Test du Xiaomi Mi 9T Pro

Xiaomi m’a confié le mois dernier un Xiaomi Mi 9T Pro pour mes tests. Après quelques semaines passées en sa compagnie, et une première prise en main, le moment est venu de passer aux choses sérieuses et d’attaquer ainsi le test du smartphone.

Alors je ne vais pas vous faire tout l’historique, mais il faut tout de même souligner que le Xiaomi Mi 9T Pro n’est pas réellement un nouveau smartphone. En réalité, il s’agit de la version internationale du K20 Pro, présenté en Chine au début de l’année.

Comme son nom l’indique, il vient se placer aux côtés du Mi 9T tout en poussant le concept un poil plus loin. Il hérite en effet d’une bien meilleure fiche technique.

Design & Ergonomie

Si vous avez déjà lu mon test du Mi 9T, alors il sera sans doute préférable de sauter cette étape. Le Mi 9T Pro lui ressemble comme deux gouttes d’eau et cette partie de la vidéo risque par conséquent d’être assez redondante.

Sans la moindre surprise, le Mi 9T Pro hérite d’un boîtier en verre, comme environ 90% des flagships à l’heure actuelle. Cela ne l’empêche évidemment pas d’avoir beaucoup de charme.

Xiaomi a effectivement bien fait les choses. La plaque arrière est légèrement bombée afin d’améliorer la prise en main et le constructeur a en plus incrusté des motifs dans le verre afin de rappeler la texture du kevlar. Attention en revanche, car ces motifs sont uniquement présents sur le modèle noir, les versions bleues et rouges misant pour leur part sur des flammes colorées assez sympas… et surtout très visibles.

L’écran est immense et il est surtout dénué d’encoche ou de trou. Ici, Xiaomi a été chassé sur les terres du OnePlus 7 Pro et le constructeur a opté pour une caméra pop up placée au niveau de la tranche supérieure. Ce qui lui a permis de dégager plus de place pour la dalle.

La caméra pop up est toujours située au niveau de la tranche supérieure. Le mécanisme s’activera de lui même lorsque nous ferons appareil a une fonction en lien avec les selfies. Le temps de déploiement est assez long en revanche et il faudra compter une bonne seconde pour que la caméra frontale soit prête à filmer. Du coup, si vous voulez accélérer le processus d’identification, il sera sans doute préférable de ne pas passer par la reconnaissance faciale et de lui préférer le lecteur d’empreintes.

Un lecteur qui vient se placer directement sous la dalle et qui fonctionne extrêmement bien. Il est en effet réactif et je l’ai même trouvé plus rapide que celui des Note 10. Comme quoi.

Toujours au rayon des trucs qui font plaisir, on peut citer les petites touches de rouge présentes au niveau de l’optique du capteur principal et du bouton de mise sous tension. Certes, ce n’est qu’un détail, mais je trouve que ça rend plutôt bien et que ça donne pas mal de personnalité au téléphone.

Et ensuite ? On trouve aussi un connecteur au format USB type c et une prise casque. Prise qui se raréfie pourtant au fil des années. Il sera donc tout à fait possible de brancher des écouteurs ou un casque filaire sur le Mi 9T.

Écran, Processeur & Autonomie

Maintenant que nous avons fait le tour du propriétaire, on peut passer à la partie plus technique.

Le Xiaomi Mi 9T Pro partage une fois de plus beaucoup de choses avec le modèle de base, à commencer par l’écran. On retrouve une nouvelle fois une dalle AMOLED de 6,4 pouces. La définition ne change pas et elle atteint le FHD+.

La dalle est de très bonne qualité. La luminosité est suffisante pour rendre le téléphone utilisable en plein soleil et on a en plus de beaux contrastes. Les couleurs sont un peu vives, mais c’est le propre de l’AMOLED et il sera toujours possible d’effectuer quelques ajustements en se rendant dans les paramètres de la plateforme.

