Uber : Les frais de sécurité de 1 dollar par trajet n’auraient aucun rapport avec la sécurité

En 2014, Uber a imposé un surcoût de 1 dollar par trajet que les utilisateurs devaient payer. La société l’a appelé « Frais de sécurité ». Cependant, d’après un extrait du livre Super Pumped : The Battle for Uber du reporter du New York Times, Mike Isaac, ce système d’Uber n’était qu’un moyen de faire plus de profits. Selon le livre, l’argent collecté par la compagnie, estimé à 500 millions de dollars, n’a jamais été spécifiquement affecté à la sécurité, c’était plutôt une façon pour Uber d’ajouter 1 dollar de marge pure à chaque trajet.

Au moment de l’instauration de ces frais, l’entreprise faisait face à une augmentation des frais d’assurance et a eu l’idée de faire payer les utilisateurs pour booster les profits.

Crédits Pixabay

En réalité, le programme de sécurité d’Uber consistait uniquement à faire voir une courte vidéo aux conducteurs.

Ce n’est que plus tard que la compagnie a commencé à ajouter des fonctionnalités de sécurité sur son application, comme par exemple le bouton d’urgence pour appeler le 911.

Une fausse promesse

Le montant des frais de sécurité variait selon les endroits, mais était en général de 1 dollar et quelques centimes. Par exemple, à San Francisco, les usagers devaient payer 1,35 $ par trajet. À Philadelphie, c’était  1,25 $, et à Los Angeles, 1,65 $.

D’après Uber, cet argent était destiné à payer des coûts opérationnels associés à la sécurité comme le marketing, la réponse aux incidents, ou encore l’amélioration de la technologie. La société a aussi déclaré qu’ils devaient faire payer les frais séparément pour que ceux-ci ne soient pas affectés par la hausse des prix.

Des clients pas contents

Les clients d’Uber ont fini par comprendre la technique utilisée par la compagnie pour gagner plus d’argent. C’est ainsi qu’en 2016, deux actions en recours collectif ont été intentées contre la société. La plainte indiquait que celle-ci avait fait connaître son programme de sécurité d’une manière inappropriée.

À la fin, Uber a dû payer la somme de 28,5 millions de dollars. De plus, la compagnie a accepté d’éviter d’utiliser certaines expressions lors de ses campagnes marketing. Par exemple, elle ne peut pas utiliser « la plus sure sur les routes » ou encore « norme absolue en matière de sécurité ». Le nom des frais de sécurité a aussi dû être changé en « Frais de réservation ». Ces derniers sont actuellement toujours inclus dans la facture d’Uber.

Les grosses compagnies arrivent toujours à trouver de nouvelles idées pour faire payer plus leurs clients. C’est à ces derniers d’être vigilants afin de pouvoir repérer les différents pièges et de dénoncer si besoin est.

Mots-clés uber