Un continent englouti caché sous l’Islande ?

L’Islande serait rattachée à un continent englouti selon les conclusions d’une nouvelle étude. Celui-ci s’étendrait du Groenland à l’Europe, nous apprend le site de l’IUEM

La république insulaire islandaise est située dans la région nord de l’océan Atlantique, entre le Groenland et la Norvège. L’île de 102 775 km² se trouve sur la dorsale médio-atlantique. Ce relief sous-marin marque la séparation entre les plaques tectoniques nord-américaine et eurasienne. La situation géographique de l’Islande lui donne un paysage presque désertique, entre autres sur les Hautes Terres, avec 10 % de glaciers. Le pays connaît également une intense activité volcanique. Une équipe internationale de géologues avance maintenant que l’Islande est la partie émergée d’un continent englouti. Ce dernier couvrirait une superficie d’environ 600 000 km² mais pourrait aller jusqu’à un million de km² en incluant les zones adjacentes à l’ouest de la Grande-Bretagne.

L'Islande et ses magnifiques paysages
Crédits Pixabay

La découverte remet également en question l’hypothèse de l’existence d’un point chaud pour expliquer l’épaisseur anormale de la croûte océanique nord-atlantique.

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Une croûte continentale plutôt qu’océanique

La recherche dirigée par Gillian Foulger, professeur émérite de géophysique de l’université de Durham, apporte ainsi la lumière sur le mystère de la croûte océanique sous l’Islande. La grande île nordique a longtemps intrigué les chercheurs par les irrégularités de la croûte sur laquelle elle se trouve. Les données géologiques ne confirment pas la présence d’une couche de nature océanique.

La croûte océanique possède généralement une épaisseur qui varie de six à sept kilomètres. Les nouvelles données géologiques de la couche sous l’île islandaise indiquent toutefois une épaisseur de 40 km. Un point chaud se forme dans la lithosphère en cas de remontée à la surface d’une quantité considérable de magma. Certains scientifiques ont supposé l’existence d’une telle formation pour expliquer l’épaisseur anormale de ce qui devait être une croûte océanique.

La découverte d’Icelandia change ainsi la donne. La terre islandaise repose sur une couche terrestre continentale et non océanique. « Cependant, lorsque nous avons envisagé la possibilité que cette croûte épaisse soit continentale, toutes nos données ont soudainement eu du sens », a expliqué l’auteur de l’étude au site Futura Sciences. Néanmoins, l’existence d’Icelandia nécessite une confirmation. Pour cela, l’équipe de recherche sollicite ses collaborateurs du monde entier sur des travaux pour tester sa théorie. Les travaux débuteront après la fin des restrictions liées à la pandémie de Covid-19.

Une nouvelle source de minéraux et d’hydrocarbures ?

La confirmation de l’existence d’Icelandia pourrait révolutionner l’océanographie. « Nous pourrions éventuellement redessiner des cartes de nos océans et de nos mers à mesure que notre compréhension de la croute terrestre s’améliore », a fait savoir le professeur Foulger.

La présence de croûte continentale plutôt qu’océanique amènerait également à envisager une nouvelle source de minéraux et d’hydrocarbures. Icelandia pourrait alors être la solution à la crise énergétique et la pénurie de matières premières.