Un astéroïde responsable de la fin d’une période glaciaire ?

Dans le cratère de Yarrabubba (70 km de diamètre), dans l’outback de l’Australie-Occidentale, se trouvent des rochers à grain fin que les aborigènes de la région ciselaient autrefois pour créer des outils tranchants. Mais en analysant ces rochers de près, des géologues ont découvert qu’elles ont été formées il y a vraisemblablement 2,229 milliards d’années, suite à l’impact d’un astéroïde sur notre planète.

La découverte fait du cratère de Yarrabubba le plus ancien cratère d’impact de la Terre, mais pas que.

Astéroïde Terre

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Car l’impact aurait également mis fin à une période glaciaire planétaire connue sous le nom de Terre boule de neige (en anglais Snowball Earth).

Un impact d’astéroïde qui coïncide avec la fin d’une ancienne période glaciaire

L’annonce a été faite par les géologues lors de la conférence de Goldschmidt sur la géochimie. Selon eux, l’impact d’astéroïde qui a créé le cratère de Yarrabubba est survenu à la fin d’une période glaciaire planétaire qu’a connue notre planète il y a longtemps. Et ils pensent que l’impact a contribué à dégeler la Terre en vaporisant d’épaisses couches de glace et en projetant de la vapeur dans la stratosphère, créant ainsi un puissant effet de serre.

« C’est intriguant de penser à ce qu’un impact modéré ou important aurait pu faire pendant cette période », a déclaré Timmons Erickson, géochronologue au Johnson Space Center de la NASA à Houston, au Texas, qui a dirigé l’étude.

« La coïncidence temporelle est frappante », admet Eva Stüeken, géobiologiste à l’Université de St. Andrews au Royaume-Uni. Mais pour elle et d’autres chercheurs, il est difficile de croire qu’un cratère comme Yarrabubba (qui fait juste un tiers de la taille du cratère laissé par l’impact qui a causé l’extinction des dinosaures il y a 66 millions d’années) ait pu avoir un effet si important sur le climat.

Stüeken estime toutefois que des études paléoclimatiques devraient être menées pour examiner les conséquences possibles de telles collisions violentes. « Cela nous oblige à réfléchir davantage à ces impacts et à leurs conséquences potentielles. »

Les impacts d’astéroïdes pas forcément mauvais pour la Terre

Jusqu’ici les scientifiques ont toujours pensé que ce sont les éruptions volcaniques qui ont mis fin à la glaciation, en éructant le dioxyde de carbone et en réchauffant la planète. Mais Erickson et ses collègues supposent que Yarrabubba a peut-être joué un rôle. Pour soutenir leur thèse, ils ont modélisé l’effet d’un astéroïde large de 7 km frappant une couche de glace d’une épaisseur comprise entre 2 et 5 km. Les résultats montrent que l’impact aurait pu propager la poussière sur des milliers de kilomètres, assombrissant la glace et renforçant sa capacité à absorber la chaleur. L’impact aurait également envoyé un demi-billion de tonnes de vapeur dans la stratosphère où il aurait piégé la chaleur.

Andrey Bekker, géologue à UC Riverside, doute cependant que la vapeur d’eau ait persisté durant les siècles nécessaires au dégel de la Terre. « Je ne suis pas convaincu qu’elle ait pu faire ce travail toute seule », dit-il. Christian Koeberl, expert en impact et directeur général du Natural History Museum de Vienne, partage ses doutes mais pense que les chercheurs en paléoclimat devraient modéliser les effets de manière plus explicite.

Selon Koeberl, si l’impact de Yarrabubba a réellement pu dégeler la planète, permettant ainsi à la vie de reconquérir les continents et les océans glacés, ce ne serait pas la première fois qu’un impact cosmique favoriserait ainsi le développement de la vie. Bien que le public ait tendance à associer les impacts d’astéroïde aux extinctions, il note que ces impacts pourraient avoir relancé la vie il y a 4 milliards d’années.

En entrant dans l’atmosphère terrestre, les astéroïdes libéraient du phosphore, un nutriment essentiel, et les impacts ont également créé des systèmes hydrothermaux protégés et riches en énergie, où certains biologistes pensent que la vie a commencé. De ce fait, Koeberl affirme que : « Les impacts peuvent être porteurs de la vie, comme destructeurs de la vie ».

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