Test du Xiaomi Redmi Note 9T, trop de sacrifices pour la 5G ?

Xiaomi a lancé récemment deux nouveaux appareils très attractifs et, surtout, très accessibles : le Redmi 9T et le Redmi Note 9T. Le second m’a accompagné pendant quinze jours et le moment est donc venu de vous dire tout le bien – mais aussi tout le mal – que j’en pense.

Xiaomi, vous le savez, est un constructeur extrêmement prolifique. Et il est du coup parfois difficile de s’y retrouver. Surtout quand il change de stratégie d’une année sur l’autre, ce qui est justement le cas ici.

Le Redmi Note 9T n'est pas dépourvu de charme
Le Redmi Note 9T n’est pas dépourvu de charme

L’année dernière, la marque a ainsi présenté la gamme des Redmi Note 9, une gamme composée de trois smartphones : le Redmi Note 9, le Redmi Note 9S et le Redmi Note 9 Pro.

Cette année, changement de programme, Xiaomi a levé le voile coup sur coup sur le Redmi 9T et le Redmi Note 9T. Et le plus bizarre, c’est qu’il conserve la gamme des Redmi Note 9 à son catalogue, ce qui ne simplifie pas vraiment les choses.

Dans cette vidéo, je vais donc vous parler du Redmi Note 9T, mais aussi de la manière dont il se positionne face à ses camarades.

Design & Ergonomie

On ouvre le bal avec le design. Et là, clairement, on est en terrain connu. Xiaomi a repris la même recette, avec quelques changements minimes.

L’écran est toujours aussi imposant, avec des bordures toujours aussi fines. Sans aller aussi loin qu’un iPhone 12 ou un Galaxy S21, le ratio affichage / façade reste donc des plus corrects. 

Le poinçon répond toujours présent, mais il change de place et bascule dans le coin supérieur gauche. Ce qui veut également dire qu’il disparaîtra complètement lorsque le téléphone sera couché sur le côté, pour regarder des séries ou jouer.

Sans surprise, le dos est fait en plastique. Xiaomi propose deux variantes, avec un modèle violet et un modèle noir. C’est ce dernier qui m’a été envoyé. 

Contrairement à ce que l’on pourrait penser, Xiaomi n’a pas opté pour une surface totalement lisse et le dos est ainsi légèrement texturé. Cela rend le téléphone moins glissant en moins tout en lui donnant un certain style. 

Le module photo ne va malheureusement pas assez loin
Le module photo ne va malheureusement pas assez loin

Par contre, niveau traces de doigts, c’est pas le top. Si le téléphone est heureusement moins salissant qu’un appareil doté d’un dos en verre brillant, il aura tout de même tendance à se salir très vite.

Le module photo n’est pas dénué de charme non plus. Centré sur la plaque, il prend la forme d’un macaron écrasé avec pas moins de trois capteurs à l’intérieur. On verra plus loin que si ce module n’est pas complètement à jeter, il montre rapidement ses limites lorsque la lumière vient à manquer.

Xiaomi n’a pas fait l’impasse sur le lecteur d’empreintes. Tout comme sur les Redmi Note 9, il est en revanche placé sur la tranche de droite, directement intégré au bouton de mise sous tension. Je l’ai trouvé assez réactif durant ces semaines de test.

Le Redmi Note 9T est également équipé de deux haut-parleurs placés sur les tranches du haut et du bas, mais aussi d’un connecteur USB Type-C et d’une prise casque. L’offre est assez généreuse et c’est pareil pour la trappe des cartes puisqu’elle pourra accepter deux Nano SIM et une micro SD.

Il ne sera donc pas nécessaire de choisir entre faire cohabiter deux lignes et bénéficier d’un stockage supplémentaire.

L'écran est imposant, avec des bordures assez fines
L’écran est imposant, avec des bordures assez fines

Ecran, Processeur & Autonomie

Le Redmi Note 9T n’est pas dénué de charme, mais on va voir que le bilan est un peu plus mitigé sur le plan technique.

L’écran m’a un peu laissé sur ma faim. Xiaomi a opté pour une dalle Full HD+ de 6,53 pouces. De ce côté-là, pas de problème, cette taille et cette définition offriront un certain confort en matière de jeu et de multimédia.

Le vrai souci se trouve plutôt du côté de la colorimétrie et de la luminosité. La dalle est en effet un peu terne et elle ne dépasse pas les 450 nits, ce qui posera évidemment problème en plein soleil. C’est un peu rageant, d’autant que le contraste n’est pas mauvais et il atteint ainsi les 1500:1.

On regrettera aussi de devoir se contenter d’un taux de rafraichissement de 60 Hz, alors que le Poco X3 NFC monte au 120 Hz avec un prix de vente de 229 €. Là, pour moi, il y a un petit souci de positionnement.

Le menton est un peu prononcé, mais on peut l'accepter sur un smartphone proposé à ce prix
Le menton est un peu prononcé, mais on peut l’accepter sur un smartphone proposé à ce prix

Pour animer son téléphone, Xiaomi s’est tourné vers une puce de MediaTek, et plus précisément sur un Dimensity 800U. On gagne donc en finesse de gravure par rapport à un Redmi Note 9 Pro et on passe ainsi sur du 7 nm, contre du 8 nm pour ce dernier. 

