Uber au cœur d’une sale affaire d’espionnage industriel

Quand il n’y en a plus, il y en a finalement encore pour Uber, qui ne cesse de faire parler d’elle ces derniers mois pour le meilleur (parfois) et (souvent) pour le pire. Alors que la start up de Travis Kalanick a déjà plusieurs procès aux fesses, et se traîne diverses casseroles pour des affaires de sexisme et de violation de brevet vis à vis de Google, voilà qu’Uber monte d’un cran en saupoudrant le tout d’espionnage industriel caractérisé.

Selon un article du site américain The Information en date du 12 avril, Uber aurait usé d’un programme espion surnommé « Hell » (« enfer » en anglais), pour surveiller les activités de Lyft, son rival et principal concurrent aux États-Unis.

La célèbre start-up californienne spécialisée dans le transport VTC, est une fois de plus pointée du doigt, cette fois pour une affaire d’espionnage industriel.

Si l’espionnage industriel est d’emblée totalement illégal, nul doute que le surnom donné au programme par les employés d’Uber n’aidera pas la firme à plaider le « simple malentendu »… Lancé dès 2014, « Hell » aurait notamment eu pour but de localiser les chauffeurs travaillant pour Lyft, et d’identifier ceux portant deux casquettes : celles d’Uber et de Lyft. Une pratique pourtant légitime, les chauffeurs travaillant pour l’une ou l’autre de ces deux sociétés, n’étant pas tenus par de quelconques contrats d’exclusivité.

Les chauffeurs : Le nerf de la guerre pour Uber

Toujours d’après The Information, la démarche de la start up basée à San Francisco était la suivante : forcer ces chauffeurs « bigames » à divorcer de Lyft pour se vouer corps et âme à Uber, quitte à leur proposer une compensation financière plus ou moins élevée.

Un mode opératoire qui avait pour but final de dépouiller autant que possible son principal concurrent de ses effectifs présents sur les routes, limitant de fait son chiffre d’affaires, et fatalement ses capacités d’expansion.

S’il est encore un peu trop tôt pour juger de la portée de l’article publié par The Information, il est toutefois clair que si les faits sont avérés Uber pourrait regretter amèrement d’avoir franchi la ligne jaune.

Notons en outre que la firme refuse pour l’heure de répondre aux sollicitations des médias américains, tandis que Lyft a pour sa part qualifié les informations publiées de « très inquiétantes« .

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