Toungouska : l’événement de 1908 provoqué par un astéroïde fait de fer ?

En 1908, une gigantesque onde est survenue en Sibérie centrale, une onde équivalente à mille fois celle provoquée par la bombe nucléaire lâchée sur Hiroshima lors de la Seconde Guerre mondiale. L’événement a détruit toute la forêt de la région sur un rayon de vingt kilomètres.

Depuis, les théories vont bon train. Et si certains n’ont pas manqué d’attribuer l’événement de la Toungouska à une activité extraterrestre, la plupart des chercheurs pensent que l’onde de choc a été provoquée par une météorite.

Un astéroïde filant vers la Terre

Crédits Pixabay

Une étude menée récemment par un groupe de scientifiques russes semble aller dans ce sens.

L’événement de la Toungouska éclairé sous un jour nouveau

Publiée dans les Monthly Notices de la Royal Astronomical Society, l’étude en question suppose ainsi que l’explosion de la Toungouska a en réalité été provoquée par un astéroïde en fer.

D’après les chercheurs, un corps venu de l’espace serait en effet entré dans l’atmosphère terrestre et aurait ensuite survolé la Terre à basse altitude au-dessus de la Sibérie avant de rebondir et de repartir d’où il était venu.

Ce qui expliquerait pourquoi aucun débris de météorite n’a encore été retrouvé sur place, mais surtout pourquoi les expéditions menées sur place n’ont révélé l’existence d’aucun cratère d’impact. L’astéroïde n’aurait en effet pas touché la surface de la planète. Néanmoins, sa vitesse aurait suffi à provoquer une explosion dans la zone, une explosion qui a couché plus de 80 millions d’arbres sur une superficie de plus de deux mille kilomètres carrés et qui a aussi provoqué un incendie au sein de la forêt russe.

Mais l’étude ne s’arrête pas là et elle donne aussi plus de précision sur la trajectoire et la vitesse du corps.

Une météorite en fer à l’origine du phénomène ?

Selon les chercheurs, la roche spatiale aurait en effet atteint une altitude de 10 à 15 kilomètres à une vitesse de 20 kilomètres par seconde, provoquant par la même occasion l’onde de choc à l’origine de l’événement. Pour que le corps puisse rebondir, les scientifiques estiment que son diamètre devait être compris entre 50 et 200 mètres. Quant à sa composition, la violence de l’explosion suggère que le corps était fait de fer.

Les modélisations mathématiques menées par les chercheurs ont en effet démontré qu’un corps fait de pierre ou de glace aurait forcément perdu de sa masse en entrant dans l’atmosphère terrestre, ce qui ne lui aurait pas permis de rebondir par la suite.

Cette théorie doit cependant être prise pour ce qu’elle est : une théorie. Pour le moment, les chercheurs n’ont présenté aucune preuve pour étayer leur thèse. Et en matière de sciences, il est toujours préférable d’appliquer le principe de précaution.