#ThotAudit : les travailleuses du sexe menacés d’être dénoncés à l’IRS

Aux États-Unis, les travailleuses du sexe opérant sur internet et les réseaux sociaux sont actuellement la cible d’une campagne extrêmement virulente menée par des groupes d’internautes « incels » et des militants des droits de l’homme. Ces derniers menacent de les dénoncer à l’Internal Revenue Service (IRS), les autorités fiscales américaines.

La campagne en question, symbolisée par le hashtag #ThotAudit, a été lancée ce week-end, comme une simple blague. Depuis, elle a été largement reprise et diffusée sur Facebook, Reddit et 4chan. C’est surtout sur Twitter que le mouvement a gagné en popularité.

Depuis plusieurs jours, le débat fait rage entre ceux qui dénigrent les travailleuses de sexe et ceux qui, au contraire, prennent farouchement leur défense. Le sujet est délicat et le combat risque d’être âpre.

Dénonciation pour fraude fiscale

La campagne #ThotAudit est basée sur l’argument selon lequel les travailleuses de sexe ne déclareraient pas leurs « revenus » à l’IRS.

Selon leurs détracteurs, les femmes concernées par le mouvement sont donc coupables de « fraude fiscale » et doivent être dénoncées.

La plupart des cibles du mouvement travaillent sur Snapchat via un compte « premium » où elles envoient des photos et vidéos exclusives à leurs « clients » contre rémunération. Le paiement est généralement réglé via PayPal, Venmo ou encore par cryptomonnaie.

Une campagne de harcèlement

C’est une véritable campagne de haine et de harcèlement qui est menée par le mouvement #ThotAudit. Il faut savoir que pour dénoncer une personne auprès de l’IRS, il faut être en possession de nombreuses informations personnelles la concernant : nom, prénom, adresse légale, âge, date de naissance ainsi que le numéro d’identification du contribuable.

Ainsi, certains des harceleurs n’hésitent pas à s’inscrire sur Snapchat et les autres plateformes de travail des prostituées dans le but de les piéger.

Selon plusieurs témoignages rapportés par le site Motherboard, beaucoup de filles et de femmes concernées par le mouvement ont supprimé leur compte car elles avaient peur d’être vraiment accusées de fraude et se faire arrêter par les autorités. Il reste à savoir si leurs détracteurs vont vraiment mettre leurs menaces à exécution ou pas. Pour le moment, l’IRS ne s’est pas encore prononcé sur le sujet.

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