Pour trouver une civilisation extraterrestre avancée, il faut peut-être fouiller du côté des trous noirs

Cela fait maintenant des décennies que les humains scannent le cosmos dans l’espoir de découvrir l’existence d’une civilisation extraterrestre intelligente. Jusqu’ici, aucun résultat positif n’a encore pu confirmer la présence des aliens, les recherches se basant sur la détection des ondes radio que les extraterrestres pourraient émettre. Une étude récente pourrait offrir une autre piste à explorer pour les chasseurs d’aliens, il s’agit de repérer les traces que ces derniers pourraient laisser lorsqu’ils exploitent l’énergie provenant des trous noirs.

Selon les scientifiques derrière l’étude, une technologie capable de récupérer l’énergie au niveau d’un trou noir en rotation pourrait laisser des traces, juste en dehors de l’horizon des événements. Ce processus pourrait ainsi être à l’origine de certains éclats de plasma que des chercheurs ont déjà détectés près de ces objets cosmiques. L’article publié le 13 janvier dernier dans la revue Physical Review D propose en fait une nouvelle façon de s’approvisionner en énergie auprès des trous noirs, une méthode peut-être exploitée par d’éventuelles civilisations extraterrestres.

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D’après l’astrophysicien Luca Comisso du Columbia University de New York et co-auteur de l’étude, ils ont pu uniquement établir la physique derrière la nouvelle méthode d’extraction d’énergie à partir des trous noirs. Maintenant, ce qu’il reste à faire c’est de déterminer quel genre de signal il faudrait rechercher pour dire que le processus est en cours quelque part dans l’Univers.

Le principe à la base de la nouvelle théorie

Ce n’est pas la première fois que des scientifiques proposent un moyen d’exploiter l’énergie produite par les trous noirs en rotation. Cette dernière étude est en fait la quatrième à le faire en 50 ans.

D’après ce que l’on sait, la théorie la plus connue est celle établie par le physicien Roger Penrose en 1969. Ce dernier a proposé un processus, aujourd’hui connu sous le nom de Processus de Penrose, qui implique une particule se divisant en deux près d’un trou noir tournant à presque la vitesse de la lumière. L’une des parties de la particule va alors tomber à travers l’ergosphère, qui est la région juste en dehors de l’horizon des événements, et finir à l’intérieur du trou noir. Les calculs indiquent que les objets tombant dans l’ergosphère peuvent avoir une énergie négative, un phénomène qui n’est possible que dans cette zone précise.

La physique veut que lorsqu’on ajoute une particule ayant une énergie négative à un trou noir, cela équivaut à en extraire de l’énergie. Ainsi, si une civilisation avancée pouvait capturer la partie de la particule qui s’est échappée du trou noir, ce serait un moyen d’obtenir de l’énergie.

La différence entre la théorie de Penrose et celle de la nouvelle étude est que Penrose a juste considéré une particule unique se divisant en deux. L’étude récente quant à elle considère des quantités astronomiques de plasmas générées dans le disque d’accrétion autour du trou noir. Les plasmas sont en effet constitués d’un grand nombre de particules, ce qui fait qu’une très grande quantité d’énergie pourrait être extraite.

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L’origine des plasmas

Les plasmas qui peuvent être utilisés pour avoir de l’énergie ont une origine particulière, comme l’expliquent Comisso et Felipe Asenjo, ce dernier étant un astrophysicien de l’Universidad Adolfo Ibanez de Santiago au Chili, et co-auteur de l’article. Ces plasmas seraient créés à partir d’événements de « reconnexion magnétique ». Au cours de ce processus, des lignes de champ magnétique intenses s’enchevêtrent, se cassent et se rejoignent, et cela se passe juste en dehors de l’horizon des événements.

Les reconnexions magnétiques sont généralement observées à la surface des étoiles comme le Soleil. Quand les jets de plasmas créés sur les étoiles à partir de ce phénomène sont créés, ils retombent directement dans l’étoile ou sont éjectés dans l’espace. Dans le cas s’un trou noir tournant, un jet de plasma qui retombe à travers l’ergosphère pourrait avoir une énergie négative, tandis que le jet qui s’échappe va obtenir une énergie supplémentaire.

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En tout cas, même si cette théorie est exacte, il reste encore un très long chemin à parcourir avant que l’on puisse un jour profiter de l’énergie produite par les trous noirs. En attendant, il est toujours possible de scruter le ciel pour voir si des civilisations extraterrestres ont pu avoir la même idée.