Un continent oublié se trouve sous l’Europe

Après des années de recherches, des géologues européens ont réussi à reconstituer l’histoire d’un continent enseveli sous Europe, il y a 140 millions d’années. Il s’agit du Grand Adria, une plateforme de la taille du Groenland. L’étude effectuée sur des échantillons de roches provenant de cette masse continentale a permis de recueillir des informations sur l’histoire de l’endroit et le processus de sa formation.

Une nouvelle preuve de l’existence du Grand Adria a été obtenue grâce à l’utilisation des ondes sismiques. Cette technique produit des images tomographiques informatisées des profondeurs de la Terre en créant un atlas du monde souterrain. À présent, la plus grande partie d’Adria se trouve à 1500 km sous la surface de la Terre.

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« Les chercheurs ont réalisé un énorme travail. Malgré la connaissance historique qu’ils détiennent depuis quelques décennies, les détails de la reconstruction systématique qu’ils ont effectués sont sans précédent », a déclaré le géologue Laurent Jolivet.

Une histoire violente et compliquée

Il y a 240 millions d’années, le Grand Adria s’est séparé du supercontinent Gondwana avant de dériver seul dans la partie nord de la Terre. Lors de son déplacement, Adria a bousculé des plaques tectoniques en produisant de violents impacts.

« Adria a connu une histoire violente et compliquée. Il s’est détaché du Gondwana, il y a 240 millions d’années, et s’est déplacé vers le nord. Le Gondwana comprend l’Afrique, l’Amérique du Sud, l’Australie, l’Antarctique, le sous-continent indien et la péninsule arabique », a expliqué Douwe van Hinsbergen, un géologue de l’Université d’Utrecht, aux Pays-Bas.

En général, l’effet d’une collision tectonique est mesuré à trois à quatre centimètres par an. Par conséquent, une centaine de kilomètres peut se briser après quelques millions d’années. Ce serait le cas du Grand Adria, qui a vu ses restes poussés et ensevelis sous le continent européen.

Les sédiments restés à la surface de la Terre se sont accumulés et se sont transformés en fractions de roches. Ceux-ci ont permis aux géologues de découvrir le continent disparu. Ils sont dispersés dans plus de 30 pays, allant de l’Espagne à l’Iran.

Cette étude a pu être réalisée grâce aux dernières avancées en informatique. « Auparavant, les géologues ne disposaient pas de logiciels pour effectuer des reconstructions byzantines. En plus, la région méditerranéenne est tout simplement un désastre géologique. Tout est courbé, cassé et empilé », a souligné Hinsbergen.

Submergée sous des mers tropicales

Actuellement, les seuls vestiges visibles de ce continent perdu sont des calcaires et d’autres roches que l’on trouve dans les chaînes de montagnes du sud de l’Europe. Les scientifiques ont conclu que ces roches étaient des sédiments marins éparpillés et soulevées par la collision des plaques tectoniques.

Jusqu’à présent, les scientifiques n’arrivent pas encore à reconstituer la taille, la forme et l’histoire d’origine d’Adria. Néanmoins, ils savent qu’elle se trouve en grande partie submergée sous des mers tropicales.

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