Un algorithme pour prédire les attaques de Daech ?

Daech est très présent sur les réseaux sociaux et si les autorités luttent pour faire fermer les comptes de ses partisans, les chercheurs de l’Université de Miami préfèrent les étudier. Pourquoi ? Tout simplement afin de créer un modèle capable de prédire les attaques des organisations djihadistes en analysant les messages et les publications partagées par leurs soutiens.

Neil Johnson s’intéresse depuis plusieurs années à la physique des comportements. Il est en effet persuadé que tout est une question de causalité et qu’il est par conséquent possible de prédire des comportements en analysant des interactions entre plusieurs objets.

Algorithme Daech

Des chercheurs ont créé un algorithme capable de prédire les attaques terroristes.

Il dirige depuis plusieurs années un groupe de recherche interdisciplinaire et il est donc à la tête d’une équipe constituée de plusieurs chercheurs experts dans différents domaines.

Un algorithme pour prédire les attaques terroristes

Accessoirement, il a aussi enseigné la physique à l’Université d’Oxford et il a en plus passé un BA / MA à l’Université de Cambridge avant de passer un doctorat à Harvard. En marge, il a publié un peu plus de 200 articles dans diverses revues scientifiques et il a aussi écrit deux livres tout en participant à de nombreuses conférences dans la foulée.

Comme indiqué un peu plus haut, Neil Johson a réuni une équipe afin de travailler sur un modèle capable de prédire les attaques de Daech et des autres groupuscules terroristes en fonction des messages publiés par leurs partisans sur les réseaux sociaux.

Afin de démarrer du bon pied, il a fait le choix de concentrer ses efforts sur un réseau social russe très en vogue depuis quelques années Vkontakte. S’il l’a choisi, c’est avant tout parce qu’il met plus de temps à supprimer les messages et les comptes des djihadistes que ses homologues. Twitter et Facebook ont en effet mis en place des process afin d’améliorer leur réactivité et il était donc difficile d’étudier les données provenant de ces deux plateformes.

D’après l’étude publiée par ses soins, la fine équipe aurait donc passé au crible les messages de plus de 100 000 membres répartis dans 200 groupes différents et ils auraient analysé tous les messages publiés entre 2014 et 2015.

Un algorithme perfectible

En procédant de la sorte, ils ont fait plusieurs constats. Pour commencer, ils ont remarqué que l’activité des djihadistes sur le réseau social avait tendance à s’intensifier avant une nouvelle attaque. En outre, certains mots et certaines expressions ressortaient davantage dans les semaines précédant un attentat.

Les chercheurs ont donc développé un algorithme capable d’analyser et d’interpréter ces données. Ensuite, ils l’ont appliqué rétroactivement aux données collectées durant ces deux dernières années pour l’éprouver. Le programme a ainsi été en mesure de prédire l’attaque qui a visé Kobané l’année dernière.

Cet événement a été nettement moins médiatisé que l’attaque d’Orlando ou même que les attentats qui se sont déroulés sur Paris mais il a fait de nombreuses victimes aussi. En l’espace de seulement vingt-quatre heures, les djihadistes ont en effet tué pas moins de 146 civils vivant dans ce village de Syrie afin de se venger.

Cette initiative ne manque pas d’intérêt, bien sûr, mais Neil Johnson insiste bien sur le fait que cet algorithme n’a pas pour vocation à se substituer aux services de renseignement. Et en même temps, c’est assez logique car les terroristes savent se montrer très discrets quand il le faut.

Toujours est-il que l’étude complète est disponible à cette adresse.

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