Un camp datant de la période glaciaire retrouvé dans une grotte sous marine

Un camp de l’ère glaciaire a été retrouvé dans une grotte sous-marine mexicaine. Le mérite de cette trouvaille revient à un plongeur ayant réussi à explorer une ancienne mine d’ocre avec seulement une lampe de poche pour s’éclairer. L’exploitation de l’endroit s’était arrêtée quand les grottes avaient été inondées à cause de la montée du niveau de la mer.

Toutefois, l’eau stagnante a préservé les camps des mineurs, tout comme les restes de leurs feux.

Crédit : Peter Feghali – Unsplash.com

La traversée à l’intérieur du camp était certainement périlleuse. Les grottes étaient sèches et praticables, mais dépourvues de toute lumière naturelle. Pourtant, les mineurs indigènes de l’actuelle péninsule du Yucatan y avaient risqué leur vie pour extraire de l’ocre rouge. Ils s’aventuraient dans l’obscurité, éclairés uniquement par le feu.

L’ocre rouge procure un pigment semblable à celui d’un crayon de couleur. Les peuples de la préhistoire l’utilisaient pour leurs activités rituelles et quotidiennes, notamment pour peindre et pour se protéger des insectes.

Une capsule temporelle sous-marine

Les archéologues ont pu étudier la façon dont le minerai a été extrait suite à la découverte d’un nouveau passage non inscrit dans le système de grottes du Sagitario par Fred Devos. Ce plongeur travaille au Centre de recherche sur le système aquifère de Quintana Roo (CINDAQ). Il est également le coauteur de cette étude.

Les plongeurs ont ramené des échantillons d’ocre, de radeaux de calcite et de charbon de bois afin que les scientifiques puissent les analyser et les dater. Le minerai contenait des oxydes de fer d’une pureté remarquable. La méthode de datation au carbone radioactif a indiqué que les indigènes avaient exploité la partie occidentale il y a entre 11 400 à 10 700 ans.

« Le site est une sorte de capsule temporelle sous-marine. C’est une occasion vraiment rare de voir quelque chose d’aussi bien préservé », a déclaré Brandi MacDonald, l’auteur principal de l’étude et professeur à l’université du Missouri.

Des activités qui vont bien au-delà de la simple survie

Les indigènes auraient utilisé l’ocre pour le bronzage des peaux, la fabrication des outils et le déparasitage. Néanmoins, jusqu’ici, rien n’est sûr quant à sa réelle utilité.

« L’extraction de l’ocre à l’intérieur de ces grottes suppose une importante signification sociale de ce minéral. Nous ne pouvons pas encore dire à quoi cela servait même si c’était immensément précieux pour eux », a publié le coauteur de cette étude.

Quoi qu’il en soit, cette découverte montre à quel point ces anciens peuples étaient engagés dans des activités complexes qui vont bien au-delà de la simple survie.

Mots-clés anthropologie