Tim Cook plussoie la position de l’Europe sur la protection des données

Devant le Parlement européen, face aux régulateurs mondiaux des données (réunis à l’occasion de la Privacy Conference tenue ce mercredi à Bruxelles), Tim Cook s’est exprimé sur la question de la protection des données personnelles et a salué la posture de l’Union européenne en la matière, s’opposant, de fait, à la vision américaine de cette même problématique. Le Figaro était sur place.

« Pour Apple, la vie privée est un droit fondamental, dans notre ADN« , a notamment lancé le patron de la firme au 1000 milliards de dollars de capitalisation boursière. Un moyen pour l’intéressé de clamer la différence d’Apple et de réaffirmer les engagements de son entreprise en matière de respect de la vie privée. Un point sur lequel Tim Cook est revenu à plusieurs reprises, tout en attaquant férocement la collecte des données mise en oeuvre par les géants du web et des réseaux sociaux. Des concurrents directs et indirects que le patron de la firme de Cupertino n’a toutefois jamais explicitement nommés durant son discours.

Dans son allocution devant le Parlement européen, Tim Cook, s’est exprimé sur la question de la protection des données. L’occasion pour lui de taper sur Facebook et Google, sans jamais s’autoriser à les citer.

Jugée « tout simplement immorale » par Tim Cook, l’exploitation des données personnelles compromettent selon lui la confiance que les utilisateurs accordent à la technologie. « Nous ne pourrons jamais réaliser le véritable potentiel de la technologie sans la pleine confiance des utilisateurs », a-t-il déclaré en orientant son discours sur le fait que les grandes firmes de la Tech, Apple compris, doivent prendre conscience de leur « responsabilité » et des « effets permanents » que leurs technologies ont sur les personnes qui les utilisent et – par extension – sur la société.

Une critique acerbe de Google et Facebook

« Chaque jour, les données de millions de personnes sont soigneusement collectées, assemblées, traitées afin de définir des profils en ligne« , a-t-il expliqué, fustigeant Google, Facebook et leurs algorithmes qui « transforment des préférences inoffensives en préjugés durcis ». « Ces montagnes de données collectées par des entreprises ne servent qu’à une chose: les enrichir. Et cela doit cesser« , a poursuivi Tim Cook. Ces déclarations font directement écho aux propos que l’intéressé tenait récemment au cours d’une interview avec Vice News.

Cet entretien avait déjà permis, début octobre, au patron d’Apple de vanter l’approche de sa firme sur le respect de la vie privée de ses utilisateurs, et de réprimander les entreprises qui se livrent à la collecte sauvage de données personnelles. « L’histoire à laquelle certaines firmes essayent de vous faire croire est la suivante : ‘nous avons besoin de collecter toutes vos données pour améliorer nos services’. Eh bien ne croyez pas à cela », avait-il pris soin d’expliquer avant d’ajouter « Ceux qui vous racontent ça, vous racontent un tas de bêtises ».

Reste que si Tim Cook s’érige en ardent défenseur de la vie privée et que l’homme d’affaires, originaire de Mobile en Alabama, condamne avec fermeté les pratiques de ses concurrents, la politique d’Apple en matière de protection des données n’est pas immaculée pour autant.

Comme le note Le Figaro, Apple se montre en effet beaucoup moins sévère à l’égard de Google (par exemple) lorsque la firme de Mountain View lui verse 9 milliards de dollars pour rester le moteur de recherche proposé par défaut sur les iPhone et iPad. Une transaction qui, implicitement, laisse à Google l’opportunité d’exploiter les données de recherche des utilisateurs de produits estampillés d’une pomme. Rappelons que les iPhone représentent pas moins de 20% du parc actuel de smartphones au niveau mondial.