Twistron, une fibre qui produit du courant en s’étirant ou en s’entortillant

Une équipe de chercheurs américains en collaboration avec des scientifiques de l’université de Hanyang ont développé une fibre capable de produire de l’électricité une fois étirée. Baptisé Twistron, le matériau est fait de nanotubes de carbone enroulés qu’il suffit d’étirer ou d’entortiller pour générer du courant. Les expériences ont démontré qu’un morceau de Twistron de la taille d’un confetti produit assez d’énergie pour alimenter une ampoule LED.

Publiée le 24 aout 2017 dans la revue américaine Science, l’étude révèle que Twistron se présente comme un ensemble de nanotubes de carbone et de cylindres creux dotés d’un diamètre dix mille fois plus fin qu’un cheveu. Pour générer de l’électricité, chaque fibre est plongée dans un mélange électrolyte d’eau et de sel de table, c’est-à-dire conducteur d’ions.

Twistron

Le projet a été financé par plusieurs agences américaines et sud-coréennes (US et Corée Air Force, Nasa…) dans le cadre d’une collaboration scientifique et militaire entre les deux pays.

Des premiers tests concluants

Les recherches ne sont qu’à leurs débuts. Cependant lors des premières expérimentations, les chercheurs sont parvenus à générer 250 watts d’électricité par kilogramme en étirant les fils Twistron trente fois par seconde. Les fibres en question ne pesaient pas plus qu’une mouche et pourtant, elles ont été capables de fournir assez de courant pour allumer une petite ampoule LED.

Les chercheurs ont également relié dix centimètres de Twistron avec une bouée d’un côté et une boule de plomb de l’autre. Le tout a ensuite déposé sur l’eau. Le mouvement des vagues a permis d’étirer le Twistron qui s’est mis à produire du courant non-stop et en quantité.

Dans un futur proche, la technologie pourrait être développée à plus grande échelle, cela en augmentant le diamètre des fils et en utilisant plusieurs fibres en parallèle.

Plusieurs applications possibles

Si le Twistron se présente comme la garantie d’une nouvelle forme d’énergie verte et durable, les scientifiques ont précisé que la technologie n’était pas encore destinée à des projets de grande envergure. L’utilisation des fibres est surtout envisagée pour l’alimentation des objets connectés ou des petits accessoires dont le changement de batterie n’est pas très pratique.

Des tests ont aussi permis de découvrir qu’il est possible d’intégrer les fibres dans les vêtements. Elles peuvent alors être utilisées pour fournir du courant à un appareil respiratoire autonome. Dans ce cas, ce sont les mouvements ou encore le souffle du porteur des habits qui vont étirer ou entortiller les fils et leur permettre de générer de l’électricité.

Mots-clés énergie