Twitter & Dataminr : le divorce est consommé

Twitter se méfie visiblement du gouvernement américain. Preuve en est, le champion du micro-blogging a décidé de suspendre les accès accordés à Dataminr, un service d’analyse des réseaux sociaux utilisé par les agences américaines pour surveiller les citoyens.

Dataminr n’est pas très connu des profanes et cela n’a rien d’étonnant vu son secteur d’activité. Cette entreprise fournit en effet des outils d’alertes basés sur l’analyse des tweets, des outils capables de prendre en compte divers critères et notamment la localisation des internautes.

Twitter Dataminr

Twitter a finalement décidé de suspendre l’accès de Dataminr. Ce dernier ne pourra plus accéder aux données du réseau social.

Des outils très appréciés des commerciaux, des médias, mais également des gouvernements.

Dataminr, une entreprise très appréciée des médias et des gouvernements

Ces derniers utilisent en effet la solution de l’entreprise pour surveiller les réseaux sociaux, et notamment pour lutter contre le terrorisme.

Toutefois, et d’après une enquête menée par l’ACLU (pour America Civil Liberties Union), les agences gouvernementales américaines auraient tendance à l’utiliser aussi pour traquer les activistes et les manifestants.

Twitter a toujours été lié à Dataminr et le géant américain possède même 5 % du capital de la société. Toutefois, il avait aussi mis les choses au clair dès le départ et il interdisait ainsi l’utilisation de ses données à des fins de surveillance ou d’espionnage.

Autant dire qu’il n’a pas dû apprécier les résultats de l’enquête de l’ACLU.

Un problème de confidentialité et de confiance

Selon Nicole Ozer, la présidente de la branche californienne de l’association, c’est même tout le contraire, car Twitter a décidé d’agir et de suspendre purement et simplement l’accès de Dataminr à ses données. Une information qui a été confirmée un peu plus tard par une lettre signée de la main de Colin Crowell et donc du vice-président en charge de la politique publique mondiale de la firme.

Ce n’est pas la première fois que Twitter montre les crocs. L’entreprise avait en effet procédé de la même manière pour Geofeedia, une solution logicielle qui proposait globalement la même chose et qui avait elle aussi été utilisée pour surveiller certains activistes.

Cela ne veut évidemment pas dire que le gouvernement américain va cesser de surveiller ce qui se passe sur les réseaux sociaux. En réalité, il aura toujours accès aux messages partagés sur Twitter, mais il devra désormais se contenter des données publiques.

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