Trafic d’antiquités : Facebook aiderait les trafiquants d’art à échapper à la justice

Facebook a actuellement fort à faire pour lutter contre les différents problèmes qui envahissent sa plateforme : discours de haine, désinformation ou encore le trafic d’art. Justement, un groupe de recherche, dénommé Athar Project, a récemment déploré le fait que Facebook fournisse une plateforme de choix pour ces trafiquants et dissimule leurs méfaits en supprimant des preuves.

En effet, comme nous le rapporte The Verge, le marché noir des biens pillés est florissant sur Facebook. Bien que la société ait interdit la vente d’artefacts historiques en juin dernier, les pillards ne manquent pas de ressources pour contourner les politiques du réseau social.

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Le groupe de recherche Athar a effectivement découvert de nombreux messages qu’envoient les pillards entre eux qui sont écrits en arabe et que Facebook se contente de supprimer.

Facebook supprime des preuves cruciales

Le 24 octobre dernier, Athar avait découvert un trafiquant d’art en Libye qui avait publié une série d’annonces dans laquelle il vendait une statue gréco-romaine appartenant à un musée. Les annonces sont parues dans des groupes Facebook privés dédiés au trafic d’antiquités et comptaient entre 5.000 et 18.000 membres.

Dans certains groupes, les trafiquants se filmaient même en plein pillage et se demandaient conseil sur la manière de creuser ou encore de trouver des acheteurs pour les trésors qu’ils allaient déterrer. Athar a actuellement 130 groupes de ce genre dans sa ligne de mire.

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Le trafic d’art sert de financement aux organisations terroristes

D’après les experts, lorsque Facebook peut identifier ces groupes comme contrevenant à ses politiques, il se contente simplement de les supprimer, supprimant également toute la documentation cruciale qui aurait permis aux chercheurs d’étudier les arts volés et mettant une croix sur toute possibilité de rapatrier ces biens. Selon Katie Paul, codirectrice d’Athar Project, « Facebook a créé un problème et plutôt que de contribuer à sa résolution, il l’aggrave ».

Par ailleurs, le vol d’art a des implications beaucoup plus néfastes puisque, d’après Reuters, les antiquités pillées seraient une importante source de financement pour les organisations terroristes comme Daech. De plus, le Moyen-Orient est riche en artefacts culturels mais malheureusement, le marché des antiquités n’y est pas aussi réglementé que le trafic de drogue ou encore la vente d’armes.

D’autant plus que le fait que Facebook accordent désormais plus d’importance à la vie privée profite également aux criminels. Comme le rapporte Athar dans son rapport, Facebook est devenu le far-west des médias sociaux, offrant aux organisations extrémistes violente et aux groupes criminels l’opportunité d’opérer à la vue de tous.

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