Twitter rétablit certains comptes officiels cubains

Le mercredi 11 septembre dernier, Twitter Inc. a bloqué un certain nombre de comptes officiels cubains sans réellement expliquer comment ces derniers ont enfreint ses règles. Toutefois, un porte-parole de la compagnie a déclaré que les utilisateurs ne peuvent pas artificiellement amplifier ou perturber des conversations en utilisant des comptes multiples.

Suite à cette décision, les officiels Cubains ont accusé l’entreprise américaine de censure massive, une réponse que de nombreuses critiques ont qualifiée d’ironique. Cuba est en effet un État avec un seul parti politique, et pratique lui-même la censure.

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En tout cas, Twitter vient de rétablir certains des comptes bloqués incluant ceux de médias contrôlés par l’Etat, de journalistes, ou encore d’officiels du gouvernement. Cependant, d’autres comptes sont restés bloqués comme ce fut le cas de Raul Castro qui est le leader du parti communiste.

Pas pour tout le monde

Mariela Castro, la fille de Raul Castro et directrice du Centre National Cubain pour l’Education Sexuelle, a twitté le vendredi 13 septembre que Twitter avait finalement rétabli les comptes bloqués. Elle a ainsi remercié tous ceux qui ont exprimé leur solidarité face à l’agression au niveau des médias qu’a subi Cuba.

Toutefois, certains comptes sont encore restés fermés. Ce fut le cas du site web Cubadebate qui est contrôlé par l’État. Les responsables du site ont indiqué que tous leurs comptes dans différents langages, ainsi que ceux des directeurs et des journalistes sont restés fermés.

Un haut niveau de censure

En ce qui concerne la censure, l’État de Cuba a le monopole sur les espaces publics et les médias traditionnels. Et même si les divers organes de presse ont des profils différents, ils publient généralement des articles similaires pour ne pas dire exactement les mêmes articles. Sur Twitter, beaucoup de journalistes d’État et de responsables de l’administration se contentent de retwitter les déclarations officielles.

Les personnes qui critiquent le gouvernement cubain se plaignent surtout de ce qu’ils appellent des « cybercatfishes ». Ceux-ci utilisent de faux comptes sur Twitter et prétendent supporter le gouvernement tout en attaquant ceux qui ne le font pas. Selon certains tweets écrits par des Cubains, après le 11 septembre dernier, certains de ces « cybercatfishes » ont arrêté de les déranger puisque leurs comptes ont été bloqués.

Cuba fait partie des 10 pays les plus censurés dans le monde, comme l’indique la liste sortie la semaine du 9 septembre par le Comité de Protection des Journalistes dont le siège est à New-York. Le journalisme indépendant y est toléré mais n’est pas légal, et de nombreux organes de presse critiquant le gouvernement sont bloqués.

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