chaleur, le LiquidCool.

Pour éviter les mauvaises surprises, Xiaomi a aussi mis en place plusieurs systèmes de sécurité. La température est ainsi contrôlée en temps réel afin de détecter toute surchauffe potentielle. Il y a aussi des protections contre les surtensions et surintensités. 

Sur le papier, donc, Xiaomi semble avoir pris des mesures drastiques.

Maintenant, à ce stade, je n’ai pas vraiment de recul et ce n’est de toute façon pas sur un test de deux semaines que l’on peut évaluer l’état d’usure d’une batterie.

Attention, dans sa version grise, le 11T Pro est assez salissant
Attention, dans sa version grise, le 11T Pro est assez salissant

Une machine à photographier et filmer

A l’arrière du Xiaomi Mi11T Pro, on va trouver un module composé de trois capteurs.

Le capteur principal est le mieux défini. Il atteint les 108 millions de pixels et il hérite de la technologie Super Pixel 9-en-un. Il pourra donc combiner neuf photosites pour augmenter sa sensibilité. Pour l’accompagner, on trouve un grand angle ouvrant à f/1.75.

Le second capteur ne dépasse pas les 8 millions de pixels. Il est couplé à un ultra grand angle offrant un champ de vision de 120° et ouvrant à f/2.2.

Le troisième capteur atteint les 5 millions de pixels, avec ce que Xiaomi décrit comme une optique télé macro capable de faire le focus à 3 centimètres et ouvrant à f/2.4.

Ok, tout ça, c’est super, mais ça donne quoi en pratique ? C’est assez fou.

Il faut bien le reconnaître, le Xiaomi 11T Pro impressionne dès les premières photos. La mise au point est extrêmement rapide et le terminal est capable de capturer des images d’un piqué très marqué. Les textures, les contours, chaque détail semble crépiter et on ne peut qu’être impressionné par le rendu des images générées par le biais du terminal.

La dynamique impressionne aussi. Le terminal est à l’aise dans toutes les situations, même sur des contrejours. Gros coup de coeur aussi pour la restitution de la profondeur de champ. Le rendu est harmonieux et naturel.

J’avais évidemment peur que les performances du 11T Pro s’écroulent en intérieur, mais ce n’est curieusement pas le cas. La dynamique pèche un peu dans les ombres, mais la montée en sensibilité est bien maîtrisée et le terminal est une fois encore capable de récupérer un maximum de détails sur les scènes photographiées. Les contours restent nets, de même pour les textures. Rien à dire sur la couleur. Le rendu relativement naturel, même si le terminal sature tout de même un peu.

Pour la photo de nuit, j’ai cherché à mettre le Xiaomi 11T Pro en difficulté en shootant dans une salle entièrement plongée dans le noir et sans trépied.

Et j’ai une fois encore été très étonné par les résultats obtenus. Si le piqué baisse inévitablement, le rendu reste flatteur et on distingue peu d’artefacts sur l’image, même dans les ombres. C’est évidemment très impressionnant et cela dénote encore une fois d’un gros effort du côté du traitement logiciel.

Concernant les focales, on en trouve trois. Soit un grand angle, un ultra grand angle et un télémacro. Pas de zoom optique au programme donc et cela veut aussi dire que tous les agrandissements seront opérés de manière numérique. 

L’ultra grand angle m’a assez déçu. La perte de qualité est visible. Le piqué chute et la distorsion est très marquée dans les coins de l’image. Les couleurs sont aussi un peu pâlottes.

Le zoom reste correct jusqu’au 2x. Au delà, la perte de qualité est visible et les photos deviendront très vite inexploitables.

Mais ce qui m’a le plus impressionné, finalement, c’est la macro. Elle est en effet très efficace, pour peu que l’on vise bien. La mise au point devra en effet se faire entre 3 et 5 centimètres. Une fois le coup pris, le 11T Pro est capable de générer de belles photos, avec un flou très travaillé.

Le meilleur des modèles

Les portraits sont très convaincants. Vraiment très convaincants. Xiaomi a une fois encore fait de l’excellent travail et nos sujets ressortent des photos prises avec le 11T Pro. L’effet de flou n’est pas trop prononcé et il reste du même coup très doux, très naturel. Je n’ai pas non plus constaté de problèmes au niveau du détourage, pas même sur Romy.

