TikTok : le gouvernement US enquête sur la gestion des contenus pédopornographiques par la plateforme

Selon des études réalisées par Insider Intelligence, TikTok est désormais le réseau social préféré des adolescents et des plus jeunes. Une popularité qui devrait permettre à la plateforme appartenant à ByteDance de tripler ses revenus publicitaires en 2022. Estimés à 3,9 milliards de dollars l’année écoulée, ceux-ci vont bondir à 11,6 milliards en 2022.

Application TikTok
Crédits 123RF.com

Un succès qui n’est pas sans conséquence puisque selon les enquêteurs du gouvernement américain, TikTok aurait de plus en plus de mal à gérer le flot de contenus publiés par ses utilisateurs. Une situation qui fait de la plateforme « l’endroit idéal pour les prédateurs sexuels ». Et visiblement, il ne s’agit pas d’une simple calomnie fabriquée par Meta.

Une enquête menée par plusieurs agences gouvernementales américaines

Aux États-Unis, TikTok reste pour le moment légèrement en retrait par rapport à Snapchat, en ce qui concerne les réseaux sociaux les plus utilisés par les adolescents. Toutefois, selon les prévisions la plateforme chinoise devrait dépasser son homologue américain dans deux ans.

Cela explique donc l’intérêt tout particulier accordé à TikTok par les autorités américaines. Encore qu’il soit de notoriété publique que la gestion des prédateurs sexuels est un vrai casse-tête pour les plateformes sociales. Particulièrement celles qui drainent un public très jeune qui est souvent la cible des détraqués sexuels.

Selon les informations publiées par Arstechnica, le ministère américain de la Sécurité intérieure, qui coordonne les enquêtes, concentre ses efforts à deux niveaux. Il travaille d’un côté sur la manière dont TikTok traite les contenus relatifs aux abus sexuels sur les enfants.

De l’autre côté, les enquêteurs examinent une fonction spécifique de confidentialité qui serait exploitée par les prédateurs pour commettre leurs forfaits en toute impunité. Il s’agit notamment de la fonction « Only Me » qui permet de partager du contenu illégal sur la plateforme sans être inquiété.

Cette information a été confirmée par Erin Burke, le chef de l’unité des enquêtes sur l’exploitation des enfants à la division de la cybercriminalité de Homeland Security.

L’inefficacité du système de modération de TikTok pointé du doigt

De manière générale, les réseaux sociaux font appel à une technologie basée sur des données d’images collectées par le National Center for Missing and Exploited Children (NCMEC). Ce qui leur permet de signaler plus efficacement les médias ayant un lien avec les abus d’enfants.

Ce système a permis à Instagram, qui compte un milliard d’utilisateurs comme TikTok, de produire près de 3,4 millions de rapports relatifs aux abus sur mineurs l’année écoulée. Dans la même période, TikTok n’a signalé que 155 000 vidéos. Pire, TikTok n’a reçu aucune demande de retrait de média de la part du NCMEC. Contrairement à d’autres réseaux sociaux comme Facebook, Instagram et YouTube qui en ont reçu énormément.

Pour Erin Burke, le problème viendrait des réticences d’entreprises étrangères comme TikTok à collaborer franchement avec les autorités américaines. Un constat qui n’est évidemment pas partagé par TikTok. L’entreprise estime qu’elle met tout en œuvre pour appliquer une politique de tolérance zéro à l’égard de tout ce qui se rapporte aux abus sur mineurs.

La plateforme chinoise a même indiqué que dès qu’elle voit une tentative de poster, d’obtenir ou de distribuer ce type de contenu, elle supprimait cela et bannissait les personnes concernées. En plus de cela, elle signalait cela au NCMEC et collaborait avec les forces de l’ordre si le besoin se fait sentir.

Source : Arstechnica

 

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