Trump en a visiblement assez de l’ISS

Donald Trump a vraisemblablement une dent contre l’ISS et son administration souhaite ainsi mettre fin au financement de la NASA pour le programme d’ici 2025, clouant de ce fait tous les astronautes au sol.

L’ISS trouve ses origines dans les années 60. La NASA a en effet commencé à travailler sur l’idée d’une station spatiale placée en orbite terrestre à cette lointaine époque. L’agence avait d’ailleurs de solides ambitions et elle avait ainsi prévu d’assurer la présence permanente d’un équipage composé de dix à vingt astronautes à son bord.

ISS

À la base, la Station Spatiale Internationale était censée avoir plusieurs rôles et notamment celui de station de ravitaillement en carburant.

L’ISS, des débuts compliqués

La NASA comptait en effet l’utiliser comme un relais pour préparer ses futures missions habitées.

Par la suite, l’agence a dû faire face à plusieurs coupes budgétaires et à un changement de politique drastique. Richard Nixon lui a en effet demandé de recentrer ses efforts autour de ses navettes spatiales. Toutefois, la NASA a réussi à placer en orbite terrestre sa toute première station spatiale, Skylab, au début des années 70, marquant ainsi le début d’une nouvelle ère.

Du moins pendant un temps. Suite au retard pris sur le développement de sa nouvelle navette spatiale, l’agence spatiale américaine n’a pas réussi à rehausser à temps l’orbite de sa station et cette dernière a fini par s’abîmer dans l’atmosphère terrestre, réduisant du même coup en cendres les rêves d’espace des astronautes américains.

En parallèle, l’URSS a aussi commencé à travailler sur une station spatiale. Passablement agacé, le président Reagan a donc demandé à la NASA de reprendre le développement d’une station dans les années 80. Toutefois, les États-Unis ont vite réalisé qu’ils n’avaient pas les reins assez solides pour assumer seuls le coût d’un tel développement et ils ont ainsi décidé d’ouvrir le projet aux autres nations en 1984.

Les années suivantes n’ont pas été faciles. L’explosion de Challenger en 1986 a en effet contraint le gouvernement américain à geler tous les vols habités prévus par la NASA. Le projet de station spatiale a donc été suspendu.

Un projet né d’une union

Pour ne rien arranger, le Congrès a pris le projet en grippe et il a donc fallu attendre l’arrivée de Bill Clinton au pouvoir en 1993 pour que la mission soit relancée, avec quelques restrictions.

Clinton a alors eu une idée totalement folle pour l’époque : ouvrir la porte à la Russie. Suite à la dislocation de l’Union soviétique, cette dernière s’est en effet retrouvée dans une situation économique compliquée et elle a alors été obligée de baisser drastiquement le budget spatial. Le président américain a donc proposé à son homologue russe, Boris Eltsine, de participer au développement de la toute première station spatiale de l’humanité.

Contre toute attente, la Russie a accepté et les deux nations ont signé un accord de coopération.

La construction de l’ISS a démarré à la fin des années 90 et il a fallu attendre pas loin de trente ans pour voir naître la station que nous connaissons, une station dont l’existence est désormais menacée.

Comme indiqué plus haut, l’administration Trump souhaite en effet tourner définitivement la page et mettre ainsi un terme au soutien de la NASA au programme de l’ISS à l’horizon 2025. Du moins d’après le projet de budget révisé obtenu par The Verge au début de la semaine.

L’ISS en danger

Rien ne serait encore acté, mais nos confrères ont appris par leurs sources que cette nouvelle directive figurera dans la proposition finale, une proposition qui devra cependant recevoir l’approbation du Congrès.

Toutefois, et comme le fait remarquer Loren Grush dans son article, cette directive risque d’envoyer un signal fort aux partenaires internationaux de l’agence spatiale américaine, des partenaires qui pourraient du coup se désengager à leur tour du projet. Si tel est le cas, alors cette directive risque de marquer la fin de l’ISS.

La Station Spatiale Internationale coûte cher à maintenir, c’est un fait. L’agence dépense entre trois et quatre milliards de dollars par an pour assurer son fonctionnement. Toutefois, elle a également permis de nombreuses découvertes grâce aux multiples expériences menées à son bord et elle est également devenue un symbole d’union entre les nations.

Pour toutes ces raisons, l’administration Obama avait décidé en 2014 de maintenir le financement de la station jusqu’en 2024. Il semblerait que le nouveau président américain ne voit pas les choses de la même manière.

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