Un bon paquet d’infections au COVID-19 passeraient en fait sous les radars

Le nombre actuel de personnes supposées infectées par le Sars-CoV-2 reflète-t-il vraiment la réalité de la pandémie ? Des chercheurs chinois ont apporté une réponse inquiétante à cette question. Selon eux, des personnes, même à la base testées négatives, peuvent être des porteuses du coronavirus.

Selon ces chercheurs, une personne asymptomatique peut, en effet, être un vecteur de la propagation du Covid-19. L’étude réalisée par l’équipe de Qing Lei du Tongji Medical College en Chine propose alors l’utilisation d’un nouveau test permettant de détecter le virus dans le sang d’un patient, même si celui-ci est a priori testé négatif lors d’un test PCR.

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Suite à cette recherche, ces scientifiques avancent qu’un nombre assez élevé de porteurs du Sars-CoV-2 reste méconnu. Ils suggèrent ainsi de revoir la définition de « personne infectée » jusqu’ici utilisée dans le monde, pour prendre en compte ce nouveau développement de la connaissance de cette maladie.

Vers une nouvelle définition de « personne infectée » 

Selon l’un des scientifiques ayant participé à l’étude : « une identification précoce d’une infection asymptomatique est nécessaire de toute urgence ».

De fait, la définition actuelle de « personne infectée » fondée sur le test génétique (ou test PCR) n’est donc plus suffisante. Il faudrait en fait inclure les résultats obtenus à partir d’un test sérologique, un test capable de détecter les anticorps présents dans le sang de l’individu.

En effet, grâce à ce nouveau type de test, l’équipe de Lei a pu mettre la main sur 51 sujets positifs au COVID-19, quand bien même ils ont été testés négatifs via un test PCR. Ce qui fait 81 % de l’échantillon d’individus ayant fait l’objet de cette étude. Rapporté à la population mondiale, ce serait juste un chiffre hallucinant.

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Des cas d’infections beaucoup plus importants que prévu

Le test sérologique priorise l’utilisation de 23 types de protéines. Ce qui rend possible l’observation des anticorps présents dans le sang du sujet.

Avec les tests réalisés par l’équipe de Lei, ils ont pu découvrir des anticorps anti-Sars-CoV-2 chez la majorité des patients.

Selon l’un des chercheurs : « Notre gamme de protéomes a vraiment démontré qu’il existe plusieurs erreurs de classification [de] contacts sains, d’infections asymptomatiques et de patients bénins en clinique ».

Toujours selon lui : « la proportion d’infections asymptomatiques pourrait être beaucoup plus élevée que le taux actuel signalé en Chine ». Et il ne serait pas à écarter que ce soit également le cas dans le reste du monde.

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