Traitement du cancer : Un groupe de scientifiques a pu synthétiser des molécules anticancéreuses issues des éponges de mer

Le 17 juin dernier, une publication sur la découverte d’un moyen efficace pour synthétiser en masse des molécules capables de lutter contre le cancer est parue dans le journal Scientific Reports. L’étude a été effectuée par une association de plusieurs chercheurs de Harvard et du Japon.

La recherche s’est portée sur les halichondrines qui sont des molécules trouvées chez les éponges de mer et dont les actions anticancéreuses intéressaient les chercheurs depuis des années.

Éponges de mer

Crédits Pixabay

Les halichondrines ont été découvertes pour la première fois en 1980 par des scientifiques japonais, mais à cette époque, il leur était encore impossible de les synthétiser en laboratoire ou d’obtenir une quantité suffisante à partir des éponges de mer.

Une découverte historique vers une meilleure production d’halichondrines

Dans les années 90, les scientifiques ont commencé à fabriquer artificiellement une des molécules d’halichondrine qui est l’halichondrine B. Les résultats n’étaient cependant pas satisfaisants puisque la quantité d’halichondrines B obtenue était très faible, notamment 1 % de la quantité des ingrédients utilisés.

L’étude récemment publiée, menée par une équipe incluant certains chercheurs qui ont synthétisé l’halichondrine B, a conduit à la synthèse des molécules en plus grande quantité. La molécule d’halichondrine qui a été produite est appelée E7130.

Selon les informations décrites dans l’article, il est maintenant possible de synthétiser environ 11 grammes d’E7130 avec un taux de pureté de 99 %. C’est une importante quantité pour débuter des recherches plus avancées sur les animaux comme  la souris par exemple.

D’autres attributions à l’E7130

Yoshito Kishi, l’auteur principal de l’étude, professeur de chimie à Harvard et  ayant contribué aux recherches sur l’halichondrine B, a déclaré que les halichondrines promettent des résultats très encourageants pour traiter efficacement le cancer.

Durant les tests de l’E7130 sur les souris, les chercheurs ont en effet constaté que les molécules d’halichondrine pouvaient également promouvoir certaines cellules et en inhiber d’autres pour empêcher le développement des cellules tumorales. Selon les scientifiques, cet aspect est très important dans le traitement d’un cancer, principalement pendant la période de chimiothérapie, car il permet d’augmenter les chances de succès en associant les molécules d’halichondrine avec d’autres médicaments.

Pour le moment, l’utilisation de l’E7130 n’est encore prévue que pour le traitement des cancers rares. Un autre essai clinique est cependant programmé aux Etats-Unis afin de tester l’efficacité du médicament.

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