Un drone pour sauver la Grande Barrière de Corail

Les récifs coralliens jouent un rôle considérable dans la préservation de la biodiversité sous-marine. Or, ces « poumons océaniques » sont confrontés à plusieurs menaces : le blanchissement, la qualité de l’eau, la pollution, l’envasement et les espèces nuisibles. L’une des plus redoutables d’entre ces dernières est sans doute la « couronne d’épines » ou « coussin de belle-mère ». C’est une étoile de mer qui se nourrit de coraux. Ce sont notamment des calcaires formés par la symbiose des animaux marins avec les algues.

Les scientifiques sont actuellement en train de chercher des solutions permettant de lutter contre la dégradation des récifs coralliens. D’ailleurs, à la fin du mois dernier, une équipe de chercheurs de l’université de technologie du Queensland (QUT), en Australie, a dévoilé un robot sous-marin baptisé RangerBot. Cet engin a été spécialement conçu pour chasser les couronnes d’épines en leur injectant une toxine.

Après plusieurs années de travaux, les ingénieurs sont maintenant impatients de tester l’engin dans les conditions réelles. Le RangerBot aura pour missions de protéger et de surveiller la Grande Barrière de Corail, ainsi que cartographier certaines zones du récif.

Aucun danger pour les autres espèces ?

« RangerBot est le premier système robotique du monde spécifiquement conçu pour les environnements de récifs coralliens, se servant uniquement de la vision de robot pour la navigation en temps réel, l’évitement d’obstacles, et des missions scientifiques complexes », a déclaré Matthew Dunbabin, professeur au QUT.

« Ce drone océanique multifonctions peut surveiller une grande variété de problèmes qui menacent les récifs coralliens dont le blanchissement, la qualité de l’eau, les espèces invasives, la pollution et l’ensablement », a-t-il ajouté.

Pour pouvoir naviguer dans les récifs et détecter l’acanthaster pourpre, avec une précision de 99,4 %, le RangerBot utilise un système de vision par ordinateur en lieu. Il dispose également d’un système acoustique lui permettant de se situer. Il ne représenterait ainsi aucun danger pour les autres espèces.

Une flotte de RangerBots ?

Le coût de production de ce drone océanique long de 75 cm et lourd de 15 km n’est pas très élevé. Les chercheurs envisagent ainsi la création d’une flotte de RangerBots afin d’exterminer ces étoiles de mer invasives.

« Notre vision est de rendre les RangerBots facilement disponibles et accessibles pour qu’ils soient déployés sur la Grande Barrière là où ils sont le plus nécessaires et pour les confier aux gestionnaires des récifs, aux chercheurs et aux communautés du monde entier », a expliqué l’instigateur du projet.

La Grande Barrière de Corail est un immense récif dont la dimension est semblable à celle du Japon ou de l’Italie. En 2016, puis en 2017, à cause du changement climatique, la zone a subi deux graves épisodes de blanchissement. Des dégâts irréparables ont été enregistrés sur une région qui s’étend sur environ 2300 kilomètres de long.

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