Et si certains trous noirs supermassifs menaient vers des trous de ver ?

Il arrive parfois que la science-fiction et la science finissent par se rejoindre, et cela semble être le cas ici. Des experts travaillant pour l’observatoire astronomique central de Russie viennent en effet de publier un article scientifique dans lequel ils émettent l’hypothèse que certains trous noirs supermassifs pourraient en réalité déboucher sur… des trous de ver. Explications.

En astrophysique, un trou de ver est un objet hypothétique qui serait potentiellement capable de relier ensemble deux régions distinctes de l’espace-temps.

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En théorie, il serait donc possible de voyager instantanément d’un endroit à l’autre de l’espace en traversant cet objet.

Les trous de ver, des objets théoriques nés dans les années 30

Contrairement à ce que l’on pourrait penser, la théorie du trou de ver n’est pas née avec les studios hollywoodiens. Elle a été formulée pour la première fois dans le milieu des années 30 par deux figures incontournables de la physique contemporaine, à savoir Albert Einstein et Nathan Rosen.

Mais à l’époque, bien sûr, ces objets ne portaient pas ce nom. Il a ainsi fallu attendre la fin des années 50 pour que le terme “trou de ver” voie le jour, sous l’impulsion de Charles W. Misner et John A. Wheeler.

Et si vous vous questionnez sur son origine, alors sachez qu’il provient de l’analogie du ver et de la pomme. En creusant le fruit, un fruit qui est devenu le symbole de la gravité avec Isaac Newton, le ver peut en effet se rendre à un point diamétralement opposé à celui où il se trouvait.

Toujours est-il que si personne n’a encore été en mesure de prouver l’existence des trous de ver, les études théoriques, elles, se sont multipliées au cours de ces dernières décennies.

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Les trous noirs supermassifs, des portails menant vers des trous de ver ?

Et la dernière en date nous vient donc de l’observatoire astronomique central de Russie.

Dans une étude publiée dans les avis mensuels de la Royal Astronomical Society, ces astrophysiciens soutiennent donc que les trous noirs présents au centre de certaines galaxies très brillantes, ou des AGN si vous préférez, pourraient être en réalité des portails menant vers des trous de ver.

Etrange ? Pas complètement. Dans les faits, les trous noirs et les trous de ver partagent de nombreuses similarités. Du moins en théorie. Ils sont en effet tous deux extrêmement denses et ils possèdent en outre une puissante attraction gravitationnelle.

La principale différence entre ces deux objets vient donc de leur comportement. Contrairement à un trou de ver, rien ne peut en effet ressortir d’un trou noir.

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De l’importance d’étudier les trous noirs

Partant de ce constat, les chercheurs de cette nouvelle étude ont donc supposé que si un trou noir devait mener vers un trou de ver, alors la matière présente au niveau d’un côté du tunnel pourrait potentiellement entrer en collision avec la matière se trouvant à son autre extrémité.

Ce qui entrainerait du même coup l’expansion de sphères de plasma pouvant atteindre des milliards de degrés et déboucher sur la production de puissants rayons gamma.

Des rayons pouvant être détectés à l’aide de certains de nos instruments.

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Alors bien sûr, à ce stade, cette étude est purement théorique, mais les chercheurs pensent que nous devrions nous focaliser un peu plus sur l’étude des trous noirs supermassifs. Car si les trous de ver existent, alors ils pourraient nous en apprendre beaucoup plus sur la nature de notre Univers.

Mots-clés trous noirs