Un ancien nazi de 93 ans vient d’être jugé en Allemagne

Le 23 juillet 2020, le tribunal de Hambourg a scellé le sort de Bruno Dey. Cet homme, âgé de 93 ans, a été jugé pour complicité dans « 5230 cas de meurtres et tentatives de meurtre. » Ces crimes atroces ont eu lieu entre août 1944 et avril 1945, dans le camp de concentration de Stutthof, en Pologne, où il officiait en tant que gardien.

À l’issue de son procès, Bruno Dey a écopé de deux ans de prison avec sursis. Cette peine peut en étonner plus d’un. Toutefois, il faut savoir qu’au moment des faits, l’accusé était âgé de 17 ans. Il a donc été jugé par le tribunal des mineurs de Hambourg.

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Durant son procès, Bruno Dey a refusé de prendre la responsabilité pour des actes qu’il n’a pas commis en déclarant qu’il n’a pas « directement fait de mal à quelqu’un. »

Une victime ou un coupable ?

Vous pouvez imaginer qu’à l’âge de 93 ans, Bruno Dey n’est plus aux meilleurs de sa forme. C’est très affaibli, et en fauteuil roulant, que l’ancien nazi s’est présenté à son procès.

Il a tenu à se cacher le visage derrière un masque et un chapeau.

Quand on lui a donné la chance de s’exprimer, Bruno Dey a déclaré qu’il se considérait plus comme une victime de ces actes innommables, que comme un complice. D’après lui, on l’aurait obligé à tenir ce poste et à se plier aux ordres de ses supérieurs. Le récit de Bruno Dey n’a pas convaincu Anne Meier-Goering, présidente du tribunal de Hambourg.

« C’était mal. C’était une terrible injustice. Vous vous considérez toujours comme un simple observateur, alors qu’en fait vous étiez complice de cet enfer créé par l’Homme » a-t-elle déclaré.

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Bruno Dey présente ses excuses

À travers son poste au sein du camp de concentration, Bruno Dey a permis les meurtres de plusieurs milliers de personnes. Il avait pour rôle d’empêcher les prisonniers de s’échapper. D’après les sources, 60 000 personnes ont été tuées dans le camp de Stutthof.

Durant son procès, Bruno Dey a déclaré que ces nombreuses années l’ont aidé à prendre conscience de « l’ampleur de la cruauté » des crimes perpétrés au sein de ces camps de concentration. Il a ensuite présenté des excuses « auprès de ceux qui sont passés par cet enfer de folie. »

La sanction du tribunal n’a pas plu à tout le monde. Pour Christoph Heubner, du Comité International d’Auschwitz, c’était « insatisfaisant » et « trop tard. »

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