Un couple retrouvé momifié dans un glacier 75 ans plus tard

Un couple disparu depuis 75 ans dans le massif des Diablerets, au sud de la Suisse, a été retrouvé momifié dans les neiges d’un glacier. Une découverte insolite que l’on doit à un employé du domaine qui, lors d’une visite d’inspection aux alentours du téléski du Dôme, a remarqué un amas de pierres anormalement important dans ces zones froides.

Effectivement, ce n’était pas un monticule de pierres. Il s’agissait de deux corps rapprochés parfaitement conservés par la glace dont les affaires étaient intactes. Des sacs à dos, une bouteille, un livre et une montre ont été récupérés à proximité.

« Il s’agissait d’un homme et d’une femme portant des vêtements datant de la Seconde Guerre mondiale » a déclaré Bernhard Tschannen, directeur du domaine skiable Glacier 3000.

Un retour dans le passé, 75 ans plus tôt

Quelle surprise a dû être celle de l’employé face à cette découverte à la fois étonnante et effrayante. Des comparaisons ADN ont été effectuées pour identifier les dépouilles. La police suisse a confirmé ce 19 juillet qu’il s’agit de Monsieur Marcellin Dumoulin et de son épouse Francine Dumoulin, âgés de 40 et 37 ans au moment de leur tragique disparition le 15 août 1942.

Le directeur du domaine pense que le couple est malencontreusement tombé dans une crevasse et que la fonte des glaces, due au réchauffement climatique, a permis de délivrer les corps. Ils se trouvaient dans le glacier de Tsanfleuron, à 2615 mètres d’altitude.

Le lieu est proche d’un ancien chemin pédestre reliant les cantons de berne et du valais. Le 14 au matin, la police de Sion a redescendu les corps par hélicoptère et a demandé à l’institut médico-légal de Lausanne de procéder à leur identification.

C’est ainsi que la famille des défunts pourra enfin faire le deuil. Ils étaient partis à pied du village de Chandolin pour rejoindre leur bétail dans les montagnes. « Je les ai vus partir ce samedi matin là. Il faisait un temps radieux. Ils devaient passer la nuit sur l’alpage de Grilden et rentrer le dimanche » a raconté Monique Gautschy, une des deux filles du couple aujourd’hui âgée de 86 ans, à l’AFP. Elle avait 11 ans à ce moment-là.

Emprisonnés par la nature, restitués par la nature

« Tout d’un coup, un gros nuage noir a recouvert le glacier dans l’après-midi. Mon oncle a juste eu le temps de voir mes parents une dernière fois avec ses jumelles, se souvient-elle. J’ai attendu jusqu’au lundi matin, mais ils ne sont jamais rentrés. »

En vain, après deux mois et demi de recherches, les sept enfants ont dû être placés dans des familles d’accueil. Seule la fille cadette Marceline, 4 ans à l’époque, a pu être adoptée par une tante.

Cette dernière explique : « C’était la première fois que ma mère accompagnait mon père pour une telle excursion. Elle avait toujours été enceinte auparavant et ne pouvait pas effectuer des déplacements dans des conditions météorologiques aussi dures que celles du glacier. Je suis montée trois fois sur le glacier par la suite, toujours à leur recherche. Je me demandais constamment s’ils avaient souffert et ce qu’ils étaient devenus. J’ai le bonheur d’avoir des réponses à ces questions désormais. »

Des années plus tard, un des fils avait déjà effectué de nouvelles recherches en quadrillant la zone en motoneige, sans résultats malheureusement. Marceline précise : « Nous avons passé notre vie à les rechercher sans relâche. Nous ne croyions pas pouvoir leur donner un jour les obsèques qu’ils méritaient. »

Cette zone inhospitalière abrite toujours plus de 250 disparus. Peut-être que le réchauffement climatique continuera à délivrer des dépouilles avec le temps. Une trouvaille historique, incroyable et émouvante. Hommage !