Ubisoft au cœur d’un incident diplomatique avec la Bolivie

Voilà une affaire peu commune, le français Ubisoft (troisième éditeur mondial de jeu vidéo) se trouve au centre d’un véritable incident diplomatique opposant le gouvernement bolivien à la France. La raison de cette prise de bec ? La sortie toute prochaine du jeu de tir Ghost Recon Wildlands, qui présente – selon Fernando Huanacuni (ministre bolivien des Affaires étrangères) et Carlos Romero (ministre de l’intérieur) – la Bolivie sous un mauvais jour.

Il faut dire que le prochain titre d’Ubisoft (attendu pour le 7 mars) se déroule effectivement dans le pays sud-américain, et met le joueur dans la peau d’un membre d’une équipe de soldats d’élite envoyée sur place pour lutter contre des narcotrafiquants et un gouvernement corrompu.

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Le français Ubisoft est au centre d’un incident diplomatique opposant la Bolivie à la France. La raison ? L’image donnée à la Bolivie dans Ghost Recon Wildlands

Une publicité qui a donc du mal à passer en Bolivie, à tel point que le gouvernement a rapidement convoqué l’ambassadeur de France (Denys Wibaux), installé à La Paz, pour lui transmettre une lettre de mécontentement à destination d’Ubisoft et lui faire part de certaines mesures prises à l’encontre de la France.

Le gouvernement bolivien blessé par Ubisoft

Au fond, c’est ce qui ressort des déclarations des deux ministres mentionnés plus haut. Fernando Huanacuni, le ministre bolivien des Affaires étrangères, accuse en effet Ubisoft de présenter la Bolivie comme “comme un pays de ‘narcos’” et précise que son gouvernement se réserve “le droit de faire usage de toutes les actions légales” contre cet opus de Ghost Recon.

A noter que l’Etat bolivien ne s’en prend pas seulement à Ubisoft, mais aussi à la France en annulant certains contrats préalablement conclus. Il est notamment question de la suspension de l’achat de six hélicoptères SuperPuma par l’armée bolivienne (pour 25 millions de dollars), et de l’annulation d’un projet de radars qui auraient dû être déployés à travers le pays (contre un chèque de 200 millions cette fois).

Contacté par Le Monde Pixel, Ubisoft se défend d’avoir voulu insulter le gouvernement bolivien, expliquant que le contexte de son prochain titre est totalement fictif, et que le jeu en lui-même cherche à rendre hommage à “l’incroyable beauté et à la topographie du pays”.

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