Sans surprise, le terminal est animé par un Snapdragon 855 et c’est d’ailleurs la principale différence avec le modèle de base. Ce dernier embarque en effet un Snapdragon 730. Le Mi 9T visera donc davantage les gamers. Encore que, le Snapdragon 730 suffit dans la plupart des cas. En prime on a un système de refroidissement sur 8 couches. Il sera plus efficace et en effet le téléphone a peu tendance à chauffer, même lorsque la puce est très sollicitée.

La mémoire vive dépendra du modèle et elle ira de 6 a 8 Go. Quant à la mémoire interne, elle est proposée en trois variantes différentes : 64, 128 ou 256 Go. En revanche, on est sur de l’UFS 2.1. C’est un peu dommage, mais il est difficile d’être surpris compte tenu du prix de l’appareil.

Reste que le Mi 9T Pro est parfaitement capable et il n’a montré aucun signe de faiblesse durant ces trois semaines de test. Que ce soit en jeu ou en lecture de contenus multimédia, il n’a pas souffert de la moindre latence. Remarquez, cela avait aussi été le cas du Mi 9T.

Le moment est venu d’aborder la question de l’autonomie. Si vous avez peur de ne pas tenir la journée, alors rassurez-vous, car vous pourrez même atteindre une journée et demie, voire un peu plus en faisant attention.

Comme à l’accoutumée, j’ai pris le temps de faire tourner PC Mark sur l’appareil afin d’avoir une évaluation un peu plus précise de son autonomie. Et aussi pour vous permettre de comparer ses performances à celle de votre propre téléphone. Le Mi 9T Pro a tenu 12 heures tout rond. Il réalise donc un meilleur score que les Galaxy S10 et Galaxy Note 10, tout en restant un poil en dessous du Redmi Note 7 et de ses 14 heures d’autonomie.

La charge est rapide pour sa part, mais attention car si l’appareil est compatible avec le 27 W, son chargeur ne permet pas de dépasser les 18 W. Il faudra donc investir dans un chargeur plus rapide si vous voulez profiter pleinement des techno’s embarquées à bord du téléphone. 

Le moment est à présent venu de parler de modem et donc d’évaluer les performances du terminal en matière de connectivité réseau. Fidèle à mes habitudes, je me suis appuyé sur nPerf pout le faire et sur mon abonnement Sosh.

J’ai effectivement lancé la solution à plusieurs reprises et à des heures différentes depuis la région parisienne et j’ai obtenu 136 mbps en réception et 10 mbps en émission avec une latence de 28 Ms. Pour un score de 82 % en web et de 95 % en vidéo avec un score total de 107360 points.

Photo & Vidéo

Le design, c’est fait. La partie technique, aussi. Le moment est donc venu de passer à la photo, la vidéo et son son.

Sur le papier, le Xiaomi Mi 9T Pro a tout d’un grand. Il embarque en effet un module arrière triple composé, en premier lieu, d’un capteur de 48 mpx avec un grand angle ouvrant à f/1.75, ensuite d’un capteur de 8 mpx avec zoom optique 2x et enfin d’un capteur de 13 max avec ultra grand angle ouvrant à 2.4.

Là-dessus, on a également droit à un système de mise au point double fonctionnant par laser et détection de contraste.

On est pas mal du tout donc, mais attention, car dans la pratique le module du Xiaomi Mi 9T Pro n’est pas dénué de défauts.

Comme souvent le terminal est capable de faire des miracles lorsque la lumière est au rendez-vous et il arrive ainsi à générer des images avec une belle sensation de netteté et une colorimétrie franchement naturelle. Les contrastes sont bons, de même pour la dynamique, et ce même si les ombres ont parfois tendance à être un peu bouchés.

Pas grand-chose à dire sur la mise au point, si ce n’est qu’elle est très rapide, notamment sur des scènes complexes. Je n’ai pas vu le Mi 9T Pro tomber à côté durant ces trois semaines de test.

Mais voilà, les performances du terminal ont malheureusement tendance à s’écrouler dès que la lumière vient à manquer.