Assez véloce, la puce compte un total de huit coeurs avec des fréquences atteignant les 2,4 GHz. L’ensemble est couplé à un GPU Mali G57.

Les performances sont honorables. Il ne faudra évidemment pas compter jouer avec les graphismes à fond sur les titres les plus gourmands, mais ce SoC offrira tout de même de bons résultats sur des titres comme Call of Duty Mobile.

Ce qui fait d’autant plus regretter l’absence d’une dalle 120 Hz.

Le poinçon n'a aucun mal à se faire oublier
Le poinçon n’a aucun mal à se faire oublier

Toujours parmi les choses qui gênent un peu, on a aussi la mémoire vive. Le Redmi Note 9T propose seulement 4 Go de RAM alors que le Redmi Note 9 Pro, qui est moins cher, en propose 6 Go. 

Et malheureusement, c’est un peu pareil pour la batterie.

Le Redmi Note 9T est doté d’une capacité équivalente à celle du Redmi Note 9 Pro. 

On est donc sur une batterie de 5000 mAh, contre 5020 mAh pour ce dernier. 

Xiaomi a eu le nez creux de placer le poinçon à cet endroit, il disparaître en effet lorsque nous tiendrons le téléphone couché
Xiaomi a eu le nez creux de placer le poinçon à cet endroit, il disparaître en effet lorsque nous tiendrons le téléphone couché

L’autonomie est très correcte et on pourra tenir en moyenne entre un et deux jours avec des usages assez gourmands.

Le vrai problème vient finalement de la charge. Sur le Redmi Note 9T, on est limité à du 18W alors que le Redmi Note 9 Pro montait à 30W.

Et forcément, sur une batterie de 5000 mAh, cette différence se fera un peu sentir et on perdra du coup pas mal en réactivité.

En revanche, le Redmi Note 9T a un truc en plus : son modem, qui est compatible avec la 5G et qui vous permettra donc de profiter de cette nouvelle norme. Et on verra d’ailleurs dans la conclusion que c’est finalement ça qui va faire pencher la balance en faveur du Redmi Note 9T ou du Redmi Note 9 Pro.

Le dos est recouvert d'une texture qui rend le Redmi Note 9T moins glissant en main
Le dos est recouvert d’une texture qui rend le Redmi Note 9T moins glissant en main

Photo & Vidéo

Nous avons bien dégrossi le test, mais il nous reste tout de même à évoquer la question de la photo, avec une fois encore un bilan en demie teinte.

Sur le papier, le Redmi Note 9T propose une flexibilité relative et on va ainsi trouver un capteur principal de 48 mpx accompagné d’un grand angle ouvrant à f/1.79, un capteur de 2 millions de pixels consacré à la macro et un capteur de 2 mpx dédié à la profondeur de champ.

Pas d’ultra grand angle, donc, ni même de zoom optique. A titre de rappel, le Redmi Note 9 Pro propose à peu près la même configuration, mais avec un capteur macro mieux défini et un quatrième capteur, de 8 millions de pixels cette fois. Un capteur accompagné d’un ultra grand angle offrant un champ de vision de 119° et une ouverture à f/2.2.

Et donc les faits, ce manque de flexibilité se fait cruellement sentir.

Ce fameux capteur de 48 millions de pixels, nous le connaissons déjà. Il équipe de nombreux appareils milieu de gamme et il a su faire ses preuves par le passé.

Et force est de constater que le Redmi Note 9T est capable de délivrer des images de qualité correcte lorsque la lumière est là. Certes, il est loin d’égaler le Pixel 5, le Huawei Mate 40 Pro ou encore les iPhone 12 en terme de piqué et de dynamique, mais ses images suffiront amplement pour un usage traditionnel. 

J’ai d’ailleurs apprécié la réactivité de son autofocus, mais aussi la gestion de la profondeur de champ qui permet de bien isoler ses sujets.

De nuit, en revanche, la situation se complique très vite et le téléphone aura tendance à bruiter énormément lorsque la lumière viendra à manquer. 

Et bien sûr, moins il y aura de lumière, et pire ce sera. Le mieux sera donc tout simplement de faire l’impasse sur ces photos et de réserver le Redmi Note 9T aux conditions lumineuses les plus idéales. Ce qui n’est pas franchement pratique, nous sommes d’accord.

Xiaomi fait partie des constructeurs qui s’évertuent, encore, à embarquer sur ses téléphones des capteurs peu défini et accompagnés d’optiques macro. Et je vais être franc avec vous, il serait temps que cela cesse.

Le capteur macro est d’une inutilité flagrante. Peu précis, il souffre d’une dynamique à la traîne et d’un piqué très inégal. Pire encore, la petite définition de son capteur ne vous permettra pas de recadrer sur votre sujet et vous vous retrouverez donc avec des photos au format timbre poste. Et donc des photos fondamentalement inexploitables.

