Titan partage de nombreux points communs avec la Terre

Cela fait plus d’une décennie maintenant que la mission Cassini nous a fourni notre premier aperçu du plus grand satellite de Saturne, Titan.

Durant des années, les astronomes ont passé au crible les données pour révéler un monde à la fois très étrange et remarquablement semblable à la Terre.

Espace

Des océans d’hydrocarbures semblables aux océans terrestres

Maintenant, pour la première fois, nous avons une carte topologique de la surface de cette lune. Et les chercheurs se sont tout de suite mis à essayer de percer les mystères de cette étrange petite boule de roche.

Comme la Terre, Titan a des vagues de liquide qui se regroupent dans des dépressions à sa surface, ce qui le met dans un club très exclusif dans notre système solaire. Bien sûr, ces océans sont faits de composés d’hydrocarbures super froids plutôt que d’eau, et ils semblent étrangement plats (calmes). Mais ça reste quand même des océans ! Et la ressemblance entre les océans sur Terre et sur Titan ne s’arrête pas là.

Des astronomes de l’Université Cornell aux États-Unis ont utilisé une construction topographique récente de la surface de Titan pour révéler que les trois plus grands lacs de cette lune ont une surface équipotentielle commune (« un niveau de mer » en d’autres termes), tout comme avec nos propres océans. C’est en soi assez intéressant, mais le fait que nous puissions même déterminer un tel fait est hallucinant.

Une lune qui n’a pas encore dévoilé tous ses secrets

« Nous mesurons l’élévation d’une surface liquide sur un autre corps éloigné de 10 unités astronomiques du Soleil, avec une précision d’environ 40 centimètres », explique Alex Hayes, astronome de Cornell. « Nous mesurons le géoïde de Titan, c’est-à-dire la forme que prendrait sa surface sous l’influence de la gravité et de la seule rotation, et cette forme est la même que ce qui domine les océans de la Terre. »

La découverte implique une dynamique intéressante derrière la collecte et le mouvement des hydrocarbures liquides de Titan, qui sont en grande partie constitués de molécules de méthane et d’éthane condensées. Soit les mers de Titan sont reliées par des fleuves assez grands pour que le liquide s’équilibre, soit il se passe quelque chose d’autre sous la surface. Hayes pense que la deuxième hypothèse est plus probable. Cela suggère également qu’il y a un volume encore plus important d’hydrocarbures liquides sur Titan qui coule à perte de vue.