Si le Mi 9T Pro s’en sortira avec tous les honneurs en intérieur, il montrera rapidement ses limites dans des environnements mal éclairés, comme un restaurant ou un pub par exemple. Là, il produira des images très brouillonnes avec beaucoup d’artefacts dans les ombres et des contours baveux.

Il sera bien entendu possible de rattraper un peu le coup avec le mode de prise de vue nocturne, du moins sur les scènes fixes. Si un sujet bouge, le Mi 9T Pro ne sera pas en mesure de produire un résultat convaincant.

Bon point en revanche, le rendu colorimétrique reste le même quelle que soit la focale utilisée. Ce qui n’est pas une mince affaire en temps normal.

Mais là encore, il faudra une belle luminosité ambiante pour pouvoir exploiter toute la flexibilité du module photo du terminal. Les deux capteurs secondaires s’accompagnent en effet d’optiques peu lumineuses et ces dernières montreront rapidement leurs limites dans les conditions lumineuses les plus difficiles.

Côté vidéo, il y a du bon. Le terminal est en effet en mesure de filmer en 4K à une cadence de 60 images par secondes et il sera ainsi possible de produire de beaux ralentis en post prod.

Attention cependant, car là encore, l’appareil sera tributaire de la luminosité ambiante. Les vidéos seront très piquées en plein jour, avec une belle dynamique et des couleurs justes, mais du bruit apparaîtra très vite lorsque la lumière ambiante viendra à baisser.

La stabilisation, pour sa part, est franchement perfectible et il sera impératif d’investir dans un gimbal si vous voulez produire des vidéos de qualité.

Le moment est venu de parler de son. Le terminal embarque un haut-parleur situé sur la tranche inférieure. La qualité est correcte et la puissance est au rendez-vous. 

En prime, Xiaomi a conservé la prise casque et ça, c’est une bonne nouvelle pour les inconditionnels du filaire. Ils n’auront en effet pas besoin de se forcer à passer au sans-fil. Après, pour la qualité du rendu sonore, tout dépendra bien entendu du casque ou des écouteurs utilisés.

En Conclusion

Vous l’aurez sans doute constaté, mais ce test n’aborde pas du tout la partie logicielle. Ce n’est évidemment pas un oubli de ma part. En réalité, il y a très peu de changements par rapport au Mi 9T (voire aucun) et je vous renvoie donc vers le test de ce dernier pour en découvrir un peu plus sur MIUI.

Le moment est donc venu de faire le bilan de ces trois semaines passées en la compagnie de ce charmant smartphone.

Pour résumer, je pense qu’on pourrait dire que le Mi 9T Pro est clairement un Mi 9T dopé aux amphétamines. Il n’apporte en effet rien de neuf en termes de design, mais son Snapdragon 855 intéressera sans aucun doute les gamers mobiles avides de puissance. Avec cette puce, ils devraient en effet être tranquilles pendant un bon moment.

Tout comme le Mi 9T, le seul défaut réel de l’appareil, de mon point de vue, se trouve au niveau de la photo. Le module embarqué est très capable et il peut obtenir de magnifiques photos, c’est indéniable, mais il reste tributaire de la luminosité ambiante.

Mais malgré tout, il est très difficile d’en vouloir à Xiaomi. Neuf, l’appareil est en effet proposé à partir de 429,90 €, et on peut le trouver encore moins cher en import sur le marché gris. Là, il passe très fréquemment sous la barre des 400 €. Et pour ce prix-là, il est de mon point de vue presqu’impossible de trouver aussi bon.

Après, j’avoue que la multiplication des Mi 9 me laisse assez perplexe. Maintenant, on a le Mi 9, le Mi 9 SE, le Mi 9T, le Mi 9T Pro et le récent Mi 9 Lite, que j’ai d’ailleurs en test. Ca fait quand même cinq appareils pour une même gamme. Et si les gens connaissant bien la marque n’auront aucun mal à s’y retrouver, il reste à savoir s’il en ira de même pour monsieur et madame tout le monde.