Twitter et Facebook auraient démantelé un réseau russe

Twitter et Facebook ont déclaré avoir supprimé quelques comptes suspicieux appartenant à une organisation russe. Les administrateurs de ces comptes auraient orchestré une opération visant à manipuler la prochaine élection présidentielle américaine qui aura lieu en novembre. La manigance aurait atteint un stade particulièrement avancé avant d’être démasquée.

Rappelons que le précédent scrutin avait été entaché par une telle campagne de désinformation.

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Treize comptes et pages ont été retirés par Facebook. Ils auraient appartenu à des individus ayant des liens étroits avec le Kremlin. Les comptes étaient suivis par 14 000 abonnés, dont une majorité arabe et seulement 200 Américains.

Twitter a aussi suspendu cinq comptes qui auraient fait partie d’une opération d’influence de la part de la Russie.

Ils tentent de s’infiltrer parmi les audiences de gauche

D’après le réseau social à l’oiseau bleu, l’opération ayant récemment été démasqué semble avoir des liens avec l’IRA, Internet Research Agency. Cette agence a déjà été accusée par le ministère de la Justice américaine de s’être ingérée dans la campagne électorale de 2016. Elle aurait soutenu un mouvement anti-Clinton et pro-Trump aux États-Unis.

Lors des précédentes élections américaines, le gouvernement russe se serait infiltré dans des réseaux sociaux en se faisant passer pour un média indépendant appelé PeaceData. La manœuvre a été découverte grâce à une collaboration des réseaux sociaux avec le Foreign Influence Task Force du FBI.

PeaceData a prétendu être un site d’information à but non lucratif en anglais et en arabe. Ses publications attaquent ouvertement les politiques de droite et de centre gauche. Les posts semblent avoir été publiés dans l’intention d’attirer les démocrates avant de procéder aux opérations de manipulation.

« Ils ont investi dans la création de faux comptes avec une personnalité et des photos de profil qui donnent une apparence authentique. Ce sont les mêmes procédés employés par l’IRA pour affaiblir les soutiens à Hillary Clinton et pour infiltrer les audiences de gauche », a expliqué Nathaniel Gleicher, le directeur de la sécurité de Facebook.

Les réseaux sociaux se tiennent prêts

Cette fois-ci, les désinformateurs se sont apparemment fait passer pour des amateurs. Force est néanmoins de reconnaître que les géants des réseaux sociaux ont eu le temps pour se préparer. En outre, ils ont intérêt à collaborer avec les autorités sur cette affaire, étant donné les critiques ayant été proférées à leur encontre sur le sujet. Facebook se prépare déjà à adopter des mesures plus strictes, car la période préélectorale est souvent propice aux infox.

Le FBI a passé deux ans à enquêter sur la supposée complicité entre la Russie et les organisateurs de la campagne de Trump en 2016. L’ancien directeur de l’agence fédérale avait conclu que l’État russe s’est immiscé dans les élections américaines au profit de l’actuel président.

« Les tentatives de désinformation de la part de Russie sur les médias sociaux n’ont jamais cessé. Par contre, elles n’ont pas la même ampleur que celle observée lors de la campagne de 2016 », a déclaré Christopher Wray, le directeur du FBI.