Un cerf siamois mort-né a été découvert aux Etats-Unis

Jusqu’à présent, la littérature scientifique n’a rapporté que deux études de cerfs de Virginie siamois, appelés également odocoileus virginianus. Grâce à un cueilleur de champignons, un troisième cas peut désormais être rajouté à la liste. De plus, c’est la première fois que les scientifiques ont étudié un odocoileus virginianus mort-né.

Le spécimen était arrivé à terme de sa gestation.

Le cueilleur de champignons était en train de se balader dans une forêt située au sud-est du Minnesota, aux États-Unis, lorsqu’il a découvert le cadavre du cerf siamois en mai 2016. Le cueilleur a averti le département américain des ressources naturelles de cette découverte, lequel a envoyé des chercheurs pour congeler le cadavre afin de ralentir sa décomposition en attendant l’autopsie.

Par la suite, les scientifiques ont rapporté les résultats de l’autopsie dans la revue The American Midland Naturalist dans son numéro d’avril 2018.

La plupart des organes du cerf étaient dupliqués

Les chercheurs ont rapporté que l’animal avait deux têtes, deux cous, mais un seul corps. En effectuant un scanner et une IRM sur le cadavre, les scientifiques ont découvert que la partie supérieure de l’animal, comprenant plusieurs vertèbres thoraciques et que le cou et la tête étaient tous deux dupliqués.

En outre, l’autopsie a démontré que le cerf siamois avait deux tractus intestinaux distincts, l’un complet et l’autre composé de segments discontinus. Le siamois n’avait qu’un seul foie qui était mal formé.

Quant à l’organe cardiaque, l’animal présentait deux cœurs dans un seul sac péricardique.

Une découverte rare

En plaçant les poumons dans l’eau, ceux-ci ont coulé. Selon les scientifiques, cela indiquerait que l’air n’a jamais rempli les poumons de l’animal. Autrement dit, l’animal est mort-né et le siamois était mort au maximum quatre jours avant que le cueilleur ne le découvre.

Lorsque le cueilleur est tombé sur l’animal, celui-ci était propre et sec, ce qui, d’après Gino D’Angelo, coauteur de l’étude, indique que la mère de l’animal avait pris soin de lui après l’accouchement. En outre, l’animal a été découvert dans une position naturelle.

Selon Gino, l’anatomie du siamois ne permettait pas à cet animal d’être viable.

À l’heure actuelle, les chercheurs n’ont pas encore fait la lumière sur la manière dont se forment les siamois, qu’ils soient humains ou animaux. D’Angelo avance toutefois l’hypothèse que ces phénomènes soient dus à une division anormale des cellules qui survient dès les premières semaines du développement de l’embryon.