Un atlas cellulaire et moléculaire détaillé du cœur humain est maintenant disponible

La tâche a été très minutieuse et plutôt ardue, mais le résultat est là, le premier atlas cellulaire et moléculaire détaillé du cœur humain est maintenant finalisé. Un outil qui détaille six régions anatomiques du cœur humain adulte, à l’échelle cellulaire et moléculaire.

Cet atlas est le résultat de la collaboration internationale entre cinq entités scientifiques : l’École Médicale de Harvard, le Brigham and Women’s Hospital, l’Institut Wellcome Sanger, le Centre pour la Médecine Moléculaire Max Delbrück et l’Imperial College de Londres. Le fruit d’un travail qui fait partie de l’initiative Human Cell Atlas, visant à élaborer une cartographie des différents types de cellules du  corps humain.

UNe représentation artistique d'un cœur

Photo de Gerd Altmann. Crédits Pixabay

C’est un outil d’une grande valeur scientifique qui ne manquera pas d’aider les médecins et les spécialistes de cet organe. Il permet en effet de comprendre quels changements se sont mis en place au niveau des cellules et des molécules de l’individu, par rapport à l’état normal indiqué dans l’atlas.

Ce que les chercheurs ont fait pour y parvenir

Les scientifiques se sont servis d’une méthode de séquençage à haut rendement pour identifier les caractéristiques spécifiques de chaque type de cellule du cœur. Ensuite, les cellules identifiées ont été cartographiées sur six régions de cœurs en bonne santé.

Pour ce faire,  14 cœurs intacts de donneurs, dont 7 de sexe masculin et 7 de sexe féminin, ont été utilisés.

Les chercheurs ont également analysé le niveau d’ARN des cellules du cœur pour collecter les informations selon leurs fonctions à un niveau moléculaire. En effet, selon le Dr Mann, un membre de l’équipe, « identifier non seulement où les cellules se trouvent, mais également quelles protéines elles produisent est un avantage particulier pour la recherche ».

Un outil de poids pour la science et pour la médecine

D’un côté, l’atlas est très utile, car il permet de comparer les données regroupées avec celles issues des observations faites sur les cellules d’un cœur malade. Ainsi, les éléments affectés seront facilement identifiables et les traitements apportés pourront être mieux ciblés.

D’un autre côté, les travaux de recherche qui ont conduit à la conception de cet atlas ont pu démontrer qu’il y a des différences importantes dans la structure des cœurs des hommes et des femmes. Cette différence se trouve apparemment au niveau de la proportion des cellules musculaires (cardiomyocytes) qui sont plus nombreuses chez la femme.

Par ailleurs, les chercheurs ont pu découvrir en exclusivité qu’il y a 11 différents types de cellules dans les six régions du cœur, ceux-ci se subdivisant eux-mêmes en 62 sous-types. Autant d’informations de valeur qui aideront à faire évoluer la façon selon laquelle les patients qui ont des soucis cardiaques sont actuellement traités à l’échelle mondiale.

Les résultats de ces travaux ont été publiés en ligne dans la revue Nature.

Un atlas cellulaire et moléculaire détaillé du cœur humain est maintenant disponible. Crédits Litviňuková et al.

Mots-clés médecine