Les selfies sont globalement de bonne qualité. Le ton de la peau est bien respecté et on retrouve un joli piqué. Le détourage n’est pas mauvais, mais les contours ont parfois tendance à baver un peu.

Le volet vidéo est plutôt convaincant. Le piqué est présent et les couleurs sont plutôt fidèles, quoiqu’un peu trop saturées. Mais surtout, on a une mise au point rapide et une très belle restitution de la profondeur de champ.

Les sujets sont ainsi bien mis en avant et le bokeh est à la fois doux et naturel.

Mais au-delà des images et des vidéos, il y a aussi les fonctions. Et Xiaomi n’a clairement pas fait les choses à moitié ici.

L’application propose en effet de nombreux modes différents, chacun accompagné d’une belle variété de fonctions. 

Dans le mode vidéo, par exemple, on trouvera un mode Cinéma AI qui se chargera de changer la mise au point en fonction de ce qui se passe dans le cadre. Un mode qui rappelle aussi ce que propose Apple sur les iPhone 13, avec la même limitation : une fois la fonction activée, on s’en tiendra au 1080p.

Le mode portrait est lui aussi très riche. Non content de nous donner la main sur l’ouverture, il nous permettra aussi de changer l’ambiance lumineuse de la scène pour obtenir des photos un peu plus typées.

Mais en plus de ces fonctions, on va aussi trouver d’autres modes pour cloner un sujet, par exemple, ou encore pour générer un effet vertigo.

Les possibilités sont nombreuses et elles participent évidemment pour beaucoup à la flexibilité du Xiaomi 11T Pro, un Xiaomi 11T Pro qui devrait du même coup ravir tous les créateurs.

Le téléphone est confortable en main
Le téléphone est confortable en main

Une plateforme qui gagne en maturité, mais qui souffre toujours des mêmes défauts

MIUI a longtemps accusé un retard face à ses concurrents. Les visuels manquaient de cohérence et l’ergonomie laissait parfois à désirer.

Mais ça, c’était avant. Xiaomi a beaucoup travaillé sur sa plateforme et MIUI 12.5 s’avère être une très bonne surprise.

Si le menu des réglages manque un poil de cohérence, l’interface est très agréable à l’usage, avec des visuels soignés et une très belle unité entre les différents modules qui la composent. J’apprécie également la distinction qui a été faite entre les notifications et les réglages. Si elle rappelle inévitablement ce que propose iOS, elle participe au confort d’utilisation de la plateforme et elle permet finalement d’alléger beaucoup le centre de notifications.

Le mode sombre, le tiroir d’applications et Google Discover répondent aussi présents, de même pour tous les modules propres à Xiaomi. Je pense notamment au mode jeu qui fonctionne très bien et qui permet de se concentrer davantage sur ses parties.

Mais voilà, tout n’est pas non plus parfait, et il y a finalement deux choses qui m’ont déçu.

La première, ce sont tous les bloatwares préinstallés sur la plateforme. Xiaomi en a supprimé pas mal, c’est vrai, mais il en reste encore un paquet. Et si c’est plus ou moins acceptable sur un smartphone proposé à 200 ou 250 €, ça l’est beaucoup moins sur un téléphone proposé à 669 €.

La seconde a trait au téléchargement des applications. Dès que vous récupérerez une nouvelle application ou un nouveau jeu sur le Play Store, MIUI activera un antivirus pour analyse. Antivirus qui affichera en plus de la pub. Fort heureusement, il est possible de désactiver cette fonction. Reste qu’il aurait été plus juste qu’elle soit directement supprimée.

Le connecteur est bien entendu proposé en USB Type-C
Le connecteur est bien entendu proposé en USB Type-C

En conclusion

Je vais être franc avec vous, quand j’ai sorti le 11T Pro de la boîte, je n’ai pas été plus emballé que ça.

Le look et les finitions du téléphone m’ont en effet pas mal déçu. Et je m’attendais du coup à m’ennuyer ferme durant mon test.

Curieusement, cela n’a pas été le cas. En réalité, à mesure que les jours ont passé, j’ai de plus en plus apprécié le téléphone. Notamment sur le volet photographique. S’il n’est pas parfait de ce côté, il offre en effet une belle polyvalence et une belle flexibilité.

Au final, il y a donc une idée qui s’est imposée à moi. Au même titre qu’on ne juge pas un livre à sa couverture, il ne faut pas non plus juger un smartphone à son look.