Et je trouve ça vraiment dommage. Je trouve ça dommage parce que le nombre de capteurs n’est pas un argument marketing. Google le prouve chaque année avec les Pixel, on peut faire des miracles avec un ou deux capteurs. Mais au delà de l’aspect marketing, il y a aussi la question du gaspillage de ressources. Ces capteurs et optiques dédiés à la macro ne servent à rien.

Le téléphone est plutôt élancé
Le téléphone est plutôt élancé

Et comme tout ce qui ne sert pas, cela s’apparente clairement à du gaspillage, que ce soit en termes de ressources économiques ou même de matériaux.

Et puis, il y a la vidéo. En théorie, le Redmi Note 9T peut filmer en 4K à 30 images par seconde, mais soyons clair, cette définition sera très compliquée à gérer pour son processeur.

En tout cas, sur mon modèle, cette définition est clairement inexploitable. 

J’ai eu beaucoup de lags, avec des enregistrements qui figeaient l’écran en se lançant et des latences de plusieurs secondes entre le moment où j’appuyais sur le déclencheur et le moment où l’action était prise en compte par le téléphone.

Quant à la stabilisation, elle est tout simplement inexistante et il sera quasiment impossible de produire des séquences fluides avec le Redmi Note 9T. Du moins pas sans avoir recours à un stabilisateur ou sans poser le téléphone sur un trépied.

Grosse déception donc sur cette partie.

La dalle est un peu trop pâle, dommage
La dalle est un peu trop pâle, dommage

Plateforme & Fonctions

Le Redmi Note 9T est livré sous MIUI 12 et donc avec Android 10. Dans l’ensemble, la plateforme est une bonne surprise.

Visuellement, on sent en effet que Xiaomi a cherché à rationaliser les choses et on retrouve donc une belle cohérence entre les menus et les fonctions de la plateforme. 

Les visuels sont clairs et les informations sont assez bien hiérarchisées. Mais ce qui frappe le plus, finalement, ce sont les animations. Elles sont nombreuses, certes, mais elles sont surtout fluides et elle participe à rendre la plateforme plus moderne et plus intuitive dans son utilisation.

Rien à dire sur le centre de notifications qui est bien présenté et qui a le mérite de faire également remonter le centre de contrôle. 

Le Redmi Note 9T peut faire tourner de gros titres, mais quel dommage que sa dalle se contente du 60 Hz
Le Redmi Note 9T peut faire tourner de gros titres, mais quel dommage que sa dalle se contente du 60 Hz

En revanche, sachez que vous pourrez aussi activer dans les réglages le nouveau centre de contrôle de MIUI 12. Si vous le faites, alors le centre de notifications et le centre de contrôle deviendront indépendants l’un de l’autre et il faudra ainsi effectuer un balayage vers le bas à partir du haut pour faire apparaître le centre de notification et répéter le même geste à partir du coin supérieur droit pour le centre de contrôle.

Et pour être tout à fait franc, je ne suis pas complètement séduit par ce nouveau centre de contrôle.

MIUI 12 propose également un nouveau tiroir d’application plus sobre et mieux pensé. Il sera notamment possible de restreindre l’affichage des applications au type d’application recherché, ce qui facilitera bien entendu la vie de tous ceux qui ont tendance à installer beaucoup d’applications sur leur smartphone.

J’ai bien aimé aussi le principe de fenêtres flottantes, même si le procédé peut paraitre peu utile sur un smartphone doté d’un format de ce type. Le système répond bien et il se montre très fluide.

Et je pourrais continuer comme ça longtemps. En vrac, sachez ainsi que MIUI 12 propose un mode sombre, un mode focus, une fonction de partage simplifiée, mais aussi plus de fonctions au niveau de la galerie.

Un module photo qui n'avait sans doute pas besoin d'autant de capteurs
Un module photo qui n’avait sans doute pas besoin d’autant de capteurs

En Conclusion

Si vous avez regardé avec attention tout ce qui précède, alors vous devez vous dire que le Redmi Note 9T ne revêt pas grand intérêt face à un Redmi Note 9 Pro. Pour quelques dizaines d’euros de moins, ce dernier propose en effet une charge plus rapide et il est bien meilleur en photo.

Et vous avez parfaitement raison, du moins à condition de faire l’impasse sur un critère extrêmement important : celui de la 5G.

Car oui, le Redmi Note 9T est moins rapide à charger qu’un Redmi Note 9 Pro et il offre aussi moins de flexibilité en photo, mais il est capable de se connecter aux réseaux 5G. Des réseaux qui vont se démocratiser dans les mois et années à venir.

Et au final, tout va dépendre de ça. Si vous n’avez pas besoin de la 5G, et si vous êtes sûr de ne pas en avoir besoin durant ces deux prochaines années, alors le Redmi Note 9 Pro me paraît être un meilleur choix. En revanche, si vous comptez bénéficier des nouveaux débits permit par ce standard, alors la question ne se pose même pas.

Et là, en l’occurrence, le Redmi Note 9T risque fort de voir grandir son capital sympathie. Parce que bon, un smartphone 5G à moins de 250 €, je ne sais pas pour vous, mais perso c’est une idée qui me plait pas mal.